Télévision Docteur Jivago, Club RTL, 20 h 30

BRUXELLES `Suis-je un gangster, un criminel? Pour quel crime suis-je condamné? Je n'ai jamais rien fait d'autre que de faire pleurer le monde en célébrant la beauté de mon pays!´ Signé Boris Pasternak, romancier et poète russe, né en 1890 et mort en 1960, après une existence dominée par la peur et l'insécurité. Tel était le lot de tout intellectuel sous le régime de Staline. Dans ses écrits, pourtant, Pasternak essayait de naviguer entre l'obéissance au dictateur communiste et sa conscience d'artiste.
Mais le simple fait d'être neutre était déjà suspect.
Pasternak n'avait pourtant pas la réputation de se mêler de la vie politique ou des courants sociaux. Parmi ses réalisations, il traduisit notamment les oeuvres de Goethe et de Shakespeare. Les thèmes du sens de la vie et du mystère de la mort nourrissaient son oeuvre propre. Le poids de l'amour et celui du destin restaient omniprésents dans ses oeuvres et notamment dans Docteur Jivago dont il commença l'écriture au lendemain de la dernière guerre, inspiré par la vie de sa compagne, Olga, dans le climat de violence de la Révolution de 1917.
Le succès du roman fut mondial et valut, à son auteur, le prix Nobel de littérature, en 1958. Cette distinction, qui embarrassait le gouvernement soviétique, se retourna contre lui. L'auteur fut quasiment assigné à demeure. Il ne pouvait plus quitter son domicile et chaque visiteur recevait un mot, en russe et en anglais: `Je ne peux recevoir personne. Il ne peut y avoir de préférence.´
Son Docteur Jivago ne fut pas diffusé en Union soviétique avant 1988.
Il fut inhumé dans le cimetière des écrivains, à Peredelkino, près de Moscou. Des milliers de personnes suivaient ses funérailles, bravant à leur manière les autorités communistes.