Télévision FBI portés disparus, La Une, 20 h 15. Une fois que la série s'arrêtera, Anthony LaPaglia pense quitter le métier d'acteur

LONDRES A côté des Experts et de ses différentes déclinaisons (Miami, Manhattan), FBI portés disparus fait partie de ces séries d'investigation d'un nouveau genre qui font un malheur auprès du public. On suit ainsi chaque semaine une brigade du FBI qui s'efforce de réunir témoignages et indices pour retrouver des personnes disparues. A la tête de l'équipe, on retrouve Jack Malone, un héros atypique: il ne sourit presque jamais et il ne cherche pas spécialement à se rendre sympathique. Mais c'est justement ces aspects de sa personnalité qui ont séduit son interprète, Anthony LaPaglia, qui est presque aussi taciturne que son personnage!

Alors, vous aimez réellement camper un personnage qui n'inspire pas vraiment la sympathie?

«J'adore ça! C'est fantastique pour un acteur de jouer ce type de héros. Généralement, dans les séries télé, le personnage principal connaît tout sur tout et ne commet jamais d'erreur. Je trouve ça plutôt ennuyeux. Je trouve bien plus intéressant d'interpréter un personnage qui n'est pas parfait, qui a de mauvaises habitudes... Et je peux vous dire que, dans la troisième saison, il devient encore pire! Il y aura un épisode où il va prendre des somnifères et, dans un rêve, il va enquêter sur lui-même et sa vie. Il découvre comment il sera à 70 ans et c'est plutôt moche. A partir de là, il va essayer de devenir meilleur. J'ai toujours trouvé intéressant d'assister à la chute d'un personnage. Mais c'est encore plus intéressant de voir comment il va se relever!»

D'où vient cette mode des séries d'investigation...

«Je ne sais pas. Si je savais quelle était la recette du succès, je produirais moi-même des séries! Mais Jerry Bruckheimer, qui produit à la fois FBI et Les experts, doit la connaître.»

Est-ce que vous recevez du courrier de personnes qui ont vraiment un proche porté disparu?

«Ça peut arriver. Récemment, j'ai eu des réactions de gens d'origine iranienne vivant à Los Angeles et qui m'ont expliqué qu'ils se retrouvaient dans la série. Ils ont grandi en voyant des personnes disparaître autour d'eux, un oncle, une tante, un neveu, parce que le gouvernement venait les chercher et après on ne les revoyait plus. Ils sont captivés par la manière dont la série montre comment on retrouve ou non un disparu.»

Depuis quelques années, on a l'impression que la télé américaine connaît un véritable renouveau...

«Aux Etats-Unis, on a longtemps considéré qu'un acteur qui jouait dans une série télé n'était pas aussi bon qu'un acteur qui jouait au cinéma. Sinon, pourquoi tournerait-il pour le petit écran? Mais, depuis peu, les mentalités sont tout doucement en train de changer. Si vous regardez les films sortis ces 5 dernières années, vous verrez qu'il y a des choses bien plus intéressantes à la télévision qu'au cinéma. Il suffit de voir des séries comme Les Soprano, The Shield ou Six pieds sous terre.»

Comment l'expliquez-vous?

«L'industrie du cinéma a profondément changé. Tout ce qui intéresse les producteurs aujourd'hui, ce sont les recettes engrangées lors du week-end de sortie. Ils ne prêtent plus attention à la qualité. La moitié du budget est englouti dans le salaire d'une ou deux stars. Pour des comédiens comme moi, cela devient difficile de trouver un rôle intéressant au cinéma. Et lorsqu'un bon scénario circule, tout le monde se dispute pour être dedans tant c'est devenu rare. Du coup, la télévision est devenue une option très intéressante, où l'on peut trouver des rôles bien écrits.»

Vous avez déclaré qu'après FBI portés disparus , vous quitteriez le cinéma et la télé. C'est exact?

«Oui, probablement. Surtout si la série dure 7 ou 8 ans, comme c'est semble-t-il parti. Il n'y a qu'une seule chose d'autre que je voudrais faire avant de prendre ma retraite, c'est d'adapter au cinéma A view from the bridge , qui est un énorme succès à Broadway et que j'essaye de porter au grand écran depuis des années. Mais, en dehors de cela, je serais content de me retirer du métier.»

Vous n'avez que 46 ans, vous n'allez quand même pas ne plus rien faire jusqu'à la fin de vos jours?

«Non, évidemment. J'aimerais en fait me consacrer à l'équipe de football en Australie dont je suis copropriétaire.»

© La Dernière Heure 2005