Télévision

Sylvia a participé à une émission produite par la même boîte que Koh-Lanta. En exclu pour la DH, elle témoigne de sa mésaventure


Alors que l’affaire du drame de Koh-Lanta est désormais entre les mains de la justice et que les témoignages de candidats de l’émission et de proches de la production se contredisent, Sylvia Fuccinelli, une ancienne participante d’une émission de télé-réalité produite par la même maison que Koh-Lanta, Adventure Line Productions (ALP), témoigne, dans votre DH.

Cette jeune retraitée nous a contactés depuis sa maison en banlieue parisienne pour nous faire part de la déception qui est la sienne aujourd’hui, après un passage dans l’une des émissions de télé produites par ALP.

En octobre dernier, la chaîne de la TNT française, TMC, diffusait un numéro de l’émission C’est grave docteur ? Un programme de télé-réalité qui traite de problèmes de santé (et disparu aujourd’hui de l’antenne). Au sommaire : Sylvia, atteinte d’un cancer du sein il y a une dizaine d’années et qui, grâce à l’émission – et à la boîte de production, ALP –, se voit offrir une chirurgie réparatrice. “Il y a 10 ans, se rappelle Sylvia, je n’avais pas pu faire, selon l’avis des médecins, cette opération car j’avais, lors de la première intervention, contracté une maladie nosocomiale. J’ai donc répondu à un appel à témoins à la télé qui recherchait des cas comme le mien.”

L’histoire de Sylvia a intéressé la production et rendez-vous a été pris. “J’ai rencontré des responsables de l’émission qui m’ont demandé si j’avais envie d’être opérée. J’ai répondu oui. Le médecin de l’émission m’a donc mise en relation avec un chirurgien. En février, j’étais opérée.” Mais au moment de retirer les bandages, c’est la déception : “Un de mes seins était plus petit et j’avais un tatouage complètement raté, brunâtre, pour faire office de mamelon sur un sein !”

Les caméras de l’émission avaient filmé tout le processus jusqu’alors. “Le reportage a été diffusé quelques mois plus tard. On me voyait me préparer pour l’opération, jusqu’à ce que je sorte du bloc.”

Après, “la production n’a plus jamais pris de nouvelles de moi !”. Et pourtant, ce n’est pas faute, du côté de Sylvia, d’avoir tenté de joindre ALP. Dépitée à la vue de ses seins défigurés après cette ultime opération, la participante de l’émission souhaitait que “l’erreur soit réparée […] La production ne répondait pas à mes e-mails, ni à mes coups de téléphone. Je voulais que le chirurgien répare sa faute. Mais ils restaient sourds. J’ai dû presque les menacer de les poursuivre en justice pour qu’ils me donnent une copie de mon contrat. Et, en effet, il est stipulé qu’ils se dégagent de toute responsabilité postopératoire”. Sylvia est atterrée : “La production aurait dû relancer le chirurgien pour qu’il me réopère !”

Finalement, en septembre, soit quelques mois après que Sylvia eut tenté en vain de joindre un responsable de l’émission, le secrétariat du chirurgien incriminé la recontacte. “Mais ils m’ont demandé de payer 400 euros pour l’opération qu’eux-mêmes avaient ratée !”

Si une proposition moins onéreuse lui sera finalement faite, Sylvia refuse d’à nouveau passer sous le scalpel. “Je n’avais plus confiance.” La jeune retraitée a contacté l’ordre des médecins, mais a renoncé à porter plainte.

Aujourd’hui, son témoignage est limpide et dénonce cette télévision fast-food et kleenex dont elle a été victime. “Dans ce type d’émission, on est un produit. On nous utilise et on nous jette. Il n’y a aucun suivi humain. Leur seule motivation, c’est de faire des images. Il n’y a que ça qui compte !”


© La Dernière Heure 2013