Télévision Le journaliste sportif d’origine portugaise nous livre sa réaction suite à la victoire du Portugal à l’Euro 2016.

Ce dimanche, la boucle de l’Euro 2016 a enfin été bouclée. En finale, les Portugais ont remporté le titre de Champions d’Europe face aux Bleus de Didier Deschamps. Une victoire qui a fait chaud au coeur à Rodrigo Beenkens qui a commenté la rencontre sur La Une.

D’origine portugaise, le journaliste sportif qui s’est efforcé de rester "le plus objectif possible" lors du match - ce qu’il a fait, comme à son habitude, avec beaucoup de professionnalisme -, n’a cependant pas su cacher sa joie à la sortie du stade. "Avec le métier que je fais, il faut faire preuve de pudeur. Si on me demande de parler de mes origines, je le fais avec plaisir mais cela ne peut pas influer sur mon boulot. Je dois être le plus objectif et neutre possible. Mais, il est vrai que, quand je suis sorti du stade et que j’ai vu les 832 messages dont certains venaient de ma famille portugaise, plusieurs souvenirs me sont revenus en tête", confie Rodrigo Beenkens qui ajoute : "Ma mère, qui est décédée, aurait eu 90 ans ce vendredi. Elle aurait été contente de voir cette victoire. J’ai repensé à tout ça et j’ai eu des frissons."

Qu’avez-vous pensé de ce match ?

"L’histoire de ce match est vraiment belle. Il est évident que le côté dramaturgique a donné une tout autre couleur à ce match. Beaucoup pensaient que ce match était joué d’avance, que la France allait l’emporter. On a pourtant eu des surprises. Cette rencontre est devenue un théâtre. Voir les larmes de souffrance de Cristiano Ronaldo nous ramène à de toutes autres valeurs qui dépassent le talent. On parle ici de solidarité, d’orgueil aussi. Cela fait treize ans que Cristiano Ronaldo tient l’équipe du Portugal à lui tout seul. Le voir sortir du match a dû être dur pour ses coéquipiers. Et, pourtant, ils ont continué, ne se sont pas laissés abattre et sont restés solidaires. Les Belges, quant à eux, devraient penser à méditer ce point…"

Lors de la finale, vous parliez également de ce que vous appelez la théorie des 3 F. Pouvez-vous nous expliquer de quoi il s’agit ?

"Au Portugal, il y a trois choses très importantes : Fatima, car le peuple portugais est très croyant, le fado qui est un genre musical portugais dont j’avoue ne pas être fan (rires), et, finalement, le football ! Ce sport est une institution au Portugal. Tout le monde le regarde, en parle : enfants, parents et grands-parents. C’est bien simple, un match diffusé à la télévision portugaise rencontre 90 à 95 % de parts de marché. C’est hallucinant."

Vous rendiez-vous souvent au Portugal pendant votre enfance ?

"Oui, chaque été on partait au Portugal passer deux mois de vacances. Je revoyais ma famille qui est, encore aujourd’hui, très soudée et mes amis. J’y ai de très bons souvenirs. Les Portugais sont des gens chaleureux. Aujourd’hui, j’y retourne de temps en temps pour des réunions de famille ou des mariages. Et, j’aime toujours autant m’y rendre."