Télévision Philippe Leclercq, star de la première saison des Héros du gazon, passe le relais à Olivier, son petit frère. Les héros du gazon.

Des moutons comme plus proches voisins, un épagneul qui gambade sur le terrain spongieux aux lignes maladroitement tracées : pas de doute, nous sommes bien au FC Pessoux, théâtre des aventures des nouveaux Héros du gazon. Après Yvoir B l’année dernière, c’est à nouveau au cœur de la province namuroise que la RTBF a dégoté son équipe de champions dans les caves de la quatrième Provinciale. Le succès sera-t-il à nouveau au rendez-vous ? La production a en tout cas réussi à retrouver un ingrédient important de la première saison : un membre de l’inénarrable famille Leclercq. Après Philippe, alias Fricktich, c’est à Olivier, son petit frère, de jouer. Avant le verdict du premier des sept épisodes, nous les avons réunis. Dans une buvette, évidemment.

Une saison des Héros du gazon sans la famille Leclercq, c’est impossible ?

Philippe Leclercq : "Si évidemment. De toute façon, il n’y a plus que deux sœurs derrière nous et elles détestent le foot. Il y a bien mon fils de 13 ans mais il est vraiment doué au foot, lui."

Olivier Leclercq : "Les gens pensent que la RTBF a fait exprès de choisir l’équipe du frère de Fricktich mais c’est faux. Il y avait plusieurs équipes candidates dans différentes provinces et nous avons finalement été choisis."

Philippe, comment ça se passe pour vous depuis la fin de la première saison ?

P. L. : "Je suis toujours joueur-entraîneur d’Yvoir B mais j’arrête en fin de saison. Je raccroche les crampons à presque 41 ans. J’en ai un peu marre du foot. Ce milieu me dégoûte de plus en plus entre l’argent et les arbitres qui se font insulter. Et puis, j’ai envie de consacrer plus de temps à mes enfants. Je suis déjà dans le staff de l’équipe de mon fils à Beauraing, je suis préparateur physique."

Préparateur physique, vraiment ?

P. L. : "Oui (rires) . J’ai retenu les conseils de tous les professionnels que j’ai rencontrés avec l’émission, j’ai fait un mélange et j’aide les gamins."

O. L. : "Moi aussi j’arrête le foot en fin de saison. J’ai 38 ans mais aussi quelques kilos en trop. Je n’arrive plus à tenir 90 minutes avec les petits jeunes qui cavalent. Lors du match de gala contre les anciens Diables, j’ai crevé contre Danny Boffin malgré ses 51 ans (rires) …"

Vous avez fait beaucoup de belles rencontres grâce à l’émission ?

P. L. : "Oui, plein. Walter Baseggio est un gars génial. Et j’ai adoré Fred Herpoel aussi. Pendant un match de charité, il buvait une bière en gardant son goal."

O. L. : "J’étais très ému de rencontrer Michel De Wolf car c’était l’idole de notre maman."

Après la première saison, Philippe était aussi populaire que les Diables Rouges actuels.

P. L. : "Oui, c’est fou. L’autre fois, j’ai joué un match de charité et Daniel Van Buyten était aussi présent. Les gens lui ont demandé une vingtaine de photos. Moi, je priais pour qu’on éteigne les lumières du stade tellement on voulait des selfies avec moi."

Pourquoi les gens vous apprécient tant ?

P. L. : "Parce que je reste moi-même. Que ce soit le Roi ou un inconnu, je dis la même chose. L’autre fois, j’ai rencontré le Premier ministre Charles Michel. Je lui ai dit qu’il avait une grosse voiture et je lui ai demandé s’il payait bien sa taxe. Il ne m’a pas répondu, il n’a pas osé. Je serai toujours naturel."

Certains Héros du gazon de la première saison ont pris la grosse tête ?

P. L. : "Oui, clairement…"

O. L. : "Même chez nous, certains commencent à avoir le gros cou alors que l’émission n’a pas encore été diffusée…"

P. L. : "C’est ridicule car ça se voit tout de suite si tu n’es pas naturel. D’ailleurs, la production se concentre sur les gars qui restent eux-mêmes."

L’ambiance n’est plus aussi bonne qu’avant à Yvoir B ?

P. L. : "L’équipe a explosé. Il ne reste que deux ou trois gars de l’émission. Beaucoup de nouveaux joueurs sont arrivés parce qu’on était passé à la télé. Ils sont venus en croyant qu’on allait jouer des matches de gala tous les quinze jours mais notre truc est passé. Les Héros du gazon , ils sont à Pessoux maintenant."

Ça ne vous fait pas peur Olivier ?

O. L. : "Non. Pour l’instant, ça commence un petit peu. Ma boulangère m’adore par exemple (rires) . Ça risque de s’amplifier pendant la diffusion mais ce n’est pas un souci."

Philippe, revenir à l’anonymat ne vous dérangerait pas ?

P. L. : "Non, pas du tout. Il t’arrive des trucs bizarres quand tu es connu. Une fois, j’ai reçu un mail d’un Belge expatrié aux Îles Canaries et il voulait m’inviter tous frais payés chez lui pour des vacances alors que je ne le connais pas ! Et il y a quelques jours, la caissière était morte de rire au supermarché car j’achetais des fricktich (sic ). Je ne peux plus en manger maintenant (sourire) . Redevenir un anonyme ne me ferait rien, même si je rêve d’un jour faire du cinéma. Mais du comique car j’adore faire rire."

La deuxième saison des Héros du gazon va-t-elle autant cartonner que la première, selon vous ?

P. L. : "J’espère, même si les troisièmes mi-temps sont moins festives à Pessoux. Notre saison a marché aussi car le timing était bon. C’était juste après les attentats de Paris et les gens avaient envie de s’aérer l’esprit avec nos bêtises."