RTBF et RTL: comment ils ont vécu la guerre

Propos recueillis par Frédéric Seront Publié le - Mis à jour le

Télévision François De Brigode et Laurent Haulotte étaient sur le pont pour le début de l'offensive contre l'Irak

BRUXELLES Depuis jeudi, les chaînes de télévision nous bombardent d'éditions spéciales sur le déclenchement de la guerre. François De Brigode, pour la RTBF, et Laurent Haulotte, pour RTL-TVi, ont accepté de répondre à nos questions.

Comment avez-vous vécu le début de l'offensive?

François De Brigode: «J'ai été averti en pleine nuit par téléphone de la première attaque. Dès le matin, on a commencé à préparer les éditions du soir. A l'arrivée, cela fait une journée de 15 h! On en ressort satisfait d'avoir réalisé un travail efficace avec l'ensemble de la rédaction. Mais, en même temps, après une journée aussi électrique, il est difficile de déconnecter. Impossible d'aller dormir tôt!»

Laurent Haulotte: «Mercredi soir, j'avais animé la soirée de foot. J'ai finalement décidé de ne pas rentrer chez moi et d'attendre à RTL la fin de l'ultimatum. Après 2 h du matin, le temps passant, on s'est dit que ça n'allait pas être pour cette nuit. Vers 3 h 20, je me suis assoupi... et peu après j'apprenais que les premiers raids commençaient. Huit minutes plus tard, j'étais à l'antenne! Après une heure d'émission, on a arrêté, pour reprendre vers 5 h 45. On est alors resté près de 3 h non-stop en direct. C'est dur lorsqu'on n'a pas dormi, mais en même temps c'est très exaltant. Lorsque j'ai arrêté vers 8 h 30, j'étais sur les genoux. J'ai failli tourner de l'oeil!»

Quelle est la spécificité de votre chaîne dans le traitement de la guerre en Irak?

François De Brigode: «On a décidé de privilégier les faits, l'info pure, les événements qui se déroulent en direct, mais en essayant à chaque fois d'y apporter une analyse. On table aussi énormément sur les directs avec nos correspondants sur place.»

Laurent Haulotte: «On voulait être les premiers à l'antenne et on l'a été! Tout avait été préparé pour réagir au quart de tour. Il y a aussi le souci de bonne compréhension, car les événements sont complexes. On a donc invité des consultants et on leur a permis d'appuyer leurs arguments avec des cartes graphiques, ce qui permet de visualiser ce qui se passe.»

Avec la multiplication des éditions spéciales, vous ne craignez pas de vous répéter? Il y a aussi un risque d'overdose pour les spectateurs...

François De Brigode: «Le risque existe, c'est sûr. A nous de l'éviter. Pour les différentes éditions que j'ai présentées entre 18 h 30 et 20 h 15, on a essayé d'avoir à chaque fois des approches différentes. Qui plus est, dès que j'ai senti qu'un nouveau bombardement commençait sur Bagdad, on a mis le paquet sur les images et l'actualité immédiate. A mes yeux, j'ai présenté trois éditions différentes!»

Laurent Haulotte: «Je ne pense pas qu'il y ait d'overdose. C'est un événement historique, les gens sont demandeurs. Le matin, c'est clair qu'on repasse plusieurs fois les mêmes reportages. Mais le public qui nous regarde à 7 h n'est pas le même qu'à 8h. Et le soir, les moyens sont suffisants pour ne pas se répéter.»

Peut-on parler de guerre de l'info entre RTL et la RTBF?

François De Brigode: «Ma logique à moi, c'est d'informer les téléspectateurs le mieux possible! Je n'ai pas le temps d'avoir un oeil sur ce qui se fait à côté. Je me concentre sur mon JT. Maintenant, à côté de ça, je suis évidemment très content des résultats qu'on a enregistrés jeudi. Même si RTL est arrivée en tête, l'écart n'est pas très grand et la RTBF a gagné des spectateurs là où RTL en a perdu!»

Laurent Haulotte: «Je ne parlerais pas de guerre de l'info. C'est vrai que la chaîne à une vocation d'être leader. Et on n'a pas failli à notre mission. On est notamment très satisfait du score du JT de 22 h 30, qui a cartonné. Mais, pour le reste, je ne travaille pas en fonction de ce que fait la RTBF. J'agis en essayant de satisfaire au mieux les gens qui nous regarder.»


L'édito de Miguel Tasso. Langage de guerre

Pour meubler les nombreuses éditions spéciales consacrées à la guerre en Irak, la plupart des chaînes de télévision font appel à des consultants, spécialistes autorisés dans l'analyse des combats.

Leur mission est d'expliquer, au départ d'un studio et devant de grandes cartes géographiques, la réalité du terrain et, si possible, de prévoir l'évolution des combats.Ils jouent, en quelque sorte, le rôle des consultants de football lors des grandes compétitions. Il est symptomatique de constater, d'ailleurs, que le vocabulaire est sensiblement le même. A l'instar de l'entraîneur, le général parle, pêle-mêle, de statégie offensive ou défensive, de quadrillage du terrain, d'attaques par les ailes, de contre-attaques par les flancs, de tirs, de réservistes, de divisions, d'espionnage, de bataille aérienne et de manoeuvres tactiques!

La comparaison s'arrête, toutefois, là. Car si, en foot, la réalité du match se charge, très vite, de révéler au grand jour ses secrets, il en va tout autrement lors d'une guerre, fût-elle hyper-médiatisée. Allez-y, vous, décrypter le vrai du faux, l'info de l'intox, le vérifié du supposé dans ce flot d'images dont on ne maîtrise pas toujours l'origine.

Dans un monde où la télévision est à ce point essentielle, il serait peut-être opportun, à l'avenir, d'apporter quelques modifications afin de soigner la qualité des retransmissions.

Pourquoi ne pas obliger les belligérants à combattre de jour ou, pour le moins, à éclairer leur terrain d'action? Cela permettrait aux réalisateurs de placer leurs caméras aux endroits stratégiques et d'utiliser les ralentis !

Pourquoi ne pas demander aux acteurs de porter des dossarts fluorescents afin de mieux les reconnaître et d'éviter l'usage de sosies? Pourquoi ne pas obliger les meilleurs tireurs du jour à passer devant les micros sîtôt rentrés au camp de base? Pourquoi, enfin, ne pas installer des mini-caméras à bord des missiles, comme cela se fait en F 1, afin de permettre aux téléspectateurs de vivre l'événement de l'intérieur?

Tout cela mériterait une réunion d'urgence à l'Onu, pas vrai? Il y aurait même, peut-être, une unanimité à l'heure du vote...

Propos recueillis par Frédéric Seront

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