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Yves Lecoq se raconte dans son autobiographie


PARIS Alors qu'il a l'habitude de se cacher derrière la voix des autres (et même, depuis 18 ans, derrière leur marionnette pour les Guignols de Canal +), Yves Lecoq a cette fois-ci décidé, à 60 ans, de se dévoiler dans une autobiographie, Mémoires d'un Guignol (Ed. Robert Laffont), où il revient sur son parcours, depuis son enfance dans une famille de nobles désargentés jusqu'à son triomphe comme imitateur qui consacre l'essentiel de sa fortune à sa passion pour les châteaux.

Une partie du livre est un hommage à votre grand-mère, Georgette, sans qui vous ne seriez peut-être pas devenu ce que vous êtes...

"Georgette, c'est toute mon enfance. C'était un personnage haut en couleur et elle était belge. Elle avait épousé un baron français et elle était antiquaire. Elle m'a notamment inculqué le goût de l'art et du beau. Par la suite, il y a eu d'autres femmes avec de fortes personnalités qui ont traversé ma vie et à qui je rends hommage."

Comment avez-vous découvert votre don pour l'imitation ?

"C'est venu assez naturellement. J'aimais bien faire rire. Lorsque j'entendais une voix rigolote, j'essayais de la reproduire. Comme ça amusait mes camarades, je recommençais. Mais l'imitation en tant que métier, c'est venu très tard. J'avais plutôt envie de chanter, de jouer la comédie. Et puis, le fait que Thierry Le Luron soit devenu une star dans les années 70 a changé la donne. Tout le monde me poussait à tenter ma chance à mon tour".

Dans le livre, vous évoquez la jalousie qu'éprouvait Thierry Le Luron à votre égard...

"Oui, mais c'est normal. Tous les imitateurs sont jaloux entre eux. Dès qu'il y en a un nouveau, celui qui est en place se sent affecté. Donc, c'est normal que Thierry ait mal pris mon arrivée. Il était à l'époque la seule star et je me suis pointé en challenger, avec des voix nouvelles, alors que lui ronronnait un peu avec toujours les mêmes imitations. Mais on s'est réconciliés ensuite. Il a compris que je n'étais pas là pour l'enterrer. Je ne lui ai pas fait d'ombre longtemps et on est devenus copains."

Par contre, avec Sophie Darel, qui a essayé de vous saboter, vous ne vous êtes jamais réconcilié ?

"Non. Je trouve que ça réaction était excessive. Elle avait vécu une déception amoureuse avec mon producteur, qui l'avait manipulée, et elle s'est vengée en m'attaquant. C'était devenu obsessionnel chez elle. 20 ans après, elle continuait à dire du mal de moi !"

Vous-même, vous avez réagi comment avec l'arrivée de la nouvelle génération d'imitateurs ?

"J'ai pu comprendre ce qu'a ressenti Thierry Le Luron à mon égard lorsque j'ai vu de mon côté Laurent Gerra arriver. Mais comme j'avais déjà les Guignols, je n'avais pas trop de craintes. Mais si je n'avais pas eu les Guignols, j'aurais peut-être sombré."

Votre livre est aussi une plongée dans les années 70. C'est une époque qu'on ne connaîtra plus ?

"C'est vrai, je faisais des spectacles et des émissions à tout va. C'était une époque qui n'a rien à voir avec aujourd'hui. Il n'y avait que trois chaînes et deux ou trois émissions principales. Il n'y avait que quelques producteurs ou animateurs qui faisaient la loi : Guy Lux, Maritie et Gilbert Carpentier ou Danielle Gilbert. Il fallait passer par eux pour pénétrer le métier."

Vous avez aussi souffert de certaines trahisons...

"Je n'étais humainement pas préparé à la bagarre. J'étais un peu naïf. Mais ça m'a appris le métier et j'ai refait surface à chaque fois."

Ce livre est aussi l'occasion de parler de votre passion pour les châteaux. Passion qui a failli plusieurs fois vous ruiner...

"Une fois qu'on se lance là-dedans, c'est sans fin. Il y a toujours quelque chose à rénover. Vous êtes tellement accaparé que vous risquez de tourner le dos à votre métier."

C'est comme une drogue ?

"Il est clair que c'est difficile d'arrêter (rires). Mais ma vraie drogue, c'est plus les antiquités. Je ne peux pas passer une semaine sans aller chiner."



© La Dernière Heure 2007