Télévision Stéphane Rosenblatt, directeur de la télévision à RTL-TVI, fait le bilan de 2017.

De grands succès, des belles surprises et des échecs, Stéphane Rosenblatt, directeur des programmes de RTL-TVI, fait le bilan de l’année. Pour ses trente ans, et malgré la crise qu’elle traverse, la chaîne privée ne se porte pas trop mal au niveau des chiffres. " C’est la meilleure année en termes d’audiences depuis dix ans. Ce qui est très important car on est face à la nouvelle concurrence de TF1 ", commence Stéphane Rosenblatt qui met en évidence les bonnes audiences des rendez-vous d’information (hommage à Johnny Hallyday, etc.), les gros succès de l’année comme Mariés au premier regard avec près de 550.000 téléspectateurs (" L’intention est d’avoir une deuxième saison " nous explique-t-il), ou encore L’Amour est dans le pré qui, malgré la baisse d’audience, reste leader sur sa tranche. " L’année dernière, on a battu tous les records. Les audiences de cette année sont encore élevées, de 35 à 40 % de part de marché. Au niveau du divertissement, on est à peu près les seuls aujourd’hui à proposer une telle diversité de programmes. "

Certains divertissements ont toutefois moins bien fonctionné comme Nouvelle Star, par exemple…

"C’est l’exception qui confirme la règle. On revenait aux fondamentaux, en remettant Nouvelle Star sur RTL. C’était une façon de rajeunir notre public. Mais, il est clair que ce n’était pas à la hauteur de nos espérances. On l’aurait mis sur Plug RTL, ça aurait été au-dessus de la moyenne de la chaîne."

Une première série belge, Adèle, série belge produite par Everlasting Films, débarquera bientôt sur RTL-TVI…

"C’est une série qui n’arrivera pas chez nous avant la rentrée 2018 après une diffusion sur BeTV. Il serait difficile de devoir financer la totalité de la série. Nous n’avons, je le rappelle, pas d’accès au fonds séries dont bénéficie la RTBF. Imaginez-vous si on avait financé 100 % de la série Unité 42 pour nos chaînes. Avec les audiences que la série a réalisées sur la RTBF, on aurait eu de gros problèmes."

De retour en radio, Sandrine Corman se fait toutefois rare à la télévision. Pourquoi ?

"C’est le côté face de la pièce. On a la chance d’avoir une équipe formidable de présentateurs face à des habitudes de consommation télé qui évoluent aussi. Utiliser des présentateurs de manière quotidienne comme dans De quoi je me mêle ! est plus rare. On dépend plus des événementielles. On ne demande qu’à avoir des projets qui mettent Sandrine à l’antenne."

Du côté de l’offre sportive, ça se corse un peu…

"Aujourd’hui, on ne peut pas encore faire de commentaire de notre côté car l’octroi du contrat Champions League et Europa League n’a pas encore officiellement été attribué par l‘UEFA. On a de bons espoirs car vous savez à quel point la Champions League est notre priorité. Ce serait une grosse perte si on ne l’avait pas. On espère en tout cas la garder. De manière générale, une chaîne ne peut plus revendiquer d’avoir toute l’offre foot. On n’est pas les seuls, on doit faire des choix. Je tiens toutefois à souligner que les Diables Rouges reviendront avec la National League à la rentrée 2018."

RTL traverse une période de crise. Comment gérez-vous cela en interne avec votre personnel ?

"On est dans une période compliquée qui est anxiogène pour le personnel de RTL et qui prend du temps. On est toujours dans la phase de discussion, d’interrogation avec le personnel. Mais, ce qui est paradoxal, c’est que, malgré cette période difficile, nous avons la meilleure année niveau audiences depuis dix ans. Ça illustre la qualité de la maison RTL et la formidable passion qui l’anime. Avec l’arrivée de TF1, on est contraint à procéder à une transformation. Mais, on a fait un choix difficile et ambitieux, celui de rester un acteur puissant, générateur de contenu et créatif dans le marché. On ne veut pas simplement devenir un agrégateur de contenus uniquement faits par d’autres. C’est un choix qui nous oblige à modifier les processus de production mais l’objectif est de dégager des marges de manœuvre pour assurer la rentabilité à long terme et dégager les moyens qui nous permettent d’investir dans nos contenus et donner des perspectives d’avenir aux personnes de la maison."