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. Pourquoi le Herald of free enterprise a coulé

ZEEBRUGGE Le 6 mars prochain, il y aura exactement vingt ans qu'à un kilomètre du port de Zeebrugge, un ferry, le Herald of free enterprise, a coulé. Sur 459 personnes à bord, il y eut 193 morts dont vingt-huit membres d'équipage.

Ce dimanche, l'émission Docs de choc présentera un document de la BBC expliquant ce naufrage. Des rescapés racontent que, soixante secondes avant le basculement du bateau, il y eut une première secousse énorme et des cris parmi les passagers. Puis, tout s'est calmé. On a cru à une fausse alerte. En fait, 200.000 tonnes d'eau s'étaient introduites par les portes de garages à véhicules, portes restées ouvertes.

Le film suit particulièrement un couple venu en Belgique célébrer un anniversaire de mariage. Leur fille et son boy friend étaient aussi à bord. Mais ils s'étaient séparés.

Si bien qu'après la tragédie, en se retrouvant à l'hôpital, sur deux lits voisins, le mari et l'épouse ne savaient pas si leur fille était encore vivante. Une caméra de télévision était là quand, plusieurs heures plus tard, ils ont appris la bonne nouvelle. Theresa, leur fille, était sauvée.

Notamment grâce à des images de synthèse, l'autre partie du film est consacrée aux causes de cette catastrophe qui fut, pour la marine britannique, la plus meurtrière depuis le naufrage du Titanic, en 1912.

Bien sûr, si les portes du bateau avaient été fermées, le malheur ne se serait pas produit. Mais il arrivait souvent que des ferrys quittent le port toutes portes ouvertes. Au reste, cela permettait de dégager les gaz d'échappement des véhicules montés à bord. Parfois même, des bateaux ont fait toute la traversée portes ouvertes.

De toute façon, en principe, ces portes se trouvaient à quatre mètres au-dessus du niveau de la mer. Ce qui, par temps calme, comme ce 6 mars, était largement suffisant.

Sauf que le Herald of free enterprise était commis habituellement à la traversée Calais-Douvres et qu'à Zeebrugge il a rencontré des circonstances autres qu'à Calais. Le port d'embarquement y est beaucoup plus bas. Il a fallu charger les ballasts d'eau afin de faire descendre le bateau. En outre, à Zeebrugge, le Herald prenait la mer à très faible profondeur, ce qui provoqua une pression plus forte sur sa coque. Et lorsque, pour rattraper un retard de cinq minutes, le capitaine ordonna la vitesse maximale de 18 noeuds, l'accélération provoqua un mouvement d'eau, une espèce de grosse vague qui s'engouffra dans les garages et déséquilibra le ferry.



© La Dernière Heure 2007