Télévision

C’est un Stéphane Pauwels affûté et gonflé à bloc qui réalise un de ses rêves. Son talk-show sur le foot, Rien à foot !, débarque chaque lundi, dès le 22 février à 19h40, sur Club RTL ! Interview exclusive.

Il a quelques kilos en moins, mais son projet, c’est du lourd ! Dans quelques jours, Stéphane Pauwels va réaliser un de ses rêves : présenter, en télé, un talk-show consacré au ballon rond. Motivé, "impatient" et physiquement prêt comme le serait un boxeur avant le combat, Steph le bouillonnant, aujourd’hui conquérant et serein, sourit en prenant la pose. "L’idée, avec Rien à foot ! , c’est que les téléspectateurs, après avoir regardé le journal de RTL, viennent après sur Club chaque lundi… En sachant aussi, d’après mon expérience de La Tribune , qu’il y a beaucoup d’épouses, de conjointes qui s’ennuient sur des émissions de foot durant 2 heures. Elles ont aussi envie de regarder, quand les enfants sont au lit, un feuilleton ou autre chose à la télé. Je pense que mon programme, de 30 minutes, ne va pas perturber l’équilibre familial. (sourire) Après, Madame peut regarder Cyril Hanouna sur Plug RTL… Et tout le monde est content dans la famille !"

Autour de vous, il y aura vos fidèles consultants et chroniqueurs (lire ci-après) et un invité…

"Oui. D’ailleurs, ce qui m’insupporte le plus, quelle que ce soit l’émission ou la chaîne, c’est qu’on invite des gens qui n’ont soit rien à dire, soit pas de temps de parole. Mon invité s’assiéra à côté de moi. Quand il y a de la proximité, ça facilite les rapports. Ce que je veux arriver à faire, c’est que des présidents de club, des ex-grands joueurs, des célébrités hors milieu du foot comme Patrick Bruel, se sentent en terrain ami. Et ce, même si je pose des questions qui dérangent. Mes invités auront aussi l’occasion de dire que je suis un con ou de remettre à leur place mes chroniqueurs. On n’est pas dans du consensus. On ne vit pas au pays des Bisounours ! C’est le milieu du foot, y’a des mecs qui prennent de la coke, qui font les cons en bagnole, qui font des sex-tapes… Eh! bien, il faut le dire. Mais il ne faut pas tuer le milieu du foot ! Il y a aussi de belles choses, des joueurs qui rendent visite à des enfants malades,…On fera de l’analyse pointue mais pas pour dire que le 4-4-2, ça ne fonctionne pas."

Sans être dans le consensuel, peut-on néanmoins tout dire ?

"Je pense qu’on peut dire les choses sans pour autant rentrer en guerre avec les gens. Par exemple, Herman Van Holsbeeck : j’ai déjà dit des choses dures sur lui, même dans mon bouquin, mais il est toujours élégant et poli avec moi. J’ai un grand respect pour lui car il accepte la critique."

Ce n’est pas le cas de tous…

"On est en démocratie, non ? Ça fait 10 ans qu’on me dit que je vais être coupé du milieu du foot. Je constate que le président du Standard est venu dans mon émission (sur le web). Ces milieux tournent tellement… Et puis, quand tu as des codes de déontologie et de respect, ça fonctionne bien, même si on n’est pas d’accord. Je me permets de donner des avis durs. Qui sont les mecs qui ne viendront pas dans mon émission ? Il y en aura trois ou quatre. Des frustrés. Les autres viendront."

Diriez-vous que ce talk-show, à ce moment-ci de votre carrière, tombe à point nommé ? Vous vous sentez mieux armé qu’il y a 5 ans ?

"Oui, même si on me l’avait proposé il y a 2 ans d’ailleurs… On dialogue beaucoup avec Stéphane Rosenblatt (directeur général de la télévision à RTL, NdlR) et Laurent Haulotte (directeur des rédactions de RTL, NdlR), même si parfois les avis divergent, pour arriver à un résultat. Je pense que RTL me protège, en ne me brûlant pas. Ils m’ont laissé du temps. Ce qui m’a fait du bien aussi, ce sont mes deux ans et demi de plateau foot en France (Téléfoot notamment)."

Cela vous a apporté une crédibilité auprès des patrons ?

"Non, c’est pour moi, en terme de mécanique d’émission. À la télé, il faut taper juste et être pragmatique. Ne pas confondre le métier d’animateur, de consultant et de chroniqueur. Je suis à maturité maintenant. On apprend aussi en travaillant avec des gens Christian Jeanpierre, Bixente Lizarazu, etc. Et puis, j’ai beaucoup appris de la radio aussi : 15 ans de RMC en France et 5 ans sur Bel. Tout ça, c’est de l’expérience. J’ai 47 ans maintenant, et on ne lance pas une émission de foot comme ça si on n’a pas des heures de vol !"

Votre agenda - avec Rien à foot !, la Champions league, les orages de la vie, les émissions en France et l’euro qui s’en vient - doit être plus que surchargé maintenant…

"Je suis ravi maintenant. Mais j’ai été débordé en novembre et décembre, j’ai notamment eu Un toit en hiver, que j’ai fait avec plaisir… Mais je me suis mis dans le rouge. J’ai perdu pied. Point de vue santé. Et dans ma relation personnelle. J’en ai trop fait, j’ai trop pris, et il faut savoir dire non. Je me suis moi-même mis en danger avec ces ennuis de santé et de cœur. Ça a été une période noire."

Parce que vous êtes quelqu’un d’excessif ?

"Je suis en train de me soigner ! (sourire) Il faut que je trouve la clé pour ne pas être excessif dans tout ce que je fais. Je pense aussi que j’ai un peu oublié les codes de restriction. Il faut pouvoir retrouver le droit chemin. À un moment, on est pris, on est débordé."

Là, vous réalisez un de vos rêves avec cette émission. Vous en avez encore d’autres ?

"Mon rêve de petit garçon était simplement d’assister à Téléfoot sur TF1, en tenue de footballeur. Je fais aujourd’hui encore partie de la bande de l’émission. C’est un miracle que je sois arrivé sur TF1. Personne ne me connaissait ! Je n’oublierai jamais la première fois que j’ai pris le train pour aller faire Téléfoot. J’ai envoyé un message à Caro (Caroline Fontenoy) qui faisait le journal : t’imagine où je m’en vais là ? Je commençais moi-même à douter ! Je devais me pincer ! C’est pour ça que je râle parfois quand certains se demandent comment ça se fait que je suis là. Ok ça peut susciter des jalousies, mais ça fait 25 ans que je travaille dans le milieu du foot ! Tout ça fait de l’expérience. Et j’ai eu des gens magnifiques auprès de moi qui m’ont appris l’outil télé. Mais mes priorités aujourd’hui sont ailleurs que dans la télé et le foot. Elles sont d’ordre privé. Ça ne veut pas dire pour autant que je n’aurai pas d’autres projets. Mais ce talk, c’est un projet que je veux inscrire dans la durée. Et non, je n’ai pas peur que quelqu’un d’autre prenne ma place un jour. Si je coproduis cette émission, Rien à foot !, c’est parce que je sais qu’un jour je vais devoir passer par là."

© guillaume

"Pas une émission pour dormir"

Le 2 février 2015, Stéphane Pauwels lançait son talk de foot, Rien à foot !, sur Internet. Un an plus tard, l’émission qu’il coproduit “bascule en tél é”, nous dit-il. “Ce site (www.carrementsteph.be), on l’a créé avec mon associé, Rudy, et, dans ma tête, je me disais : ‘il faut que je puisse montrer que ça en vaut la peine !’ Je ne disais pas ça de manière vénale ni commerciale. Mais dans le sens où, peut-être, cette émission faite sur le site internet pourrait un jour passer en télé. Il ne faut pas oublier non plus qu’en Belgique francophone, il n’y a qu’un seul talk de foot, c’est La tribune . En Flandre, il y en a deux. Et ce n’est pas dans la culture de RTL. Mais aujourd’hui, les chiffres du foot sur Club RTL, que ce soit en Europa, en Champions League ou en Croky Cup, les chiffres n’ont jamais été aussi bons. Ce qui nous manquait, c’était de parler du championnat belge.”

Certains n’hésiteront pas à rappeler l’expérience de l’émission Café Brazil, durant le Mondial, qui ne pouvait pas diffuser les images des matches… 

“Ici, on est dans une émission de football. RTL avait voulu à l’époque faire une émission de divertissement sans droit à l’image avec des consultants qui n’étaient pas des spécialistes de foot. On n’avait fait aucune répèt. On n’était pas préparé. Et nous avons des images pour ce talk-show… On a les images des clubs belges en Europe, on sait illustrer. Et il ne faut pas se tromper, qu’on ne m’avance pas des objectifs d’audience ! Les Simpsons, qui étaient dans cette case horaire sur Club RTL, faisaient des audiences très basses. Avec les patrons de RTL, nous n’avons encore jamais parlé d’audience pour cette émission !” 

Autour de vous, vous avez votre équipe. Vous avez instauré un esprit de bande en quelque sorte… 

“Oui, mes consultants et chroniqueurs sont connaisseurs et fidèles. On sait comment on fonctionne entre nous. On est des amis dans la vie ! Et La Bande à Steph sera d’ailleurs sur Bel RTL durant l’ Euro ! Je suis un fan absolu de Laurent Ruquier. Il a réussi à créer sa bande et à faire tourner ces gens-là en télé et en radio. Moi aussi, humblement, j’ai ma bande de fidèles.” 

Cela ne manque pas un peu de filles ? 

“Si, à un moment, je trouve une nana – j’ai une idée mais ce n’est pas quelqu’un qui est déjà sur RTL ou la RTBF –, ça doit être un ovni. Je dois encore faire des tests, car je n’enverrai pas cette fille au casse-pipe, si elle n’est pas capable. Qu’elle se fasse allumer et qu’on dise d’elle qu’elle fait potiche. Je veux la protéger si je mets une nana à l’antenne.” 

Visuellement, on passe d’un petit décor pour le web, à un vrai plateau télé ? 

“Pour les consultants surtout, ce n’est pas la même chose. On a eu le temps de travailler ça, on ne nous a pas balancés directement à l’antenne. On est prêt, je suis prêt ! J’ai comme réalisateur une machine de guerre de la télé, qui a fait des plateaux à Téléfoot. Et c’est important car la mécanique d’une émission de foot est spéciale. Il faut que ça vive. Rien que la musique de l’émission, c’est du Led Zeppelin. C’est aussi pour dire aux gens : voilà à quoi vous attendre. Ce n’est pas une émission pour dormir !” 

Vous évoquez la télé française avec Téléfoot. Vous avez envie de faire encore d’autres choses en France ? 

“J’ai refusé en décembre de faire Hanouna, pour l’émission qu’il produit, Touche pas à mon sport (diffusée en France avant Touche pas à mon poste). C’est Estelle Denis, qui présente l’émission, qui a pensé à moi. Mais je ne me lève pas le matin en rêvant de la France ! Je suis très épanoui en Belgique, sur RTL. Je suis belge. Et justement, je pense que quand tu n’as pas les dents qui rayent le parquet, les Français le sentent aussi. Je ne vais pas chez eux comme le mec qui revendique d’avoir une émission en France !” 

Vous allez quand même être plus visible en France avec Les Orages de la vie qui vont être rediffusés sur W9... “Oui, c’est une autre visibilité, plus grande, dans un cadre autre que le foot. Mais je n’ai pas l’envie d’être animateur en France. Je ne fais pas de la masturbation intellectuelle parce que je suis sur TF1 ou W9. J’en suis très fier parce que c’est une reconnaissance d’un travail.”