Télévision Le prolifique producteur de télévision se lance dans le pari fou du spectacle symphonique OdinO, qui sera au Waterlol.

"Contrairement à ce qu’on pense, OdinO est populaire car c’est participatif, bourré d’humour et archi familial , assure le producteur français de 70 ans qui avait débuté sa carrière dans l’ombre de Claude François. J’ai toujours produit des spectacles où il y avait le père, la mère, les enfants et le grand-père. C’est ce que je cherche et c’est comme cela qu’on réussi d’ailleurs. Sinon, ce sont toujours des niches."

Après Ciel mon mardi, Sans aucun doute ou encore la Star Academy comme directeur, voilà que vous produisez votre 57e spectacle -allant du boys band Alliage aux ballets de Maurice Béjart - avec toujours autant de succès. Quel est le secret de Gérard Louvin?

"C’est Claude Carrière qui disait ça un jour. J’ai un goût de concierge, très populaire. Quand je vois une bonne critique dans Télérama ou Libération , je me dis qu’il y a un souci. Je sais que ça ne marchera pas. Et quand mon concierge ou ma gardienne me demande des places, je sais que cela va marcher. Pour OdinO , elle m’en a demandé deux fois! Ma plus belle réussite reste Roméo et Juliette car je réunissais toute la famille. André Rieu avec les vieux, Dora l’exploratrice avec les enfants et leur maman, Alliage les gonzesses, Maurice Béjart, j’ai élargi son public en mettant du populaire au milieu de ses symphonies. J’aime vulgariser les choses de manière populaire. Car vulgariser, ce n’est pas un gros mot."

Pourquoi n’êtes-vous jamais venu produire des émissions en Belgique?

"On m’a déjà demandé mais ce ne sont pas les mêmes budgets. Entre TF1 et la RTBF, y a pas photo, ça se chiffre en millions.… Maintenant, cela pourrait m’amuser d’être conseiller, je ne suis pas mauvais sur la grille. Un peu comme j’ai fait à TF1 il y a quelques années. J’ai mis en place Money Drop , Baby Boom , The Voice et Danse avec les stars alors qu’il n’en voulait absolument pas. Ils me disaient que la danse ça ne marcherait jamais (sourires) !"

Si vous vous êtes recyclé dans les shows, c’est parce que vous n’avez pas trouvé le concept télé de demain?

"Si j’avais une idée, je ne vous la donnerais pas et je la vendrais (rire) ! Mais, en même temps, je n’en ai pas car il n’y en a pas. La télé est morte aujourd’hui. Plus aucun jeune ne la regarde et les enfants ne sauront même pas ce que c’est. Aujourd’hui, c’est ordinateur et téléphone. Quand je vois un corbillard qui passe dans la rue, pour moi, c’est un téléspectateur qui s’en va. La télé est regardée par les vieux. C’est fini. On dit que Patrick Sébastien ou Michel Drucker, ça marche, mais c’est regardé par les vieux. The Voice arrive encore un peu à réunir…"

Impossible de refaire votre Sacrée soirée aujourd’hui?

"Jamais… Il n’est plus possible de trouver 10 chanteurs jeunes qui peuvent faire de l’audience. Kendji Girac, oui mais après? Stromae ne fait plus rien. À mon époque, on filmait 50 à 60 artistes par mois, comment ferait-on aujourd’hui? Ils jouaient tous le jeu aussi, plus maintenant. On ne peut plus rien faire et surtout pas toucher à la famille. Les artistes ne veulent plus aller dans l’intime. Le succès, avant, c’était quand on pleurait sur un artiste et ils vendaient à mort le lendemain de l’émission. Fini aujourd’hui, l’an 2000, la course au buzz et les réseaux sociaux ont tout changé. Pareil côté animateur. Quand j’ai amené Vincent Lagaff, personne n’y croyait. Mais ça n’existe plus aujourd’hui, les chaînes sont très très frileuses. Hanouna, je l’avais aussi suggéré à TF1 mais ils ont dit non. Ils ne sont plus de créatifs. Avant c’était des clowns, aujourd’hui, ce sont tous des hommes d’affaires."


En savoir plus

OdinO, pop symphonique, le 16 septembre au festival d’humour de Waterloo.

Infos et réservations: waterlol.be ou ticketmaster.be.


"Hanouna est un succès de niche mais un succès"

"Il n’y a pas de canular, c’est un truc de direct qu’on fait tous les soirs. Il est tout sauf homophobe, explique Gérard Louvin qui a été chroniqueur dans Touche pas à mon poste entre 2012 et 2014. Ce n’est pas un méchant garçon. Ce ne serait pas lui, ce serait passé inaperçu. Mais comme il avait déjà fait 2, 3 conneries… Par contre, cette façon d’harceler les chroniqueurs et de les prendre trop à sa merci, moi, c’est ce qui m’a fatigué. Parfois, il va un peu loin. En même temps, quand on attaque un tel ou un tel, il ne se fait pas que des amis. Automatiquement, quand on bosse là, on n’a pas que des amis. Moi y compris. Nonce Paolini (le président-directeur général du groupe TF1, NdlR) m’appelait à chaque fois que je disais un truc sur un animateur."

Gérard Louvin, qui a également déjà produit 16 films, parle toutefois de nivellement par le bas avec ce genre d’émission. "Comme il n’y a plus d’émissions fédératrices, on va vers le bas. Comme lorsque Cyril a joué le jeu avec Delormeau. Matthieu ne lui a jamais dit qu’il était homo et il a fait son coming out en direct. C’était donc devenu la folle de service, explique celui qui sait de quoi il parle vu qu’il vit avec le même homme depuis plus de 40 ans. Je l’ai prévenu d’ailleurs. Le jour où il ne sera plus le pd de service d’Hanouna, ça va faire mal ! Il n’ira plus. Car il s’en est pris plein la gueule et tout le monde lui a dit d’arrêter. Ce n’est pas méchant, c’est juste pour se moquer mais ça va une fois. Après, c’est fatiguant…"

Car comme il insiste si bien : "Touche pas à mon poste fonctionne mais sur 1,3 millions de personnes (TF1 fait 3, 2 millions d’audience à la même heure, NdlR). Il faut donc relativiser un peu, c’est un succès de niche. Ça marche sur les jeunes mais surtout sur un animateur. Le concept, c’est Hanouna, un animateur, pas l’émission. Il n’y a donc pas de concept, c’est lui le talent !"