Télévision Ce soir, sur France 2, l’industrie musicale française célèbre les siens avec les Victoires de la musique.

Pour la 33 e fois, l’industrie musicale française a rendez-vous avec les Victoires de la musique. Au programme, quelque 4 heures de direct à voir sur France 2, ponctuées - comme lors de toutes les cérémonies du genre - de séances d’autocongratulation, d’interminables remerciements et, parfois, d’un coup d’éclat. On se souvient notamment du discours coup de gueule de Noir Désir, en 2002…

Présenté comme ça, il est vrai que cela n’incite pas à se poser devant son téléviseur. D’ailleurs, les audiences étaient en baisse l’an dernier, un peu plus de 2,2 millions de téléspectateurs contre près de 3 millions en 2016.

Cependant, il convient de souligner que la grand-messe de l’industrie musicale est encore un des rares programmes à proposer de la musique interprétée en direct à la télévision. Les surprises - bonnes ou moins bonnes - sont donc toujours possibles.

Cette année, on compte aussi sur Daphné Bürki, récent transfuge de France 2 en charge de l’animation de la soirée, pour faire oublier les maîtres de cérémonie des précédentes éditions qui, reconnaissons-le, ne sont pas restés dans toutes les mémoires. Et côté innovation, ces Victoires 2018 seront marquées par la présence de Sting. L’ex-Police sera le premier président d’honneur non estampillé bleu-blanc-rouge. Il succède à Charles Aznavour.

Outre les traditionnels éloges aux disparus - on pense principalement à Johnny Hallyday et à France Gall -, on aura un œil sur le palmarès pour vérifier quel sera le sort réservé au rap. Il y a deux semaines, lors des Grammy Awards, Bruno Mars avait raflé la mise - en tout cas les prix les plus importants - au nez et à la barbe des Jay-Z et autres cadors du genre pourtant en lice pour les plus prestigieux trophées.

Entre les Victoires de la musique et le rap, la vie n’a pas toujours été un long fleuve tranquille. On se souvient de l’affaire Booba en 2011. "Les Victoires de la musique m’ont invité, avait-il expliqué, mais je les boycotté. La fois où ils m’ont nommé, il y avait une édition à Lille pour les cas sociaux, et une édition à Paris pour les stars. Ils voulaient que je sois à Lille, j’ai refusé !"

Et en 1999, c’est le groupe Manau qui était bien embarrassé de remporter la catégorie alors appelée "Album rap ou groove" pour laquelle étaient en lice NTM, MC Solaar, Stomy Bugsy et Arsenik. "Nous avions demandé par le biais de notre maison de disques à ne pas figurer dans la catégorie ‘Rap et Groove’, avaient-ils confié au Dauphiné Libéré. Avec ce que nous faisons, nous ne nous considérons pas comme vraiment représentatifs du rap en tant que genre." L’an dernier, c’est Jul qui remportait la catégorie…

Cette année, c’est surtout l’absence de notre compatriote Damso dans les nommés qui a soulevé le mécontentement des adeptes du genre. Il n’en reste pas moins que le favori de ces 33e Victoires, c’est bien Orelsan. Le rappeur français, triple disque de platine avec La fête est finie, est nommé dans trois catégories : Artiste masculin, Album de musiques urbaines et Création audiovisuelle. On notera aussi les présences de Big Flo et Oli, de Soprano, de MC Solaar et de Lomepal.

Rappelons enfin que cette cérémonie ne récompense par les artistes les plus populaires. Hormis le prix de la Chanson originale décernée par le public, les 11 autres récompenses sont décernées par l’Académie des Votants composée de professionnels de la musique : artistes, producteurs, agents, critiques, disquaires, etc.