Télévision

Stéphane Rosenblatt fêtera le 1er juillet ses 25 ans à RTL. Il a déjà soufflé les bougies hier en notre compagnie…

BRUXELLES Un quart de siècle ! À 50 ans, Stéphane Rosenblatt a passé la moitié de sa vie (et presque la totalité de sa carrière professionnelle) à RTL. Engagé comme reporter le 1er juillet 1985, il a connu l’époque des pionniers avant de gravir les échelons : rédacteur en chef de Bel RTL en 1991, directeur des rédactions en 1993, directeur des programmes de TVi en 2003 et aujourd’hui patron de la télé ! Une carrière en forme ascendante et qui ne devrait pas chuter de sitôt au vu des résultats d’audiences de RTL-TVi. Alors, bien sûr, en 25 ans, il a perdu quelques cheveux. Mais, ce qui est resté intact, c’est son enthousiasme et sa passion.

Comment avez-vous débuté ?

“J’ai fait partie de la première génération de journalistes entrés à RTL sans passer par Luxembourg ! Le journal belge existait depuis deux ans. J’ai été engagé par Jean-Charles De Keyser et Eddy De Wilde. Quand je suis arrivé, tout était à créer, à inventer.”

Vous avez ensuite été correspondant à Paris…

“Oui. C’était exaltant car il fallait créer le bureau parisien de RTL. Je suis arrivé et il n’y avait rien à part un téléphone. Je n’avais même pas de cameraman.”

Quelle période avez-vous préféré durant ces 25 ans ?

“Il n’y en a pas une qui m’ait plu davantage qu’une autre. Mais j’avoue qu’humainement, la création de Bel RTL garde une place particulière parce que mon fils est né deux jours avant !”

Comment expliquez-vous que RTL soit arrivée à supplanter à ce point la RTBF dans l’info ?

“Par l’approche qu’on a eue. Face à un journal qui était alors très institutionnel, on a proposé un JT proche des gens, qui n’a pas peur de parler de faits divers ou des problèmes quotidiens. C’était révolutionnaire. Cette notion de proximité n’existait pas avant.”

Quel fait d’actualité vous a marqué plus particulièrement ?

“Il y a bien sûr eu l’affaire Dutroux. Mes filles jumelles sont nées à Noël 96. Dans les mois qui ont suivi, c’était la commission Dutroux. C’est à partir de là qu’on a pris le leadership de façon durable face à la RTBF. Ensuite, il y a eu l’évasion de Dutroux. Quand on vous annonce une nouvelle pareille, vous avez 30 secondes pour y croire et puis 30 secondes pour agir. Si vous prenez la mauvaise décision, vous risquez un plantage qui vous poursuivra des années.”

Il y a eu aussi le 11 septembre, qui a marqué un autre tournant dans la guerre de l’info…

“Effectivement. Non seulement ils ont été les derniers à prendre l’antenne là où on avait été les premiers, mais à 20 h 30… ils ont diffusé un documentaire animalier ! Un mois plus tard, la RTBF a connu un autre fiasco, le jour de la faillite de la Sabena. Alors qu’on avait une édition spéciale depuis 18 h 30, eux lançaient une nouvelle émission, le Bus des régions, en direct de la centrale… de Tihange. On les a battus largement ce jour-là sur un sujet social belge, qui était censé être leur bastion…”

Niveau moyens, la bataille est pourtant démesurée avec la RTBF…

“Oui, mais les moyens étouffent aussi la créativité. À RTL, même si on est leader, on continue à penser en challenger, en se demandant chaque jour comment faire pour être meilleur que l’armada d’en face sans avoir ses moyens.”

Vous dirigez aussi la télé. C’est vous qui avez flairé avant tout le monde le boom des séries. Contrairement à d’autres patrons, vous êtes un vrai téléphage !

“Oui. Ma famille me le reproche suffisamment. Tout petit, j’ai eu une télé dans ma chambre à une époque où les autres enfants n’en avaient pas. Aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours voulu faire ce métier. Et je remercie RTL d’avoir pu en exercer toutes les facettes !”



© La Dernière Heure 2010