Télévision Gérard Holtz fera son dernier Tour (le 30e) cet été… Par amour, le journaliste sportif passionné quitte la France.

Des anecdotes, il en a à la pelle. 30 Tour de France - depuis 1985, avec une interruption pour cause de présentation du 13 heures de France 2 - et 44 ans de télé, ça laisse forcément des traces. Mais chez Gérard Holtz, qui fêtera ses 70 ans et son départ de France Télévisions à la fin de l’année, ça n’entame certainement pas la santé, encore moins l’enthousiasme. Ne parlez donc pas au journaliste sportif devenu une icône sur France 2 de retraite future. "Holtz et retraite, ce sont deux mots qui ne vont pas ensemble ! C’est impossible pour moi de ne rien faire !"

C’est donc clair : ce n’est pas parce qu’il a décidé de suivre sa femme à Rome - où elle a été nommée à la direction de la Villa Médicis -, que Gérard Holtz va cesser ses activités. Depuis plusieurs années, il amène avec lui sur le Tour de France une troupe de théâtre, La Compagnie de la Reine, qui joue en plein airs de grands classiques. Cet été, il s’agira du Malade imaginaire. "Mes deux grandes passions en dehors de ma femme et de mes deux fils, c’est le sport… et le théâtre." Pour l’amour des planches, justement, il a renoncé à suivre pour France Télévisions, cet été, les JO de Rio. "J’avais fait les deux en même temps lors des JO de Londres, mais c’était vraiment fatigant. Je me devais, parce que je suis salarié de la chaîne, d’être disponible quand on m’appelle."

Un homme très désiré

Ce Tour-ci sera le dernier pour Holtz, journaliste passionné de France 2.

Mais il ne s’agira peut-être pas du dernier de sa carrière. "Depuis que j’ai annoncé ma décision, c’est marrant je reçois des appels et des propositions de journaux, de radios. Et de la Rai en Italie. Comme j’apprends actuellement l’italien, ils me disent que ce serait bien d’avoir un consultant sur leur chaîne de télé qui parlerait en italien des équipes françaises sur le Tour. On verra en septembre-octobre. Et j’ai des propositions au théâtre aussi pour 2017-2018. À mon âge très avancé (sourire), c’est bon d’être désiré !"

Et de savoir que son travail plaît toujours, après plus de 40 ans de carrière… "Cela fait un petit temps, nous confie Gérard durant un tête-à-tête où la langue de bois est proscrite, que j’avais envie de changer de manière de travailler, en faisant des docus, des docus-fictions. J’aurais pu continuer à en faire tout en continuant le sport pour France Télévisions. Mes patrons voulaient me garder ! Ils ont d’ailleurs dernièrement changé des gens chez nous. Et c’est normal que des directeurs veuillent mettent leurs pattes sur les programmes. Ce n’est pas vraiment une question de jeunisme, mais de ligne éditoriale qui change. Moi ils voulaient me garder. Ils m’ont dit : tu fais partie des forces vives !"

Mais la raison du cœur a été la plus forte et Gérard Holtz ne le regrette certainement pas. "Le fait que mon épouse a été nommée à la direction de la Villa Médicis a été un facteur déclencheur. Combien de femmes ne suivent pas leur mari ? Moi je voulais suivre ma femme à Rome. C’est ma moitié. On est très amoureux."

"Le dopage, c’est presque inhérent au cyclisme !"

Gérard Holtz a beau être un passionné de sport, il n’en a pas pour autant rangé sa lucidité au placard. À l’heure où va bientôt être diffusé son documentaire (bien fait et original d’ailleurs) sur les antennes de la RTBF, Soleil de juillet - Histoires du maillot jaune, le journaliste nous parle de cyclisme et de..dopage. Un vilain mot dans le sport, qui aurait pu le dégoûter à jamais de commenter le Tour, mais… 

"Quand en 1998, ça a éclaté, on n’a jamais, sur France Télévisions, fait aucune censure là-dessus. On était là au jour le jour sur le dopage. Je me suis fait insulter, cracher dessus… Des gens me demandaient comment je pouvais dire que j’aime le vélo et parler comme ça de dopage. On est diffuseur mais en même temps, on est journaliste ! Après 1998, je me suis quand même dit : là, ça ne va pas. Des équipes entières qui trichent comme ça, qui mettent des millions sur la table pour s’offrir les meilleurs médecins ! Mais y’a jamais eu de Tour propre ! Et les contrôles aujourd’hui ne sont toujours pas suffisants." 

Et Gérard de continuer sur cette gangrène du cyclisme et du sport en général : "Malheureusement, le dopage existe depuis l’Antiquité. Mais je continue d’espérer que les choses s’améliorent…" Naïvement ? Non, répond-il d’un bond. "Depuis que je suis le vélo et que j’en pratique, on parle de dopage. C’est presque inhérent au cyclisme ! J’ai toujours su que ça existait. L’ampleur du phénomène en 1998 nous a bluffés. Aujourd’hui, je doute en permanence. Mais je crois aussi à la présomption d’innocence. À celle de Froome tant qu’il n’a pas été reconnu coupable par la patrouille de contrôle. Je fais confiance à la police, même si on a été trompé par des types comme Armstrong, à travers leur organisation."