Télévision Jean-Claude Gerlache, journaliste musical depuis 25 ans dans la boîte privée, s’exprime sur son licenciement

" RTL est mis sous pression budgétaire et les actionnaires ne veulent pas diminuer leurs dividendes" sont les raisons pour lesquelles Jean-Claude Gerlache a été licencié ce lundi. "C’est le discours libéral habituel , nous confie le journaliste de 54 ans. Ils partent du principe qu’à partir du moment où tu n’es plus rentable, on t’éjecte. Mais quand on travaille dans une société privée, c’est ce qu’il faut intégrer dès le départ, on sait qu’on n’est pas nommé à vie !"

Il était donc conscient que du jour au lendemain, il pouvait être mis de côté. "C’est vraiment un licenciement économique - alors que la société mère Bertelsmann a encore fait des bénéfices, c’est triste - car mes compétences n’ont jamais été remises en cause. Mais je ne suis pas le seul." En effet, avant lui, c’est Grégory Willocq, David Oxley et Charles Neufroge qui ont subi le même sort. "Chaque année, il y a des départs, certains sont simplement plus médiatiques que d’autres, examine celui qui a rencontré les plus grandes stars mondiales de la chanson. Je suis déçu mais pas amer car ils m’ont fait vivre des choses que je n’avais même pas rêvées. Je suis très reconnaissant à RTL pour ça. À un moment, ils ont juste voulu changer de direction et considéré que je coûtais trop cher par rapport à ce que je pouvais leur rapporter. Mais je ne suis pas le seul à être sous pression. Ma hiérarchie l’est aussi."

Jean-Claude Gerlache s’explique. "Depuis la rentrée de septembre, je ne remplissais plus une fonction de journaliste mais de chargé de production (du contenu des programmes comme l’émission culinaire de Sandrine Corman, NdlR). Je la faisais correctement, avec professionnalisme car j’étais payé. Mais je m’ennuyais… Ce n’était pas mon métier."

Celui qui a reçu un préavis de 2 ans ne leur en tient donc pas rigueur. "Je n’ai aucune animosité particulière par rapport à quiconque. J’ai toujours été conscient de bosser pour une société commerciale, insiste celui qui était présent le premier jour du lancement de Bel RTL. Je ne crois pas non plus à la politique de jeunisme. Mon salaire, qui n’est pas mirobolant comparé à d’autres ( en 25 ans, il n’a jamais demandé d’augmentation, NdlR ), ne pouvait pas justifier mon renvoi. Ma fonction pouvait probablement être remplie par deux jeunes pigistes qu’on paye moins cher ! RTL, comme toute société privée, est là pour faire du profit et donner de l’argent aux actionnaires."

"Ces dernières années, Bel RTL a souvent été numéro 1 avec une part de marché de plus de 20 %, unique en Europe, précise-t-il. Mais la concurrence très forte de Vivacité a amené plus de stress et de questions. Il fallait réagir. On sent donc une vraie pression sur les gens. Le but de Bel RTL est de retrouver sa première place et la chaîne se cherche encore et tâtonne. Ils ont du mal à avoir une grille solide mais, au moins, ils essayent." Jean-Claude dépeint une certaine tension depuis le recul des audiences. "On sent qu’il y a un malaise. Tant qu’ils n’auront pas retrouvé leur place au sommet, ils seront toujours sous pression. Que ce soit RTL-TVI ou Bel RTL. En plus, l’arrivée de TF1 sur les marchés belges est en train de les faire paniquer…"

Pierre-Yves Paque