Télévision Georges Moucheron nous explique les raisons de son départ à 55 ans

BRUXELLES Une page de l'histoire de la télévision belge s'est tournée mercredi avec la diffusion, dans le cadre du magazine Actuel, du dernier reportage réalisé par Georges Moucheron pour la RTBF. Le journaliste a, en effet, décidé de quitter le service public à l'âge de 55 ans, après 32 ans de maison.

«Dans le cadre du plan de restructuration Magellan, j'avais la possibilité de partir», explique l'ancien présentateur du JT. «Je n'étais plus très à l'aise à la RTBF. Pour les nouveaux dirigeants, les gens de ma génération n'étaient visiblement plus ceux qui devaient écrire l'histoire de la RTBF, même si je pense que l'on pouvait encore être utiles. A mes yeux, le service public est plus que jamais nécessaire et le cap pris actuellement par la RTBF n'est plus celui qui me convenait. Mais je ne regrette pas ma décision. J'ai fait mon temps. Comme on dit, place aux jeunes!»

Georges Moucheron était rentré à la RTBF en 1972. «J'ai commencé à Mons avec Rencontres, une émission radio littéraire composée d'interviews. J'avais 22 ans et ça m'a permis de rencontrer des auteurs importants! A partir de 1973, j'ai fait mes premières armes à la télé en présentant les éditions du soir. Je fais partie de cette génération née avant la télévision. Je n'ai eu un poste à la maison qu'à l'âge de 16 ans. Dès lors, la télé avait quelque chose de fascinant. Les années 70 constituent aussi une époque où on a connu une évolution passionnante. Mes premiers reportages étaient encore filmés en noir et blanc, vous imaginez!»

Et puis, il y a eu la présentation du journal télévisé de 19 h 30, qui fera de lui une vraie vedette du petit écran. «C'est la période dont tout le monde se souvient et pourtant, elle n'a duré que six ans, de 82 à 88. Personnellement, j'ai toujours préféré le journalisme de terrain au journalisme de studio. Mais la présentation du JT reste une expérience très intéressante. J'ai travaillé avec de grands professionnels, notamment le meilleur rédacteur en chef que j'ai connu, Pierre Delrock. Et il y avait aussi la complicité avec Monsieur Météo, Jules Metz. C'était gai de bosser dans ces conditions. On avait rapproché la télévision du public.»

Ces dernières années, Georges Moucheron avait essentiellement couvert l'actualité européenne. «Je me suis cassé deux fois la figure avec des magazines européens qui ne se sont pas imposés. Ça reste sans doute le grand échec de ma carrière.»

Reste maintenant à voir ce que fera notre journaliste de sa retraite anticipée. «Je vais d'abord souffler un peu. J'ai bien sûr des projets, mais rien de concret dans l'immédiat.»

© La Dernière Heure 2004