Télévision "Je parle mieux créole que néerlandais", dit Jean-Marc Collienne, ancien présentateur de RTL devenu star dans l’océan Indien.

Le thermomètre qui dépasse actuellement les 30° ne le dépayse guère. Jean-Marc Collienne, cinquantaine fringante et sourire communicatif, vient passer ses vacances en Belgique quand d’autres fuient le royaume dès leur premier jour de congé. C’est-à-dire que l’homme est expatrié. Alors que son CV en fait une figure connue pour ceux qui étaient devant leur poste dans les années nonante. Ou "quatre-vingt- dix" , dit-il naturellement avant de s’en excuser en souriant, en bon Français d’adoption.

Jean-Marc Collienne, Liégeois de naissance, a présenté le journal radio de 8 h sur Bel RTL, avant de prendre en charge le JT de 13 h, jusqu’en 1998. Il a aussi participé à la création du magazine Reporters, toujours vivace. Un parcours lissé, mais avec toujours, au fond du cœur, "la nostalgie de La Réunion".

Au début des années nonante, il avait participé à la création d’Antenne Réunion, la première chaîne privée locale de cette île de l’océan Indien, petit bijou pour amateurs de pleine nature érigée autour de ses deux sommets volcaniques, l’un éteint - le piton des Neiges - l’autre tonitruant - le piton de la Fournaise. "J’avais mes quatre enfants et toujours de bons contacts là-bas, alors j’y suis revenu", décrit-il.

En 2000, il prend un billet sans retour, 10.000 km pour changer d’hémisphère et prendre la responsabilité du principal journal télévisé d’Antenne Réunion, devenu avec lui le rendez-vous privilégié des Réunionnais, avec un taux d’audience sans pareil. En 2011, il a quitté le secteur privé pour devenir présentateur et documentariste à Réunion Première, successeur de RFO, la chaîne publique.

Revenir en Belgique ? "Non. J’ai l’impression d’avoir trouvé l’endroit que j’aime profondément. La nature, le mode de vie… Je fais peut-être preuve d’angélisme mais il y a peu d’endroits au monde où le vivre ensemble est aussi fort", souffle-t-il. Mélange de malgaches, de métropolitains, de créoles, de "zarabes", d’hindous, de Mahorais, l’île ne connaît quasiment jamais d’actes racistes.

Le secret pour un long séjour dans cette partie de l’océan Indien : l’immersion avec la population locale. "Il y a quelques centaines de Belges à La Réunion mais je fréquente plus les Réunionnais. J’ai des copains belges qui font des soirées moules-frites-Diables Rouges mais j’y vais peu. Aujourd’hui, je parle mieux créole que flamand !" Il s’est depuis mis en couple avec une créole, Valérie Filain, elle aussi présentatrice de journaux télévisés. Ses deux fils vivent toujours dans l’île, tandis que ses deux filles demeurent à Bruxelles - l’une d’entre elles est d’ailleurs journaliste à la RTBF, recrutée sur concours, donc sans intervention du père.

L’étroitesse d’une île étendue comme le grand-duché de Luxembourg ne lui fait pas peur. "Je ne me suis jamais senti à l’étroit ni eu envie de grandes routes à perte de vue. Le secret est de profiter de ces paysages et de cette culture, sans jamais être blasé, ouvrir ses volets tous les jours avec curiosité." Le secret pour faire un bon journaliste.