Télévision La Deux relance le théâtre à la télé, avec une première collection de six pièces surtout comiques pour les fêtes

BRUXELLES Quarante ans après les débuts du célèbre cycle Au théâtre ce soir, la RTBF renoue ses relations avec le monde du spectacle. Ancien responsable du secteur divertissement à Reyers, où il officie depuis trente-cinq ans, Pierre Meyer se souvient qu'à ses débuts «le service dramatique était important: beaucoup d'acteurs de théâtre étaient en même temps réalisateurs pour la chaîne publique. Différentes formes de production existaient: des captations mais aussi des adaptations de pièces en studio, en prélude aux téléfilms.»

Depuis cette époque, c'était «le grand blanc, sans doute pour des raisons budgétaires». «Mais quand Gérard Loverius était encore directeur de La Une ( avant l'arrivée de la nouvelle équipe de Jean-Paul Philippot, NdlR ), il m'avait investi du projet de remettre en place les captations d'hier. La volonté était donc déjà bien là dans l'ancienne ère.»

C'est désormais chose faite, puisque La Deux diffusera, en cette fin d'année, une première série de six pièces de théâtre, sur le thème de la légèreté et du divertissement en cette période de fêtes. «Ces spectacles se veulent rassembleurs», explique Carine Bratzlavsky, directrice du deuxième canal ertébéen. «On espère susciter le plaisir de la découverte. Là, on ouvre la brèche. Comme le foot, le théâtre peut divertir, avec sa dramaturgie propre, son direct ou plutôt ses captations dans les conditions du direct, la lumière sur les acteurs...»

Entreront donc dans le tube cathodique, en collaboration avec Parallèle Productions, le 6 décembre, Tartuffe, ou l'imposteur de Molière. La première création du Théâtre National au boulevard Jacqmain, dirigée par Philippe Sireuil, sera enregistrée à la fin novembre (elle est jouée trois soirs à ce moment-là avant une plus longue série en janvier).



Le lundi suivant, jour traditionnel de relâche au théâtre, soit le 13 décembre, Petits crimes conjugaux, d'Eric-Emmanuel Schmitt. Créée la saison dernière au Théâtre le Public, la très belle pièce mise en scène par Patricia Houyoux passera donc à la postérité. L'écrivain a tenu à produire lui-même l'enregistrement. « Petits crimes avait été créé en même temps à Paris (avec Charlotte Rampling et Bernard Giraudeau) et à Bruxelles (avec Michel Kacenelenbogen et Isabelle Roelandt), mais c'est la version belge que je préfère. J'avais donc envie que ce soit celle-là qui reste; elle est la plus fidèle à mon texte», explique l'auteur francophone contemporain le plus joué dans le monde.

Un cran plus haut dans la comédie, Le grand voyage de Marc Moulin aborde également l'amnésie et le mensonge dans le couple. A l'antenne le 20/12, ce spectacle créé au Théâtre de la Toison d'Or bénéficie d'une distribution de nature à délier tous les zygomatiques: Nathalie Uffner, Pierre Pigeolet, Nicolas Dubois et Delphine Ysaye.

Le 27/12, place au dernier show en date de Laurence Bibot, Laurence Micro, où la comédienne seule en scène s'empare de cinq textes (un de sa plume, les autres de Marie-Paule Kumps, Juan d'Oultremont, Sébastien Ministru et Marc Moulin) et autant de personnages déjantés, avec le microphone comme fil rouge.

Damien Gillard propose en ce moment sa deuxième version des Virtuoses au Théâtre de la Toison d'Or. Le 3/1, c'est la première que La... Deux programme, soit un pastiche des milieux musicaux par cet homme-orchestre. Enfin le 10/1, Les fourberies de Scapin de Molière, dans une mise en scène de Pierre Fox au Théâtre du Parc.

© La Dernière Heure 2004