Télévision En collaboration avec l’ambassade de Chine et les Grottes de Han, Tanguy Dumortier a suivi la réintroduction des chevaux de Przewalski en terre sauvage chinoise.

" Les responsables du parc animalier du domaine des Grottes de Han, Étienne et Anthony, sont vraiment des amis", explique l’animateur du Jardin extraordinaire au sujet de ces deux Belges qui ont participé à la réintroduction dans son milieu du dernier équidé sauvage de la planète. "Ce qui nous intéresse pour l’émission, ce ne sont pas les animaux qu’ils montrent au grand public mais bien le travail qu’ils font derrière pour aider à la reproduction et à la réintroduction des animaux (comme les visons, etc.). Je savais qu’ils avaient des chevaux de Przewalski dans leur domaine de 200 hectares et qu’ils voulaient essayer d’en réintroduire en Chine ou en Mongolie."

Le reportage de Tanguy Dumortier au cœur des steppes de la région autonome du Xinjiang (qui fait 1/6e du territoire de la Chine et comprend le célèbre K2, le deuxième plus haut sommet du monde après l’Everest) s’est concrétisé lorsque l’ambassadeur de Chine est venu à Han pour envoyer des chevaux vers la station de quarantaine du zoo de Prague. C’est là, en République tchèque et sous protocole vétérinaire chinois, que convergent les animaux sélectionnés par le programme d’élevage des chevaux de Przewalski. "Pour eux, c’est quasiment le retour du panda", constate Tanguy Dumortier. "La Chine prête des pandas à la Belgique et la Belgique a reproduit des chevaux de Przewalski et les renvoie dans leur pays d’origine. Mais j’ignorais qu’ils étaient aussi importants à leurs yeux. Ils disent d’ailleurs des chevaux de Przewalski qu’il s’agit d’animaux encore plus précieux que le panda."

De fait, cette espèce sauvage - dont les combats sont impressionnants - a disparu à l’état sauvage en Chine, en raison de l’activité de l’homme. "Quand l’espèce a disparu là-bas, les seuls individus restants étaient en Europe. Mais ils n’étaient plus à l’état sauvage", précise le journaliste. "Comme aux Grottes de Han qui tiennent à les présenter au grand public. Sauf que là, tout est surveillé. On connaît leur ADN, on sait si ce sont de bons reproducteurs ou pas, etc. Traditionnellement, ce programme se fait en République tchèque car ils ont plus de moyens."

2.000 individus pour assurer la survie de l’espèce

"La particularité du cheval de Przewalski est qu’il n’a jamais été monté par l’homme ou qu’on ne lui a jamais fait tirer une charrette", souligne Tanguy Dumortier. "Tous les autres chevaux ont, à un moment donné, été dans cette filière humaine, que ce soit pour l’agriculture ou pour être montés. L’espèce a failli s’éteindre car elle était chassée et capturée par l’homme." D’où cette coopération internationale pour réparer les erreurs du passé. Depuis le début du programme, plus d’une centaine de chevaux ont été remis en liberté. Mais l’objectif est d’atteindre au moins 2.000 individus pour assurer la survie de l’espèce. Le cheval de Przewalski serait une belle carte de visite pour la Belgique en Chine, à l’instar des pandas à Pairi Daiza.

"On est allés en Chine pour montrer un bon côté de leur pays, on n’a donc pas eu de soucis au niveau du tournage là-bas", conclut l’animateur du Jardin extraordinaire, qui partira bientôt en Italie pour un sujet sur les volcans. "On nous a même ouvert les portes. Et on a vraiment bien ri. On avait juste un interprète mais, après deux heures, on se marrait et on buvait déjà des coups ! On s’attendait à un univers austère et très sérieux mais, finalement, on a très vite été sur la même longueur d’onde."


>>> Le Jardin extraordinaire : Chevaux de Przewalski, retour en terre sauvage, ce dimanche 22 avril, à 20 h 20 sur La Une. Et bientôt sur TV5 Monde et CCTV (la chaîne française en Chine).