Télévision Champion, la série humoristique 100 % belge, débarque ce soir sur la RTBF. Avec Mourade Zeguendi en star du foot.

Avec Champion, bienvenue dans les coulisses du business du foot - l’argent et les agents de joueurs, les Wag ou encore l’homosexualité (Pablo Andres dans un rôle inattendu) - mais vues de manière décalée.

Coup d’envoi ce soir sur la RTBF avec les deux premiers des douze épisodes (Y avait pas faute ! et L’art oseur, l’art osé) dans lesquels on suit les aventures de Souliman Romeyda, une star du foot mégalo au caractère impulsif, interprété par Mourade Zeguendi (Les Barons, JCVD, Taxi 4). Le comédien de 37 ans est connu pour laisser parler ses convictions et ne pas avoir peur de prendre position.

"Ce qui est bizarre, c’est qu’on fait des séries 100 % belges mais tu ne peux pas dire un pei ou un ketje, au cas où on est racheté par la France, s’insurge l’acteur à propos de la série Champion dont il est le héros. Je suis immigré marocain et pourtant je me sens profondément belge ! J’ai fait Dikkenek et il n’a jamais été question de changer une ligne ou de doubler les choses. N’ayons pas honte d’être belges, gardons nos accents et nos expressions. C’est important pour la culture en général."

Et Mourade Zeguendi sait de quoi il parle, lui qui tourne beaucoup dans le nord de notre pays et qui a créé en 2003 son propre groupe de théâtre indépendant ( Union suspecte ). "Vous avez honte d’être belge ou quoi ? Et c’est le fils d’un étranger qui dit ça, avec un nom à consonance étrangère. Je suis plus fier d’être belge que Jean-Paul ou Jean-Jacques. À un moment donné, il faut arrêter les conneries !"

Connu pour ses sorties engagées, comme lors de la dernière cérémonie des Magritte où il a interpellé Didier Reynders à propos de Theo Francken et sa tolérance zéro avant de s’en prendre à Donald Trump, Mourade Zeguendi a aussi refusé d’interpréter le rôle de terroriste de Molenbeek que lui a proposé l’an dernier un certain Brian de Palma. "Si on parle de mon pays, j’ai envie qu’on en parle de manière honnête !, conclut celui qui n’aime pas la place que l’on donne à l’acteur typé aux USA et la vision paternaliste de leur cinéma. À chaque fois qu’un Européen doit jouer dans un film américain, il doit jouer un con étranger, un débile africain ou le PD marocain. À Molenbeek, tout le monde n’est pas en djellaba et avec une barbe. Au même titre que tous les Belges ne parlent pas comme à Paris !"

Après le succès des séries policières comme La Trêve ou Ennemi public, la RTBF espère donc faire aussi bien avec la satirique Champion, même s’il ne s’agit pas du même créneau. "On est plutôt dans la dramedie (mix entre drame et comédie, NdlR), insiste Erico Salamone (déjà vu dans la série Vestiaires) qui interprète Mendoza, l’agent de Souliman. Il n’y aura pas que des boutades ou de la rigolade. On ne parle pas que de foot. Il y a des enjeux humains comme les inégalités salariales. C’est solaire, choral et avec plein de situations cocasses. Un ovni ce Champion !"

"Jouer les clichés, c’est gratuit"

"Je joue la Wag mais qui cache son jeu, explique Lygie Duvivier au sujet de son rôle de Wife and Girlfriends (voir vidéo sur dh.be) dans Champion. Kirsten, ce n’est pas qu’une Wag. Elle plus intelligente qu’on ne le croit. Tomber dans le cliché gratuit de la Wag bimbo et vénale, je ne trouvais pas ça intéressant. Même si demander la carte visa et jouer du popotin, on l’a toutes fait (rires) !" On reverra ensuite cette maman et mannequin bruxellois de 32 ans dans la série policière de M6 Souviens-toi (bientôt diffusée sur la RTBF) et aux côtés d’Alex Vizorek dans le nouveau film de Didier van Cauwelaert, J’ai perdu Albert, en septembre.