Télévision

Derrière le succès des Orages de la vie présenté par Stéphane Pauwels se cache Philippe Henry, ancien présentateur vedette du JT de RTL, reconverti en producteur

BRUXELLES Ce sera l’un des chocs de la soirée de ce mardi en télé. Face à The Voice , RTL dégaine un nouveau numéro des Orages de la vie avec cette fois comme invités Claude Barzotti (qui viendra parler de son alcoolisme) et Alexandre Bouglione (meurtri par le déchirement de sa famille et confronté à l’avenir incertain des cirques). Derrière le succès de l’émission de Stéphane Pauwels (700.000 téléspectateurs pour le numéro avec Jean-Denis Lejeune en décembre) se cache Philippe Henry. Si, si, souvenez-vous : ce grand gaillard bouclé qui présentait dans les années 90 le JT de 13 h de RTL, avant de quitter le monde de la télé ! Désormais âgé de 51 ans, c’est lui qui produit Les orages de la vie et qui assure la voix off des reportages. Rencontre.

Comment est né le concept de l’émission ?

“Je continuais à avoir des contacts avec les responsables de RTL, à échanger des idées. Quand Stéphane Pauwels est entré en négociations pour aller sur RTL, il avait proposé un programme assez axé sur le foot et proche de ce qu’il faisait sur la RTBF, ce que RTL ne voulait pas. J’ai alors sorti de mon chapeau l’idée des Orages de la vie que j’avais en tête depuis longtemps. La direction de RTL a été immédiatement enthousiaste. À partir de là, tout est allé très vite…”

Vous connaissiez bien Pauwels ?

“On s’était déjà rencontrés à quelques reprises, mais sans plus. Cela dit, en tant que passionné de foot, et spectateur attentif de Studio 1, je savais très bien qui il est. C’est un personnage intéressant, atypique dans l’audiovisuel belge. Il insuffle un ton nouveau, il n’est pas consensuel.”

Mais il fallait quand même l’imaginer dans ce type d’émission aux antipodes de ce qu’il avait fait jusqu’ici !

“Le défi était intéressant, mais je l’imaginais bien dans ce concept car il a naturellement de l’empathie pour les autres. Il a ses propres souffrances et il n’est pas indifférent à celles des autres. Et ce qui m’intéressait, c’est qu’il ne présente pas l’émission comme un journaliste classique. Je pense que le défi est réussi…”

Le dernier numéro a attiré 700.000 personnes. Mais ce sera dur à réitérer à chaque fois…

“C’est clair, on ne peut pas faire cette audience chaque fois, d’autant que The Voice est bien installé désormais sur la RTBF. Mais quand on a lancé le projet, on tablait sur 400.000 téléspectateurs. On est très largement au-dessus. Je croyais dans le concept, c’est un bon format, dans l’air du temps. On est en extérieur, on quitte le cadre classique des plateaux, on rencontre les gens chez eux…”

Que répondez-vous à ceux qui taxent l’émission de voyeurisme ?

“Le voyeurisme, c’est s’arrêter le long de l’autoroute pour regarder un accident. Par contre, tenter de comprendre et porter un regard critique, ça, ce n’est pas du voyeurisme. Quand on reçoit Barzotti qui parle de son alcoolisme, c’est avec le but d’essayer de comprendre comment il en est arrivé là.”

Vous n’avez pas encore reçu de propositions d’autres pays pour racheter le concept ?

“J’ai reçu pas mal de coups de fil. Disons que le succès de l’émission ne passe pas inaperçu à l’étranger. Mais c’est encore un peu tôt…”

Vous faites la voix off des reportages…

“Je n’étais pas partant, mais c’est RTL qui me l’a demandé. Ils voulaient avoir une voix journalistique pour garder l’équilibre avec les interviews faites par Stéphane.”

Là, vous êtes producteur. Mais ça ne vous titille jamais de revenir devant la caméra ?

“Non, je prends énormément de plaisir à être derrière.”

On vous reconnaît encore en rue après 15 ans ?

“Ça arrive. Mais j’ai quand même changé. J’ai les cheveux gris désormais (rires).”



© La Dernière Heure 2012