Télévision C'est le 18e Télévie qui se clôture ce samedi à 19 h 30 sur RTL-TVi, avec Michèle Etzel qui veille toujours dans les coulisses

BRUXELLES Comme chaque année, les artistes se bousculent pour participer à la grande soirée de clôture du Télévie: Patrick Bruel, Maurane, Pascal Obispo, Natasha Saint Pier, Adamo, Marie Gillain, Tina Arena, François Pirette, Myriam Abel, Roberto Alagna... Ils ont tous tenu à faire le déplacement. Mais pas question de se la jouer diva dans les coulisses! Pour ceux qu'elle considère comme les véritables stars de la soirée, les bénévoles, les malades et leurs familles, Michèle Etzel - qui produit l'émission depuis sa création - veille au grain. Le Télévie, elle y tient comme à la prunelle de ses yeux, chaque seconde est découpée au mouvement près. Rencontre à la veille de ce grand événement.

Est-ce que les artistes s'impliquent personnellement dans la soirée?

«Beaucoup d'entre eux veulent s'impliquer et accompagner l'émission, pas seulement chanter leur chanson et repartir. Ils veulent appeler les principales villes à se bouger, comme Patrick Bruel qui va chanter deux morceaux, Maurane aussi... Les artistes comme eux font plus qu'un passage dit de promotion. Il y a vraiment un clan Télévie, avec des soutiens très forts; je crois que quand on a vécu cette expérience, on n'en sort pas indemne, c'est un souvenir qui reste vivace et soude les gens.»

Au bout de 18 éditions, on ne se lasse pas?

«Non, mais il faut quand même à chaque fois se demander ce qu'on va mettre pour redynamiser le projet. La récolte de fonds est toujours un succès, les gens sont au rendez-vous et en font un devoir; le compteur tourne! En dehors de ça, il faut changer le spectacle et nous avons des artistes pour toutes les générations. On a bien travaillé pour avoir deux numéros de Bharati qui est vraiment le spectacle dont tout le monde parle car l'air du temps est à Bollywood. À mon avis, ça va le faire! C'est éblouissant...»

Jean-Charles De Keyser sera là?

«Il vient. Il a fait son tour de chant, un hommage aux textes et aux chansons de Claude Nougaro et, de l'avis de tous, ça lui va très bien; ça doit être une question de carrure carrée... Il est important car le Télévie a un côté traditionnel, il y a des gens que le public veut voir. Il ne va plus présenter car il y d'autres personnes qui vont le faire, comme Virginie Efira, par exemple, mais il reste l'un des piliers; c'est son bébé.»

C'est aussi un peu le vôtre...

«Ce n'est pas mon idée, mais je l'ai construit et mis sur pied pour que cela devienne une émission TV. Là, je suis impatiente d'y être!

Vous avez des souvenirs plus marquants que d'autres?

«En 96, c'était la folie au point de vue de l'organisation avec 100 cyclistes, 80 artistes d'orchestre, Gilbert Montagné qui n'arrêtait plus de chanter et forcément ne voyait pas nos signes... En 97, le petit Bichon était décédé la veille, c'était impossible à faire. Les animateurs pleuraient presque à l'antenne, Yves Duteil a ouvert avec Prendre un enfant par la main.... En 2004, il y a eu une succession de témoignages de malades extraordinaires et courageux. Je pleure encore souvent. On essaye de se durcir, mais on ne s'y fera jamais; quand un ado qu'on a connu décède deux mois avant le Télévie et que les parents acceptent de venir et de revoir les images de leur enfant vivant, je suis admirative. C'est pour cela que je suis parfois dure avec certains artistes qui viennent en stars et ne connaissent pas ces gens qui sont beaucoup plus remarquables qu'eux.»

© La Dernière Heure 2006