Télévision Une partie des inconditionnels des premiers Star Wars inonde aux États-Unis les nouveaux héros de la série de mails haineux, racistes ou sexistes.

De toute évidence, la Force n’est pas avec certains fans américains de Star Wars. Qui ont clairement basculé du côté obscur. Loin de se contenter de lancer des pétitions pour que Rian Johnson s’excuse publiquement de la manière dont il a réalisé Les derniers Jedi (plus de 10.000 signatures) ou en faveur du retrait pur et simple de son film de la saga Star Wars (107.000 personnes soutiennent cette demande), certains ont clairement franchi la ligne rouge ces dernières semaines en s’en prenant très violemment aux comédiens de la série.

Kelly Marie Tran, alias Rose Tico dans Les derniers Jedi, a été particulièrement visée par les messages haineux. À force d’être qualifiée de "stupide", "autiste", "retardée mentale", "inutile", ou de voir son nom transformé en Ching Chong Wing Tong par un pirate raciste sur le site spécialisé Wookipedia, elle a choisi de fermer son compte Instagram.

Rapidement suivie par Daisy Ridley, l’interprète de l’héroïne principale de la nouvelle trilogie, Rey. Elle aussi s’est retirée des réseaux sociaux, lasse de se faire attaquer sur son physique par de prétendus fans qui lui reprochaient de ne pas être une "vraie femme" en raison de son manque de formes. "Les vraies femmes ont différentes tailles, courbes, couleurs de peau et formes de courage", a-t-elle rétorqué. "Je suis une vraie femme, comme n’importe quelle autre femme sur cette planète." Et de conclure : "La gentillesse ne soignera pas le monde de toutes ses horreurs, mais ce serait déjà un bon début."

Malgré tout, toute cette haine l’affecte énormément. Depuis quelques mois, elle suit une psychothérapie pour gérer ce stress et ne pas se laisser affecter par la cruauté des messages.

John Boyega vient lui aussi de confier que le déferlement de propos xénophobes ne s’arrêtait jamais depuis qu’il est devenu le premier Stormtrooper noir de la saga. Et il a choisi de régler ses comptes avec ses haters sur Twitter : "Si vous n’aimez pas Star Wars ou ses personnages, vous devriez au moins comprendre que les décisions ont été prises par ses créateurs. Harceler les actrices et les comédiens n’y changera rien. Je ne suis pas forcé de me montrer poli si votre approche est grossière. Même si vous avez payé votre ticket."

Ce n’est évidemment pas un hasard si, au pays de Donald Trump, seuls les interprètes de couleur et/ou les femmes font l’objet de ce torrent de propos malfaisants. Une petite frange, très conservatrice, n’accepte pas la diversité dans une saga quasiment exclusivement blanche et masculine à l’origine. Mais le phénomène a pris une telle ampleur ces derniers temps qu’aux USA, ces rétrogrades-là sont qualifiés de "fans toxiques".

Fort heureusement, ils restent très minoritaires, comme a tenu à le rappeler le réalisateur Rian Johnson, pourtant régulièrement menacé de mort par une poignée de ces intégriste : "Sur les réseaux sociaux, quelques personnes pas très saines noircissent le tableau, mais ces quatre dernières années, j’ai rencontré plein de fans de Star Wars très sympas."

Point de vue partagé par la critique de Screen Rant Kaileigh Donaldson : "Soyons honnêtes, Star Wars n’a pas un problème avec ses fans. C’est juste un problème de fans masculins et blancs, attisé par le pire aspect du fanatisme obscurantiste qui ne supporte pas l’idée qu’on ne le suive pas 100 % du temps."

Vivement le réveil de la Force aux USA…