Télévision À la rentrée, RTL-TVi sera la dernière chaîne d’Europe à mettre sur antenne des speakerines… Dont une toute nouvelle.

Il y a quelques jours, la VRT annonçait que sa rentrée se ferait sans speakerines. Ses programmes seraient désormais annoncés par des voix off. Comme partout ailleurs sur les chaînes européennes. Partout, sauf sur RTL. Car si le métier de femme-tronc - bien plus que ça aujourd’hui - a fini par disparaître ces 20 dernières années (en 1993 sur la RTBF, en 1992 en France et en… 2012 en Suisse), la chaîne privée belge compte sur ces belles jeunes femmes, tout en empathie et en sourire, pour convaincre le téléspectateur de leur rester fidèle. Emilie Dupuis (lire ci-contre) en est un bel exemple aujourd’hui. Sophie Pendeville, elle, devrait bientôt faire partie de la longue liste de speakerines passées à autre chose.

En effet, comme nous vous l’annoncions en exclusivité il y a quelques jours, la présentatrice (vue dans Go for Zéro, I Comme et bientôt Wouf) sera appelée sur d’autres émissions à la rentrée, toujours sur RTL. Mais chut, pour l’heure, la chaîne privée ne dévoile aucun de ses plans. Par contre, Sophie Pendeville devra être remplacée. On sait que la Miss Belgique 2012, Laura Beyne, a passé le casting et qu’elle est bien partie pour devenir la première speakerine de couleur en Belgique. D’autres candidates au titre ont également posé leur candidature, comme Caroline Van Hoye, Miss Bruxelles 2015.

Mais de là à dire que le métier de speakerine repose sur le physique, d’anciennes figures emblématiques contesteront. Evelyne Leclercq, rencontrée au récent festival de la télévision de Monte-Carlo nous disait récemment : "Ce n’est pas du tout un métier ringard ! Jamais de la vie ! La speakerine a été ringardisée par les intellectuels, mais c’est un vrai métier. On improvisait, on apprenait par cœur. On avait 10 à 15 interventions par jour, en direct. On était des stars ! Comme j’en parlais avec votre compatriote Emilie (Dupuis), la speakerine apporte de l’humanité, un lien. C’est ce qui tend à manquer le plus à notre époque."

Sabine Mathus a, elle, débuté en mars 1988 comme speakerine sur RTL. Le sourire intact, près de 30 ans plus tard, elle n’a pas abandonné la télé et prépare pour BeTV une émission consacrée au golf - qu’elle présentera si le projet est mis sur pied. C’est avec plaisir qu’elle se souvient de cette époque. "Dans ma tête de femme de plus de 50 ans, je continue à penser que ce serait triste de voir disparaître le métier de speakerine. Pour le téléspectateur, ça installe un dialogue, et puis pour le regard c’est agréable. Je sais qu’il faut tenir compte que l’évolution de la télé mais bon…"

Que Sabine Mathus et la majorité des téléspectateurs se rassurent : sur RTL, la speakerine semble encore avoir de l’avenir !


Emilie Dupuis: "Ce n’est pas un métier de potiche, ni de robot !"

Sa première sur antenne, le 12 janvier 2011, elle s’en souvient comme si c’était hier. "Mon casting pour devenir speakerine sur RTL, ça fera 5 ans en septembre que je l’ai passé. Je me souviens de chaque minute. Je me revois attendre à la réception, prendre l’ascenseur. J’avais peur mais surtout j’étais impressionnée… Et j’ai commencé 4 mois plus tard."

Comme Emilie Dupuis se veut tout à fait honnête, elle nous avoue qu’il ne s’agissait alors pas vraiment de son premier casting. "Après l’élection de Miss Belgique 2006 - où elle est arrivée 2e dauphine, NdlR - RTL avait organisé un casting pour trouver de nouvelles speakerines. Je m’étais inscrite à Miss Belgique parce que je voulais être repérée par la télé. J’ai passé le casting et ils m’ont fait comprendre que ce n’était pas bon. J’étais en pleurs. Pour moi, c’était mon rêve de petite fille de présenter à la télé qui s’effondrait."

Persuadée que les choses arrivent au bon moment, Emilie s’envolera aux États-Unis, avant de se représenter, à 24 ans, à un nouveau casting de RTL qui cette fois lui offrira sa place de speakerine.

Qu’elle chérit encore aujourd’hui. "Avec tout ce que j’entends autour de moi, je me dis que je suis peut-être une des dernières speakerines dans le monde ! Mais ce serait bien que de nouvelles têtes apparaissent. Quoi qu’on dise, c’est la meilleure des écoles ! C’est par là que sont passées Sandrine Corman ou Sandrine Dans ! Retirer des speakerines, ce serait enlever la proximité avec le public."

Ne parlez donc pas de potiche à cette belle blonde aux grands yeux bleus, elle verrait rouge. "Ce n’est absolument pas un métier de potiche. Ça demande au contraire pas mal de compétences. On est en direct, on prépare nous-même notre texte, on n’a pas de prompteur. Il faut pouvoir varier nos interventions. Ça a l’air répétitif mais pas du tout, on n’est pas des robots ! Et bien sûr, on doit être souriante."

Voilà la définition de la parfaite speakerine. "Bien sûr il faut être télégénique. Mais il faut aussi une sacrée dose de charisme, il faut se démarquer des autres. On ne peut pas avoir deux speakerines identiques à l’antenne !" conclut Emilie qui ne se lasse pas de ce contact privilégié avec le téléspectateur.