Télévision Nous avons vu la prochaine fiction de la RTBF, Ennemi public. Déjà récompensée, cette série belge est captivante !

Les téléspectateurs belges ne l’ont pas encore découverte que, déjà, les télévisions étrangères se l’arrachent. Ennemi public , la nouvelle série belge issue du Fonds séries FWB et RTBF, est en passe de devenir l’un des plus gros succès télévisuels belges, au même titre que La Trêve (pour rappel, la fiction belge dernièrement diffusée sur La Une vient d’être rachetée par France 2 !). Toutes deux sont sélectionnées au prochain festival (à Paris) Séries Mania.

Déjà, Ennemi public s’est distinguée, le week-end dernier, au Mip de Cannes, en recevant le prix coup de coeur du jury (Drama Award). Et ce n’est qu’un début, est-on en droit de supposer au vu des deux premiers épisodes, qui ne seront diffusés sur les antennes de la RTBF qu’aux environs du mois de mai.

En filigrane : la polémique Michèle Martin

Mais quel génie a donc bien piqué les 2 réalisateurs et 5 scénaristes de cette série belge, contrainte pourtant dans ses impératifs temps et budget (75 jours de tournage pour 10 épisodes de 52 minutes, avec un financement du Fonds de quelque 1.1 million d’euros) ?

Ce thriller est haletant, inquiétant, psychologiquement abouti et fait la part belle à nos Ardennes (oui, comme dans La Trêve, mais ici filmées en automne/hiver). Surtout, l’intrigue d’Ennemi public est couillue : elle fait appel à notre (récente) mémoire collective. Béranger est un assassin d’enfants, un pervers narcissique manipulateur arrivé au bout de sa peine de prison (de 30 ans). Libéré sous conditionnelle, il est transféré à l’abbaye de Vielsart, provoquant la colère de la population. Ça ne vous rappelle rien ? En filigrane, avec l’arrivée de ce monstre dans un village tranquille des Ardennes, c’est l’ombre de Michèle Martin débarquée à Malonne qui glace le sang du téléspectateur.

L’étranger déjà intéressé

Mais la fiction reprend ses droits. Grâce notamment à un duo d’enquêteurs atypiques - lui, le fils du pays sans histoire, elle débarquée de Bruxelles et traumatisée depuis l’enfance - qui sont loin de jouer aux super-héros. C’est prenant, captivant et sans raccourcis. Pas étonnant que les télés scandinaves, britanniques et même Canal + aient montré un intérêt certain pour cet Ennemi public.