Télévision Ce mardi soir, France Télévisions diffusait le documentaire de David Korn-Brzoza "Jeunesses hitlériennes, l'endoctrinement d'une nation"

Un travail de qualité qui a pris deux ans dont six mois d'enquête. "L'objectif de ce film, c'était de comprendre comment des enfants adolescents sont fanatisés par un régime, épousent les désirs de ce régime, suivent Hitler jusqu'à la mort", expliquait-il sur RTL.fr avant la diffusion.

Dans ce film de 90 minutes raconté à travers la voix de Vincent Lindon, le réalisateur a donc retrouvé une dizaine d'anciens membres des Jeunesses hitlériennes qui étaient alors âgés entre 10 et 20 ans. Ces derniers ont accepté de raconter cette période sombre de leur vie. "Ils nous racontent ce que c'est d'aller à l'école sous le IIIe Reich, de se saluer dans la rue avec le bras tendu, de faire des camps de vacances et d'apprendre des chansons antisémites, racistes. C'était ce processus-là, qui au fur et à mesure, comme une sorte de mille feuilles, de couches d'endoctrinement, se superposent pour finalement faire que ces jeunes arrivent à 17 ans et que l'heure est d'aller au combat, ils y vont."

C'est le cas par exemple d'un ancien "Hitlerjugend" qui parle de la fascination qu'avaient les jeunes pour le dictateur nazi. "Quand il parlait on était comme hypnotisés, c'est comme ça que je dirais aujourd'hui. On buvait ses paroles et on croyait tout ce qu'il disait. A l'époque, nous étions des enfants..."

C'est aussi le cas d'Hans Müncheberg, 88 ans, qui raconte dans ce documentaire comment il a été accueilli par des villageois après la capitulation allemande. "Je suis arrivé un soir dans un village, et là un homme avec des cheveux blancs m'a accosté et a dit : 'Eh mon gars, c'est le couvre feu, il ne faut pas que tu te balades dans la rue. Viens chez nous'. Quand je suis entré, j'ai ressenti une grande frayeur car on y parlait pas l'allemand. C'était des Polonais. Ensuite il m'a accompagné dans une chambre."

Hans Müncheberg rentre alors dans la pièce et trouve deux hommes au crâne rasé, avec des vêtements rayés. "Ces deux ex-prisonniers du camp de concentration se sont couchés dans le même lit pour que moi je puisse me reposer dans l'autre, témoigne-t-il en larmes. "Imaginez un peu. (...) Je me retrouve dans un lit, et là, deux prisonniers d'un camp de concentration... Où était la vérité ? Où était le mensonge ? Cette nuit-là, j'ai compris qu'on nous avait menti sur toute la ligne."