Télévision Le jeune prodige belge Thomas Mustin - chanteur Mustii - incarne Patrick Dils dans le téléfilm Je voulais juste rentrer chez moi.

"Au départ j’avais un peu peur de faire ce film car l’affaire (ce jeune de 16 ans accusé d’avoir tué deux enfants du côté de Metz est l’une des erreurs judiciaires les plus emblématiques de la justice française, NdlR) n’est pas encore terminée", confesse l’artiste bruxellois, qui travaille maintenant avec le même agent que François Damiens et Virginie Efira. " Patrick Dils a été acquitté, mais le procès du tueur en série Francis Heaulme est encore ouvert. Du coup, c’était vraiment mettre les pieds dans quelque chose de très délicat…"

Comment avez-vous préparé ce rôle ?

"J’ai demandé au réalisateur (Yves ‘Commissaire Moulin’ Rénier, NdlR) s’il fallait aller dans le mimétisme et heureusement non. C’était plutôt s’inspirer du livre qu’il a écrit après avoir fait de la prison et, à partir de là, créer mon propre personnage."

L’avez-vous néanmoins rencontré ?

"Plusieurs fois, il a d’ailleurs validé le téléfilm. On a échangé pour savoir comment il avait ressenti cette affaire, ce qu’il a traversé. Il a vécu une histoire incroyable et il a une dignité par rapport à tout ça qui est dingue. Ma rencontre avec Patrick Dils m’aura marqué à vie. Je ne voulais pas le rencontrer avant le tournage, pour ne pas me mettre trop d’a priori en tête. Mais on était tous angoissé à l’idée de le rencontrer. La première fois qu’il est venu, j’étais dans le box des accusés, au tribunal, et ce fut très émouvant. On s’est serré la main par l’interstice et on s’est regardés en souriant. Ce fut très étrange car je devais continuer à tourner la scène."

Que vous êtes-vous raconté en coulisses ?

"Quand on a pu discuter pendant la pause de midi ce jour-là, j’ai pleuré plusieurs fois. C’était très émouvant. Surtout lorsqu’on a évoqué sa maman (interprétée par Mathilde Seigner, NdlR) , qui est aujourd’hui décédée. Car sa mère est une héroïne, elle s’est vraiment battue pour lui. Un combat qu’elle a mené pendant quinze ans. Quand il parlait d’elle, ça m’a fort touché, j’étais ému. Et j’ai puisé dans cette énergie pour jouer le rôle. Sa présence bienveillante sur le tournage, m’a aidé. En plus, il ne se plaint jamais, il est très digne, ça m’arrivait de pleurer avec lui. Il est très humain et son recul est impressionnant. Pouvoir mettre un petit pied dans cette histoire était vraiment motivant."

Croyez-vous en son innocence ?

"Après nos discussions ou ce que j’ai lu, j’ai du mal à croire l’inverse. Quand on analyse la position de Francis Heaulme, c’est très compliqué d’imaginer Patrick Dils coupable. Puis il a été acquitté, les preuves sont là, la question ne devrait même plus se poser, mais pas mal de gens en doutent encore. Ça doit être très dur à gérer pour lui… En tout cas, je ne pouvais pas participer à ce film si je le pensais coupable. Ce serait surréaliste de faire ça, le film est justement une manière de le réhabiliter."

Et un rôle synonyme de tremplin pour la suite ?

"Difficile de savoir comment il va être reçu en France… C’est grâce à la série La Trêve (dont la saison 2 est en cours de tournage, NdlR ) que j’ai été repéré. La production voulait quelqu’un dont le visage était inconnu en France, pour que le spectateur créé son imaginaire. Et ne pas aller dans l’imitation physique non plus, ils n’ont pas cherché un grand mince, même si je me suis un peu transformé physiquement. J’ai perdu 5 à 6 kilos pour le rôle et j’ai teint mes cheveux en roux. La moustache, c’était du maquillage, je n’ai pas assez de poils pour ça (sourires) !"

Je voulais juste rentrer chez moi, téléfilm d’Yves Rénier avec Mathilde Seigner et Thomas Mustin (Mustii) : le jeudi 4 mai, à 20 h 25, sur la Une et à la rentrée sur France 2.