Télévision Face à la polémique, la jeune Mennel Ibtissem abandonne The Voice, la plus belle voix.

"Je n’ai jamais songé à blesser qui que cela soit et la seule perspective que mes propos soient source de peine me heurte, j’ai donc pris aujourd’hui la décision de quitter cette aventure. À mes soutiens, n’ayez aucune crainte, cette décision n’est pas un frein à mon épanouissement artistique, mais au contraire la condition de son accomplissement." C’est avec ces mots que Mennel Ibtissem a annoncé au public qu’elle abandonnait la 7e saison de The Voice, la plus belle voix sur TF1.

Depuis dimanche, malgré sa sensationnelle interprétation de Hallelujah, un titre de Leonard Cohen, qui lui a valu d’intégrer l’équipe de Mika la jeune femme de 22 ans est au cœur d’une polémique en raison des messages qu’elle a posté par le passé sur les réseaux sociaux. Notamment des propos complotistes en rapport avec l’attentat du 14 juillet 2016 à Nice.

Mennel Ibtissem aura eu beau présenter ses excuses sur les réseaux sociaux en regrettant les messages en question et en affirmant avoir mûri depuis, la pression aura eu raison d’elle.

"Une décision responsable"

Après l’annonce du départ de la chanteuse, TF1, le diffuseur du télécrochet, s’est exprimé dans par communiqué : "ITV Studios France a informé TF1 que Mennel a pris la décision de se retirer de cette saison de The Voice. Elle en a informé le public sur ses réseaux sociaux. Cette décision responsable, après ses excuses publiques, témoigne de sa volonté d’apaisement. Nous lui souhaitons de poursuivre sa carrière d’artiste dans la sérénité." De son côté, le producteur, à savoir ITV Studios France, a fait savoir qu’il "respectait le choix" de la jeune femme.

Quelle suite ?

Autant dire que le départ inattendu bouleverse un peu la conduite de The Voice, la plus belle voix dont les premières étapes ont été enregistrées en amont. Divers scénarios sont imaginés, dont le floutage des apparitions de la jeune femme, la diffusion de ses passages en indiquant que celle-ci ne fait plus partie de l’émission ou encore son remplacement dans l’équipe de Mika par un autre candidat.

Un échange de confiance

Contactée par nos soins, Leslie Cable, productrice de The Voice Belgique, nous explique la façon dont la RTBF s’y prendrait si sa déclinaison du télécrochet devait faire face à une situation. "Le premier réflexe d’un producteur est d’en discuter avec la direction et de réfléchir de façon mathématique. Je serais du style à évaluer les dommages que ces propos pourraient avoir sur l’émission. Si ce n’est pas dramatique, on aurait plutôt tendance à calmer le jeu. Si toutefois, la candidate décide de partir, différentes solutions s’offrent à nous. Si elle n’était présente que lors des Blinds (auditions à l’aveugle, en France), on peut ne pas passer son passage. Si, au contraire, elle arrive aux Duels, la question est de savoir si on diffuse l’étape ou pas. Si elle gagne le Duel, je diffuserais. Si pas, je ne le diffuserais pas en expliquant à l’autre candidat pourquoi son passage n’a pas été repris à la télévision et en nous concertant avec le coach qui perd un de ses talents. Il ne s’agit toutefois que de suppositions, car nous n’avons jamais été confronté à ce genre de problème en sept ans de The Voice Belgique, explique la productrice . Nous ne savons donc pas exactement comment nous aurions géré cette affaire."

Pour éviter des situations de ce type, ne serait-il pas opportun de prendre des mesures en amont ? C’est déjà ce qui se fait nous répond-on. "Tout comme nos voisins français, les candidats de The Voice Belgique doivent signer un règlement de bonnes vie et mœurs dans lequel il est bien stipulé qu’il y a une certaine confidentialité à respecter pendant la durée de l’émission, explique Leslie Cable. On ne mène toutefois pas d’enquête sur les propos que le candidat aurait publié ou non sur les réseaux sociaux avant son arrivée dans The Voice Belgique . Il y a vraiment un échange de confiance qui a lieu. Ce qui date, on n’y peut rien…"

Un sacré pétrin

Que fait-on ? C’est la question du moment chez TF1. La chaîne est confrontée à des décisions compliquées après le départ de Mennel Ibtissem. Car 70 % de la saison 7 de The Voice ont déjà été tournés ! Si les auditions à l’aveugle ont été enregistrées en novembre dernier et ne mettent plus en scène la jeune femme de 22 ans et restent à l’antenne comme c’était initialement programmé, il en va tout autrement des duels et des auditions ultimes qui suivent et ont été mis en boîte le mois dernier.

Des options existent, mais elles ont toutes leurs inconvénients. On imagine mal une déprogrammation parce que The Voice en France s’adjuge 30 % de part de marché (émission du 4 février). Couper la jeune femme au montage comme Gilbert Rozon l’a été dans La France a un incroyable talent (M6) représente un travail colossal qui s’accompagne d’un surcoût tout aussi considérable. Sans compter l’incohérence du programme lorsqu’un candidat sera sélectionné ou remercié sans avoir eu d’opposant…

Se contenter de diffuser les émissions en l’état, avec la présence de la candidate à l’origine du problème, ce serait non seulement absurde, mais aussi relancer la polémique déjà suffisamment embarrassante.

Enfin, si Mennel Ibtissem fait partie des quatre derniers candidats retenus dans chaque équipe pour les directs (elle a été loin dans l’aventure si l’on en croit le journal 20 minutes), un autre concurrent pourrait se voir repêcher pour rééquilibrer le plateau. Cela s’est déjà passé à The Voiceaux Philippines révèle Le Figaro. Un des candidats avait dit stop pour des raisons qualifiées de professionnelles. En Australie par contre, une candidate avait été évincée après avoir participé à un clip. L’émission s’est poursuivie sans elle.

Contactés, ni TF1 ni ITV Studios France, la société qui produit le programme, ne se sont exprimés pour l’heure.