Télévision Vous avez élu Sabrina Jacobs présentatrice météo de l’année ! Rencontre privilégiée avec celle qui a fait d’un rendez-vous - "dîner avec les téléspectateurs" - quasiment une tradition…

Si Sabrina Jacobs nous fixe rendez-vous le long de la digue de Blankenberge, ce n’est pas pour profiter des quelques rares rayons du soleil, en plein hiver. Mais parce que cette station balnéaire est très chère à son cœur. La Miss Météo préférée des Belges, euh! pardon, "présentatrice météo" - "l’époque évolue… Je trouve ça limite un peu misogyne le terme Miss. Ça m’étonnerait qu’on dise Mister Météo !" nous fait-elle remarquer - y a construit de magnifiques souvenirs d’enfance. "C’était un peu la plage des Bruxellois. Dès l’âge de 6 ans, je passais le mois d’août à Blankenberge. On allait toujours sur la même plage, au même endroit. D’année en année, je retrouvais la même bande de copains. On était 7 enfants du même âge et on a grandi ensemble, chaque été là-bas, jusqu’à l’adolescence. On avait nos activités récurrentes, comme l’anniversaire d’une d’entre nous : on organisait alors un spectacle sur le sable, on fabriquait des costumes en papier crépon… On était les kings de Blankenberge ! (rires) Avec certains de la bande, on se voit d’ailleurs toujours."

À l’époque, Sabrina Jacobs aurait même pu rencontrer, sur cette plage de Blankenberge, son futur collègue de météo, David Dehenauw ! "La vie est incroyable", nous confie-t-elle . "Au moment où j’ai commencé la présentation de la météo sur RTL, David commençait, lui, son métier de prévisionniste à l’IRM. C’est là que je l’ai alors rencontré, en décembre 1998, lors de mes formations. Il m’a alors dit qu’il était de Blankenberge ! Nous sommes devenus très copains. Et quand on eu a besoin, il y a quelques années, de recruter un nouveau présentateur météo à à RTL, j’ai pensé à lui !" (David est aussi le présentateur vedette de VTM, NdlR)

Vous semblez très attachée aux traditions…

"Oui je le suis. Je suis la garante des traditions dans ma famille ! J’aime bien les choses récurrentes dans l’année. J’essaie de transmettre ces traditions à mes enfants. C’est ce qui restera après. Je ne suis pas la vieille rombière qui dit que c’était mieux avant. On peut simplement perpétuer les traditions tout en les faisant évoluer. C’est important de savoir d’où on vient."

Vous continuez de passer vos vacances à Blankenberge dès lors ?

"Je continue d’y aller souvent, il y a des rendez-vous que je ne manque pas, comme la fête du Corso Fleuri, c’est un moment privilégié. Aujourd’hui, j’ai une partie de ma famille qui vit à l’année à Blankenberge. Je n’attends donc pas qu’il fasse beau pour y aller, parfois même pour une journée."

Vous avez été élue au début de l’année Présentatrice météo préférée des Belges, sur notre site www.dh.be. Vous retrouvez à la météo, c’est une tradition pour les téléspectateurs, depuis plus de 18 ans !

"Je suis vraiment très reconnaissante. Je le sens quand je rencontre les gens : avec les années, une connivence s’est installée entre nous. J’ai l’habitude de dire que ça fait presque 20 ans que je dîne avec eux le soir ! Le bulletin météo, c’est un moment privilégié. Et la météo est un sujet très concernant. Je fais ce métier aussi parce que j’aime les gens. Déjà enfant, j’étais comme ça, très sociable, j’allais vers les autres. On ne se refait pas ! (rires) On ne peut pas mentir sur 20 ans. Et si on n’est pas prêt à partager avec les gens, il ne faut pas faire ce métier !"

Vous vous souvenez de votre premier bulletin météo ? C’était le 31 décembre 1998, pas n’importe quel jour donc…

"Oui, je m’en souviens très bien ! Malgré les préparations, j’étais quand même lâchée. En plus du stress normal, j’avais le stress du timing : je devais tomber pile poil dans les temps avant le décompte de fin d’année. Après le direct, je suis rentrée chez mes parents qui m’avaient regardée et je me suis écroulée… Je n’ai quasiment pas réveillonné !"

Et vous avez tout de suite accroché ?

"Je faisais déjà de la météo à la radio et oui, ça me plaisait ! La météo avait acquis ses lettres de noblesse mais depuis, on a fait un sacré bond en avant ! Aujourd’hui, la météo, c’est de l’info à part entière. Je suis devenue coordinatrice du service météo à RTL et je travaille depuis sur le développement, la forme de tout ce qui est mis sur antenne. En ans, il a fallu mettre en place tout ce qui est vigilance orange, rouge, les niveaux de danger,… Et il faut savoir qu’à RTL, ce sont les présentateurs météo qui créent graphiquement la carte météo qui sera montrée à l’antenne."

Pour une carrière, à l’instar de Catherine Laborde ou d’Evelyne Dhéliat jusqu’à plus de 60 ans aux commandes de la météo, vous signez tout de suite ?

"Il se trouve que je connais très bien Evelyne, c’est une copine. Mais je pense qu’elle a commencé la météo juste un peu avant moi. J’ai toujours dit que la météo, c’est le fil rouge de ma carrière. J’ai eu la chance de pouvoir faire d’autres choses sur le côté ( La main à la patte, Face à face ou encore Clé sur porte qui est en ce moment arrêté en vue de retravailler le format, NdlR) tout en continuant de la présenter. Ce qui fait que je n’ai jamais eu l’impression de tourner en rond toutes ces années ! Si j’avais voulu arrêter la météo, ce n’est pas le manque de travail sur le côté qui aurait donc pu m’en empêcher. Tout simplement, je veux continuer !"


Caroline Dossogne: "La météo, ça conserve !"

Elle a travaillé peu de temps avec Jules Metz, l’inoubliable Monsieur Météo, de la RTBF en particulier, et des Belges en général. Caroline Dossogne est arrivée, un peu par hasard, sur le service public en octobre 1991, deux mois avant le départ de Jules. "C’est justement parce qu’il partait que la RTBF se cherchait de nouveaux présentateurs météo. Tout comme lui, deux autres personnes qui travaillaient déjà avec lui venaient de l’Armée. Ils avaient dès lors décidé d’ouvrir un peu le panel. Tout en recherchant des profils un peu scientifiques." L’annonce a donc été accrochée aux valves de l’université où Caroline terminait sa licence en biologie. "On était deux. On a passé le casting, suivi la formation et aussi appris à bien parler à la télévision", se souvient Caroline.

La voilà alors propulsée à la présentation du tout nouveau bulletin météo de la mi-journée. "C’était en direct… La RTBF commençait à lancer son JT de 13 heures, avec Françoise Palange. Et j’ai fait la première météo juste avant !"

Vous aviez fait des études de biologie. Et voilà plus de 25 ans que vous présentez la météo et vous arrivez 3e de notre sondage (ex aequo avec Tatiana Silva)…

"Ça fait un petit bout de temps que je suis là. Au début, c’était d’abord pour faire la météo de façon ponctuelle, à 13 heures, les week-ends. Et puis, quand Jules est parti, j’ai commencé aussi à présenter la météo le soir. J’ai quand même enseigné la biologie en même temps, pendant 6 ans."

Pendant vos études en biologie, on imagine que vous ne pensiez pas devenir présentatrice météo ?

"Je ne m’imaginais pas là, non ! Mes études en sciences, je les faisais parce que j’aimais profondément cette matière. D’ailleurs, je ne comprenais pas qu’on ne puisse pas aimer la biologie ! (rires) Enseigner, ça m’a vraiment plu d’ailleurs. Mais à un moment donné, j’ai fait une pause carrière car j’ai eu des petits bouts. Il m’a fallu choisir entre les deux métiers."

Aujourd’hui, qu’est-ce que vous plaît toujours dans le fait de présenter la météo ? Ce petit côté scientifique ?

"J’aime le fait qu’il faut utiliser les mots exacts, corrects. Être rigoureuse tout en étant dans la vulgarisation. Être compréhensible par tous. Il y a ce côté transmission aussi qu’on retrouve dans l’enseignement."

On n’a pas l’impression que 25 ans se sont écoulés depuis votre première météo quand même…

"C’est pour ça que je reste à la météo, ça conserve !" (rires)

Votre façon de présenter la météo a-t-elle changé au cours des années ?

"J’imagine que oui, même si, moi, je ne l’ai pas remarqué !"

Mais vous restez vous-même à l’antenne ?

"Je suis quand même un peu dans un rôle. Mes proches savent que je ne suis pas tout à fait comme ça… Rien qu’au niveau vestimentaire ! (sourire) Mais je reste quand même moi-même, je ne triche pas, je ne suis pas une comédienne."

Quand vous croisez les téléspectateurs en rue, que vous disent-ils le plus souvent ?

"Ce sont toujours des gentillesses mais souvent, ils me parlent de tics de langage. Par exemple, je disais souvent en fin de météo : je vous retrouve juste après . J’ai changé et j’ai dit je vous retrouve plus tard. Et on m’a interpellé là-dessus en disant : oh! je préférais quand vous disiez juste après ! C’est le programme qui fait ça."

On vous connaît très peu, vous faites attention à ne pas apparaître trop dans les médias. Pourquoi ?

"J’ai dans le passé déjà fait des photos chez moi, avec mes enfants. Mais, après, je me suis rendu compte que ce n’était pas pour moi, je ne voyais pas l’intérêt de me dévoiler comme ça. Quand j’ai vu les photos de ma famille dans le magazine, ça m’a dérangée."

En 25 ans de carrière, on a dû vous proposer d’autres émissions, non ?

"Oui, mais j’ai refusé. Je n’ai jamais cherché à présenter d’autres émissions. Ce qui me plaît à la télé, c’est justement de présenter la météo. A priori, quelque chose de scientifique me plairait… mais on ne m’a jamais proposé quelque chose dans ce domaine-là qui me plairait."


Prepeliuc: "une carrière comme celle de catherine laborde, ça fait rêver !"

C’est la première fois, en quatre ans à la présentation de la météo sur RTL, que Daniela Prepeliuc rencontre son interlocuteur quotidien, Georges. Elle a tenu à nous le présenter, lui, l’un des hommes de l’ombre qui font la pluie et le beau temps pour les Belges (lire ci-contre). Il est l’un des 18 prévisionnistes de l’IRM (l’Institut royal météorologique), avec lequel RTL travaille au jour le jour pour délivrer ses bulletins météo (lire ci-contre). "Le plus beau des compliments, c’est quand on me dit : quand je regarde tes météos, je sais quel temps il va faire mais surtout, j’apprends des choses. Présenter la météo, c’est un lien privilégié avec les téléspectateurs, en un programme de 3 minutes 30," nous glisse Daniela Prepeliuc. Élue 2e présentatrice météo préférée des Belges (sondage dh.be), la souriante journaliste a aussi été adoptée par les téléspectateurs français. Un parcours et un avenir qui ne peuvent que la rendre heureuse.

La météo a toujours été le rendez-vous familial par excellence. Peut-être encore davantage aujourd’hui, avec les bouleversements climatiques ?

"Oui. Effectivement, il y a un avant et un après Cop 21. Avant, quand il faisait beau, mes potes me disaient : c’est génial, il fait beau ! Aujourd’hui, on me demande : c’est le réchauffement climatique, qu’est-ce qui se passe ? Les gens se posent des questions, on a pris conscience des grands enjeux environnementaux qui se jouent. C’est notre rôle aussi d’expliquer tout ça aux téléspectateurs, que des phénomènes peuvent être plus forts, comme l’augmentation de température ou la force des inondations. En quatre ans, j’ai dit je ne sais combien de fois le mot record. Et ça, c’est inquiétant !"

La météo, c’est une matière qui vous intéressait, avant de commencer à la présenter, d’abord sur Bel RTL ?

"J’étais un peu fascinée par la façon dont le présentateur expliquait des choses que tu ne comprenais pas, comme les masses d’air etc... J’ai toujours été intéressée par la science. Et la météo est un petit domaine dans lequel il y a beaucoup de choses à développer. Et sur RTL, on demande de plus en plus souvent au présentateur météo de venir en plateau pour expliquer l’un ou l’autre phénomène."

Vous êtes arrivée un peu par hasard à la météo ?

"C’est vrai que pendant mes études de journalisme, je ne me suis pas dit : je veux être présentatrice météo. Je voulais faire du journalisme de terrain. Et les portes se sont ouvertes de manière différente…"

Mais vous faites aussi du reportage de terrain, depuis quelques mois, sur la 1re chaîne d’info française, BFMTV…

(sourire) "Exactement. Sur BFM, les choses sont différentes puisque c’est une chaîne d’info en continu, on a des rendez-vous météo toutes les demi-heures et si la météo le nécessite, on sort pour être là où le phénomène se passe, pour l’illustrer."

Un rendez-vous plus long, dédié à différents phénomènes météorologiques - comme le fait la RTBF avec Quel temps ! - ne serait-il pas la bienvenue sur RTL ?

"Personnellement, j’adorerais ce genre d’émission. En France, il y a énormément. Le monde de Jamy , par exemple, sur France 3, dans laquelle on revient sur des phénomènes météorologiques, c’est typiquement le genre d’émission que j’aimerais faire. Je lance des appels si les directeurs de RTL me lisent, pourquoi pas !" (rires)

Vous êtes-vous inspirée de l’une ou l’autre présentatrice météo ?

"J’en ai rencontré beaucoup, mais je n’ai pas vraiment de modèle. En revanche, j’adore regarder ce qui se fait en France, surtout sur France 2. Ils sont très pointus, ils ont bien évolué."

Catherine Laborde a fait récemment ses adieux à la météo… Vous l’aviez rencontrée récemment…

"Oui, et elle était charmante ! Elle nous disait à nous plus jeunes présentateurs : vous êtes la jeune génération, l’avenir de la météo. Et ça nous avait beaucoup touchés ! Une carrière comme la sienne, ça fait rêver. Sincèrement, je n’ai pas envie d’arrêter la météo mais plutôt de m’inscrire dans la longueur. J’adore faire ça. Je ne dis pas que je n’ai pas envie d’autres projets, mais je veux continuer la présentation de la météo."

Vous êtes belge et vous avez aussi une carrière en France. C’est une fierté d’être journaliste sur la première chaîne d’infos française ?

"Oui bien sûr. C’est valorisant qu’on soit venu me chercher à iTélé (autre chaîne d’info française) . Ils ont été très vite à la pointe du journalisme météo. Ça m’apporte plus d’aisance, on ne sait pas de quoi les journées seront faites… Il m’est arrivé de tenir 5 heures pour parler d’une avalanche par exemple !"

Pour autant, vous n’avez pas l’intention de vous installer en France…

"Ce n’est pas un objectif en soi. Pour tout vous dire, en septembre, on m’avait proposé un CDI sur une chaîne française. J’ai refusé parce que ma vie est en Belgique. Je ne vais pas en France pour m’établir là. J’y vais parce que ça me permet de m’enrichir. Ce train de vie entre Paris et Bruxelles est parfait pour moi !"

Votre fiancé (Quentin Warlop, journaliste de la RTBF) est ici aussi. Et vous êtes en pleins préparatifs de mariage, non ?

"Franchement, tout va naturellement, c’est cool. On se dit que ça va être une année remplie d’émotions car on a beaucoup de nos proches qui se marient aussi. Cela va être beaucoup de festivités durant l’été !"

Vous avez 32 ans : vous menez aujourd’hui la vie dont vous rêviez ?

"J’avais juste envie de m’épanouir dans ce que je fais et de continuer à profiter de la vie : me rendre compte chaque matin que j’ai de la chance d’être en bonne santé et d’avoir mes proches autour de moi. Et de faire du journalisme télé, comme je l’ai toujours voulu."