Télévision Olivier Minne a trois anniversaires de taille à fêter cette année : ses 15 ans à la présentation de Fort Boyard, ses 30 ans de carrière à la télévision et… ses 50 ans !

Cet été, la RTBF a créé la surprise en intégrant Fort Boyard à sa grille des programmes. À partir de ce vendredi 23 juin, La Une diffusera, en effet, la 28e saison du jeu télévisé, soit avec un jour d’avance par rapport à France 2, chaîne clé de Fort Boyard depuis sa création en 1990, qui le diffusera à partir du samedi 24 juin.

Y aura-t-il davantage de candidats belges dans l’émission, dès lors que cette dernière est également diffusée en Belgique ? "Cette saison-ci, il n’y a pas plus de candidats belges que les saisons précédentes. Les candidats belges qui participent à l’émission sont toutefois connus en Belgique mais également en France. Je pense à Sandrine Corman, par exemple, qui était présente dans cette saison", nous explique Olivier Minne, animateur de Fort Boyard depuis 15 ans, qui a remarqué quelques points communs chez nos compatriotes. "S’il y a bien une chose que je retiens des candidats belges, c’est qu’ils y vont toujours à fond et qu’ils ne lâchent rien ! Ils ont toujours une bonne humeur et une bonhomie typiquement belge. Tout ça crée un état d’esprit un peu à part dans le jeu. Maintenant, un candidat belge n’est pas forcément différent d’un candidat français. Mais, en règle générale, ce sont des candidats qui ont un bon esprit."

Si Fort Boyard est diffusé sur la RTBF cette année, aucun des animateurs du service public n’a cependant déjà eu l’occasion de prendre part à l’aventure. La saison prochaine peut-être ? "Pourquoi pas ! Je les accueillerai sur le fort avec énormément de plaisir car j’aime beaucoup des animateurs de la RTBF", confie l’animateur qui "adorerait que Joëlle Scoriels et Adrien Devyver participent au programme."

En attendant, les téléspectateurs de La Une pourront suivre l’expérience des animatrices de RTL-TVI, la maison d’à côté, dans le jeu télévisé qui compte de nouveaux personnages et de nouvelles épreuves (voir article ci-contre). Parmi elles, on retrouve notamment celle de "l’asile psychiatrique", nous explique Olivier Minne. "C’est une épreuve diabolique. (sourire) On a reconstitué l’univers un peu glauque d’un hôpital psychiatrique qui n’existe pas ou plus. Il est très difficile d’en sortir.."

Avez-vous testé quelques-unes des nouvelles épreuves ?

"Bien sûr ! Je teste toutes celles qui ne demandent pas d’installations particulières; comme ça, je suis conscient de la difficulté qu’il y a derrière elles et je comprends ce que les candidats sont en train de vivre."

Aviez-vous des craintes en vous frottant à l’une d’entre elles ?

"Je n’ai pas beaucoup de peurs, non. Bon, c’est vrai que je n’ai pas une grande affection pour les araignées mais j’ai décidé de travailler là-dessus pour l’année prochaine. J’oserai peut-être en toucher une lors de la 29e saison !"

Est-ce que vous procédez toujours à une remise en question pour que Fort Boyard évolue avec les téléspectateurs ?

"Tout à fait. Chaque année, on propose des surprises aux téléspectateurs pour varier les plaisirs. Le producteur est très attentif à ce qui se fait en jeux vidéos et dans les films pour pouvoir les reproduire ensuite dans Fort Boyard ."

Comptez-vous faire quelque chose de particulier pour vos 15 ans aux commandes de Fort Boyard ?

"Je ne sais pas si ça passera à l’antenne. Mais, lors d’un tournage, on marchait sur la passerelle et Passe-partout s’est arrêté de courir et les 150 personnes qui travaillent sur le fort sont sorties de leur cachette. Ils ont commencé à faire une sorte de musique tribale qui a envahi tout le fort. Ça m’a extrêmement ému. Je n’ai d’ailleurs pas pu retenir mes larmes. C’était tellement fort de les voir se mobiliser comme ça pour fêter mes 15 ans dans Fort Boyard … Ils l’ont fait parce qu’ils en avaient envie, pas parce qu’ils étaient obligés. Et ça, c’est vraiment touchant. C’est la traduction du lien très particulier qui nous unit. L’équipe de Fort Boyard est un peu comme une famille pour moi et ça fait notamment partie du plaisir que j’ai à présenter cette émission. Ce lien fait que, chaque année, je retourne au fort avec la banane."

Est-ce que vous avez parfois dû faire face à de grosses crises d’angoisse dans l’émission?

"Oui, bien sûr ! J’appellerais plutôt ça des appréhensions très fortes. Ça a été le cas avec Roselyne Bachelot, par exemple. C’est dans ces moments-là que je montre la deuxième facette de mon rôle dans Fort Boyard . En plus d’être animateur, je suis un accompagnateur. J’essaye aussi de rassurer les candidats."

Que devient le fort lorsque vous ne tournez pas pour l’émission ?

"Le fort est malheureusement fermé en dehors des tournages. Quand on a fini la saison, on vide tout le matériel électronique et on le ferme. Il n’est accessible que par bateau. Pendant les trois premières années, je logeais dans le fort le temps du tournage. Maintenant, c’est terminé. Les candidats, eux, repartent le jour même."

Cette année représente vos 15 ans aux commandes Fort Boyard mais surtout vos 30 ans de carrière à la télévision. Ça fait beaucoup…

"J’ai fait mes premiers pas avec ma première marraine de télévision : Anouchka Sikorsky. C’est elle qui a eu l’idée de me mettre à l’antenne en 1987 sur RTL Télévision (plus tard RTL-TVI), une chaîne de télévision qui venait de naître. Elle m’a intégré dans son émission Chocolat chaud . J’avais 20 ans et j’en paraissais 14 ! (rires) J’ai toujours ces moments en mémoire. C’était la source, le début de tout."

Quelle émission avez-vous pris le plus de plaisir à animer ?

"J’ai présenté beaucoup de choses totalement différentes. Des émissions pour enfants à celles pour ados en passant par l’ Eurovision , Fort Boyard ou encore Joker . Je suis fier de toutes mes émissions mais j’ai pris énormément de plaisir en animant le talk-show Matin Bonheur . Aujourd’hui, le talk-show ne m’intéresse plus tellement, à part si je peux le combiner avec du divertissement. Idéalement, j’aimerais faire les deux en même temps."

Pour le moment, il y a énormément de va-et-vient à France Télévisions. Avez-vous peur de passer également à la trappe comme certains de vos collègues ?

"En 30 ans, j’ai vécu cette situation plusieurs fois donc ça ne me fait plus peur depuis longtemps. Ça fait partie du jeu de la télévision. Il faut faire avec."

En mars dernier, vous avez fêté vos 50 ans. Difficile de passer le cap ?

"Je les ai fêtés trois fois ! En Belgique, en France et à Los Angeles. Le fait d’avoir passé les cinquante ans me fait quelque chose. Je m’interroge sur le temps qui passe mais ça ne me fait pas peur car c’est inévitable. Il ne faut pas avoir peur de l’inévitable, ça n’a pas de sens."

Cela ne doit pas être facile pour vous de vivre entre Los Angeles, Paris et Bruxelles…

"Vivre loin des personnes qu’on aime n’est pas toujours simple mais ça nous incite à encore plus profiter pleinement des moments qu’on a ensemble. Le fait de vivre à Los Angeles m’a peut-être éloigné de mes proches mais m’a appris énormément de choses personnelles mais également professionnelles comme, par exemple, faire de l’animation au sein d’un work shop auquel je participe depuis trois ans maintenant."