Télévision

"J’ai des regrets mais j’étais rongée par le stress, confesse la policière de la zone Meuse-Hesbaye qui s’était lancée dans ce défi alors qu’elle sortait d’une maladie. 

Je n’ai pas su gérer le temps. À chaque fois, j’étais acculée par le temps et puis, pas de chance d’avoir tiré le biscuit Golden Gate, ce n’était pas facile. Car je suis nulle en créativité."

Mais même si la Belge de 44 ans est partie, Cyril Lignac ne tarit pas d’éloges sur elle. "Elle a fait de bons gâteaux. Cette année, la Belge a été moins loin que l’année dernière. Ce qui n’empêche pas que ce soit une très bonne pâtissière. Mais aussi une maman généreuse, très agréable, gentille, émotive et passionnée. J’en garde un très bon souvenir." La recette gagnante selon le chef étoilé préféré des Français ? "Pour ce genre de programme, il faut être un touche-à-tout. Être aussi créatif qu’original et, surtout, avoir une force de réadaptation pour refaçonner des recettes à sa propre personnalité."

Et ce n’est pas Laurence qui dira le contraire. "La créativité, c’était le plus dur. Là, aujourd’hui, je suis en train de refaire le pont que j’ai raté dans l’émission pour quand même le montrer aux gens mais je l’ai fait en deux jours, sourit celle qui se souvient d’un tournage fatigant (départ 7 h et retour à 1 h du matin à l’hôtel). Moi je suis plus dans des gâteaux fort épurés et tendance, je privilégie les saveurs. Au Meilleur Pâtissier , il faut toucher à tout et moi je ne touche pas à tout…" Ses favoris ? "Sylvain car il est très fort et généreux. Il aide tout le monde. C’est une Bible de la pâtisserie ! Et Clément, car il est humain et, jusqu’à présent, on n’a pas encore vu son talent dans l’émission."

Bientôt une table d’hôtes

"Hors caméra, Cyril m’a dit que j’étais une maman qui pâtissait avec le cœur. Et qu’il y avait des pâtissiers, comme lui ou Mercotte, qui n’aiment pas pâtisser sous la pression ou ne sont pas faits pour les concours. Et ce qui n’en fait pas moins des bons chefs pour autant ! Certains sont forts pour gérer le stress mais moi j’étais trop émotive. Quand on dit que tous les sentiments sont décuplés à la télé, c’est vrai. On rate une coque en chocolat et on se met à pleurer, le monde s’écroule alors que ce n’est qu’une coque en chocolat !"

Celle qui a revu Cyril Lignac l’été dernier ("il m’a donné plein de conseils techniques pour la suite et a proposé à ma fille, qui étudie la restauration, d’aller en stage chez lui !") se lance aujourd’hui dans des ateliers de cuisine et une table d’hôtes du nom de son quatrième enfant Les saveurs de Lola. "Je suis en dernière année de restauration et comme l’accès à la profession est annulé à partir de janvier, je pourrais ouvrir dès l’année prochaine, raconte celle qui ne compte pas abandonner son métier de policière pour autant même si les gens la reconnaissent dans la rue. Mais je prends mon temps pour que tout soit fait dans les règles. Et puis, je suis maître-chien par passion depuis 1996. C’est dur de quitter un métier qu’on aime et une vie confortable pour l’inconnu. Même si ce genre d’émission donne confiance en soi et que j’ai la chance d’avoir cette porte de secours. Bref, Le M eilleur Pâtissier , c’est un peu comme un accouchement, on souffre mais on ne retient que le positif (sourire) !"

Interview > Pierre-Yves Paque