Télévision Discrète dans la vie tout en crevant le petit écran, Marine Delterme a fait d’Alice Nevers un des gros succès de TF1. Interview.

Sa voix est douce. Apaisante. Pourtant, Marine Delterme est embarquée dans un rythme intensif - tournages des épisodes d’ Alice Nevers obligent -, de septembre à mai ! Trois mois par an, voilà ce qui reste à la comédienne pour s’adonner à son autre passion, la scupture. Et, surtout, pour se consacrer pleinement à sa famille ( "c’est beaucoup de boulot… faut reprendre toute la vie qu’on a pas eue le reste de l’année", sourit-elle). Aujourd’hui, son temps, l’envoûtante Marine Delterme le consacre aussi à une association, l’UNAFAM, qui vient en aide aux amis et familles de personnes malades et/ou handicapées psychiques. Un choix d’engagement loin d’être fait au hasard. Et sincère, à son image. "On m’a souvent demandé d’être marraine d’une association et j’ai toujours refusé parce que je n’ai pas envie de mentir avec ça. Je ne voulais pas faire un truc comme ça, juste pour de la promo. Je voulais quelque chose qui me tienne à cœur. J’avais déjà été sensibilisée à certains problèmes par les juges avec lesquels j’avais préparé Alice Nevers . Je discute aussi souvent avec les policiers qui viennent faire de la figuration sur le tournage : des rapports sur la prise de drogue, de cannabis sur les jeunes, les psychoses, les fragilités qu’on a de plus en plus... Les maladies mentales touchent une personne sur 4 dans le monde… J’ai aussi un garçon de 19 ans et avec tous ses copains, j’ai un panel des fragilités des jeunes. Je trouve que c’est très dur d’élever les enfants aujourd’hui avec internet, avec le harcèlement à l’école… Il y a quelque chose à défendre."

Vous parlez des fragilités des jeunes. Vous êtes maman de deux garçons, une maman inquiète ?

"J’ai toujours été inquiète. Alors, il y a du mauvais dans cette inquiétude parce qu’on est anxiogène pour les enfants. Par contre, je trouve que la paranoïa est une forme d’intelligence. Être inquiet et réfléchir à ce qui pourrait arriver est une façon d’anticiper les problèmes. Si on est complètement le Ravi de la Crèche, ça vous tombe dessus sans s’en rendre compte. Du coup, je suis hyper vigilante… et à l’écoute."

Une série qui porte le nom de son héroïne, c’est rarissime à la télé de nos jours. Est-ce une petite fierté pour vous ?

"Évidemment je suis fière que la série soit toujours là au bout de 15 ans. Mais c’est aussi une femme - et même si je tiens à mettre les autres personnages en avant - et c’est un des derniers bastions à la télévision française où il y a des héroïnes dans les rôles principaux. Ça reste très difficile pour les femmes, dans les médias elles n’ont pas tant de place que ça ! Je vois la chance que j’ai d’être là et de pouvoir parler aux femmes. Ce personnage les touche : elle ose passer la ligne rouge et elle reste droite dans ses boîtes. Elle a de l’empathie. Et c’est une qualité qu’on m’a toujours donnée : de ne pas être narcissique, dans la caricature de l’actrice qui s’écoute. Au contraire, je suis curieuse des autres, j’adore les observer. Peut-être c’est ça la seule chose de jolie que j’ai pu amener à ce personnage."

Sur votre vie privée, vous avez toujours tenu à rester discrète…

"Je suis sur les réseaux sociaux pour partager avec mes fans, des photos de tournage etc. Mais je n’y mets jamais mes enfants ! Je pense qu’une actrice doit toujours garder une part de mystère. Ça me vient du cinéma, ça. Ce mystère à garder, c’est pour qu’on ait envie de vous voir. C’est comme en amour. Je n’aime pas les gens qui se révèlent complètement. Il y a une part de fausseté, souvent, je trouve. Souvent, c’est de la com’. Et moi je suis très honnête. Et surtout, je n’ai pas envie de mêler la vie de mon enfant à ça, pour mon intérêt. Et mon mari (l’écrivain Florian Zeller, NdlR) encore moins !"

Mariage en vue pour Alice Nevers…

"Le fait de vouloir redevenir maman, d’adopter, fait qu’elle doit trouver un mari. Elle en a fini des maris improbables. Il faut qu’elle se stabilise. Et la partition cette saison avec Jean-Michel justement c’est de révéler des choses qui sont un bonheur pour les téléspacteurs avec plus d’initimité. Alice et Marquand doivent faire semblant de se connaître par coeur, ils sont censés être très intimes." De grandes scènes de comédie en perspective. D’autant plus que les deux comédiens aiment improviser. "Hier encore, je lui disais : ‘Si tu dis ça, je peux répondre ceci. J’écris aussi les arches de la vie privée d’Alice’. On se connaît tellement bien, on connaît tellement bien nos personnages, ça devient une deuxième nature et on n’est pas dans la routine !", se réjouit Marine Delterme. Qui révélera dans cette nouvelle saison (dès jeudi sur TF1) un "côté très fleur bleue d’Alice Nevers. Le fait qu’elle se marie - avec la préparation d’un mariage pharaonique -, la fait s’enflammer."

Si Alice et Marquand devenaient un véritable couple stable, cela signerait la fin de la série, non ?" On ne sera jamais un vrai couple installé", nous glisse Marine. Leur histoire est plutôt "sans fin". Et c’est tant mieux !