Télévision Mais ce n’est pas le cas pour André Torrent, 71 ans, dont 50 d’une carrière bien remplie (la première Valise, c’était lui !), que les Belges ont revu sur RTL-TVI dernièrement…

Et tout à coup, le revoilà, assis autour de la table de De quoi je me mêle. C’était il y a quelques jours à peine. La voix d’André Torrent s’est tue, à l’été 2015, sur les ondes de la mythique RTL. Mais ce n’est pas pour autant que ce grand homme de radio - et aussi de télé (Chanson à la carte sur la RTB de l’époque, notamment) n’a plus rien à dire…" J’ai reçu un coup de fil de Christian De Paepe alors que j’étais dans le métro parisien. Il m’a demandé si on avait tourné, à l’époque de RTL Luxembourg, des vidéos de Dalida. Puis, il m’a demandé de venir faire l’émission à l’occasion de la sortie du biopic de Dalida."

Et voilà André Torrent devenu chroniqueur exceptionnel. Un peu contraint de faire des allers-retours Paris-Bruxelles, sans oublier ses escapades chez lui, dans le bassin d’Arcachon, d’où il bavarde avec nous. "Mais je n’y ai pas pris mes quartiers permanents. Ce n’est pas un mouroir, mais une abdication. Là, on ne fait rien. Et quand on ne fait rien, on attend la mort. C’est triste,"nous dit la première - et toujours assurée - voix de la fameuse ValiseRTL.

Car c’est bien André Torrent, qui, le 15 août 1974, offrait le pactole à un auditeur. "C’est un concept qui venait des États-Unis. Moi j’ai pensé à la valise noir et blanc des films des années 50. Quand on a offert la première valise à ce couple de retraités de la RATP, on avait rempli un attaché-case de billets de 10 francs."

À cette époque, les grands noms du répertoire français et de la télévision se cotoyaient, en presque toute simplicité. "On était plutôt des collègues de bureau en fait. Puis, les liens se distendaient en fonction des obligations des uns et des autres. Depuis que j’ai refait quelques petites émissions, j’ai deux chanteurs qui m’ont envoyé un petit mot en me disant : Ça fait longtemps qu’on ne s’est pas vu ! C’est comme ça. Ce n’est pas une caricature du show-business, c’est juste humain. Vous disparaissez un peu des radars, eh bien, on vous oublie, on ne pense plus à vous." André Torrent, le Belge de naissance (Tollebeeck est son vrai nom) retrouve donc, à 71 ans, les plateaux télé. Est-ce que ça lui manquait ? "Mon équilibre de vie idéal, ça a été la radio et la télé. Quand j’ai dû quitter la radio (RTL France), je l’ai dit : ‘Le président a pris une décision que j’aurais été incapable de prendre’. Le tapis rouge m’a été déroulé… peut-être dans le sens de la sortie, mais il a été déroulé ! Parce que moi je suis fait pour mourir à l’antenne !"

Pas de retraite donc pour vous ?

"Moi je pense que les emmerdements de la vie font partie de la vie. Si on n’a pas d’emmerdes, y’a pas moment de repos où on est très heureux. Moi j’ai toujours été très heureux des départs en vacances en juillet, mais ça ne se méritait que si la saison avait été bonne ! D’autant plus que les métiers de télé, de radio, de spectacle sont des métiers choisis et non subis. Je pense qu’on peut avoir raison de travailler à 60 ans avec un métier qu’on a supporté pendant 40 ans sans plaisir. Mais faire une émission de télé, on ne peut pas dire que ce soit désagréable."


"Le disque de reprises de Pokora ? Je n’aime pas trop, mais…"

Claude François était son témoin de mariage. Frédéric François est toujours l’un de ses proches amis.

"Il ne faut jamais dire c’était mieux avant. C’était juste différent." Oui mais quand même, André Torrent, en 1974, Claude François était votre témoin de mariage ! "C’était une vraie amitié. Le mariage, c’était pas quelque chose qui le passionnait. Et il a accepté d’être mon témoin car il a compris qu’il n’y aurait pas tous les chanteurs du Hit Parade (l’une des émissions phare que présentait André Torrent) dans la mairie. Qu’il y aurait lui en tant qu’être humain. Et il y a eu ce cadeau qu’il m’a fait et qui n’a pas de prix : il a enregistré su r Le téléphone pleure , André dans quelques heures tu ne seras plus seul ."

André Torrent réfute cependant toute nostalgie. Il faut savoir vivre avec son temps. Mais il souligne tout de même : "On se demande parfois pourquoi il n’y a plus de chanteurs qui ont une telle créativité, une telle fraîcheur. Des chanteurs qui nous rendent heureux aux premières notes. Aujourd’hui, les chanteurs étalent leurs états d’âme qui n’intéressent qu’eux. Ils se prennent la tête !" Alors que d’autres préfèrent ressusciter des vieux tubes (ou leurs interprètes). Mais ces chanteurs-là reçoivent, eux, plus ou moins l’approbation d’André Torrent. "Aujourd’hui, il y a plein de disques hommage chantés par la jeune génération. Je ne trouve pas ça très très bon… Si je veux voir et entendre Jacques Brel, je préfère le voir en noir et blanc sur de vieilles images filmées à l’Olympia. Le disque de reprises de Pokora (de Claude François) je n’aime pas trop, franchement. Mais Pokora est extraordinaire sur scène, il a une très belle gestuelle. Et je pense que son spectacle My way Pokora sera une réussite comme Claude ne peut plus être sur scène. Quand aux hologrammes (De Cloclo, Dalida, Mike Brant,…) dans le spectacle Hit Parade, ils ont très bien fait ça, vraiment !"

De ces belles années, l’homme de télé et de radio a conservé de belles amitiés. Il est resté "proche de Philippe Chatel, un ami de presque 40 ans, nous dit-il. De Dave aussi, parce que je trouve qu’il a un talent fou et une mauvaise foi énorme et un humour dévastateur. Sylvie Vartan, Françoise Hardy, Sheila parce que ce sont des filles pour qui j’ai une grande admiration, tout comme Annie Cordy et Line Renaud. Et puis, il y a Frédéric François. Quand je veux l’appeler, en général je passe par son épouse tellement il est occupé ! (rire) On s’est encore vu dernièrement à Paris lui et moi. C’est l’artiste que je vois le plus souvent."