Télévision

La RTBF traverse une zone de turbulences.

Selon "L’avenir", qui cite des sources anonymes, la RTBF aurait expliqué à la rédaction carolo de la radio que ses mauvaises audiences étaient dues à un “niveau de langage trop élevé”. “Si on doit parler aux barakis, on parlera aux barakis”, aurait-il été signifié aux journalistes. Des propos que conteste fermement la RTBF qui indique que le service public doit s’efforcer de toucher tous les publics.

"Cette phrase (sur les barakis, NdlR.) est mensongère, poursuit Dominique D’Olne, chef des rédactions radio. Le terme venait d’une journaliste de l’équipe, à qui nous avons essayé de faire comprendre, sans reprendre à notre compte ce terme méprisant, que nous avions à parler à tous, des plus humbles aux plus diplômés. "

Parmi les termes judiciaires à bannir, par exemple : « relaxé ». La raison ? Les auditeurs risqueraient de comprendre que la Justice a donné un moment de détente au prévenu (!), poursuit "L'Avenir".

Lors du dernier relevé d'audiences, réalisé par le Centre d'information sur les médias (Cim), Vivacité a en effet perdu sa première place au sein du classement des radios les plus écoutées en partie francophone du pays (au profit de Bel RTL et Radio Contact). Les audiences à Charleroi seraient, par ailleurs, particulièrement mauvaises et largement en deçà de la moyenne de la station.

“L’Avenir” affirme que cette réunion, organisée entre les responsables de l’info et la rédaction régionale, aurait entraîné la démission du chef du bureau carolo, Alain Vaessen. Officiellement, ce dernier aurait souhaité “se réorienter” à la RTBF. Une information que le principal intéressé n'a pas souhaité commenter.

Toutefois, les tensions seraient particulièrement vives en interne, suite notamment à l’arrivée d’Alain Simons, remercié quelques mois plus tôt du giron RTL. "Ceci a été décidée par la direction de la chaîne », reprend le chef des rédactions radio. Elle a pour but « de mieux faire correspondre la matinale de Vivacité Charleroi aux objectifs de Vivacité. [...] Oui, certains journalistes grognent mais laissons notre nouveau collègue arriver et prendre la mesure de sa nouvelle fonction, ça ne se fait pas en quelques jours."

Déjà sous le feu des critiques en raison du remaniement de son offre culturelle, la RTBF confirme qu’une réunion a “bel et bien été tenue” et qu’un réajustement de la ligne éditoriale “est en cours”. “A Charleroi, nous travaillons à renforcer l’adéquation entre ce que produit la rédaction et la couleur éditoriale de VivaCité, indique Dominique D’Olne. Ce genre de réajustement se produit régulièrement dans nos rédactions ; il est l’application de notre stratégie de différenciation de l’offre, à l’antenne depuis 2004, depuis la création de Vivacité. Il y a effectivement quelques tensions internes, comme cela peut arriver dans une rédaction lorsqu’on procède à ce genre de réajustement.