Télévision Vincent Cerutti n’est pas forcément l’animateur que l’on croit. Pour un nouveau jeu d’aventure familial, il se dévoile à nous : tendre papa et homme de télé en quête d’authenticité.

Cela lui va bien, l’aventure : allure décontractée, chemise colorée légèrement ouverte sur le torse et peau dorée par le soleil. Le sourire est là, plus éclatant que jamais chez un Vincent Cerutti heureux. "J’ai vécu une expérience incomparable. Dans le top 3 de mes expériences télé ", nous dit-il en évoquant cette nouvelle émission d’aventure familiale qui démarre ce samedi sur Gulli. Pas de pompes bien cirées ni de costume trois-pièces. "Cette tenue, dans Safari Go !, c’est celle que je porte tous les jours. " On est en Afrique du Sud, bien loin donc des énormes émissions de divertissement de TF1 ( Sosie or not sosie, Danse avec les stars… ) dans lesquelles l’animateur de 36 ans, désormais jeune papa, s’est dévoilé - mais pas complètement - au grand public.

Aujourd’hui, le détail qui fera que vous irez davantage vers une émission plutôt qu’une autre ?

"La véracité. L’important pour moi est d’être de plus en plus moi, d’être le Vincent que je suis dans la vie, à la radio, avec ma femme, mes amis. J’ai besoin, non pas de me justifier sur qui je suis, mais j’ai envie de passer de la phase où on me reconnaît à la phase où on me connaît. Dans cette émission, Safari Go ! , je pense que le téléspectateur me voit différemment. Et aujourd’hui, sur tous les projets que l’on va me proposer, je vais effectivement privilégier ça : le fait qu’on ne me prenne pas pour ma tronche de gendre idéal - c’est pas moi qui le dis, c’est ce que l’on me dit en général (un peu gêné, Ndlr) - mais pour mon humeur, mon humour, ma répartie et puis, pour ma passion pour les gens. Parce que j’aime les gens… on a presque l’impression de devoir s’excuser quand on dit ça tellement l’expression est galvaudée !"

Cela veut dire que le Vincent Cerutti qu’on a vu pendant des années en prime-time sur TF1 n’était pas vraiment vous ?

"C’est une très, très bonne question. Le problème c’est que, quand je suis arrivé sur TF1, des grands messieurs comme Foucault ou Gérard Louvin m’ont dit : "Excuse-toi d’être là" . C’est-à-dire que quand on entre dans le foyer de 6-7 millions de téléspectateurs, et qu’on ne nous connaît pas, c’est comme quand on va boire l’apéro chez ses beaux-parents pour la première fois : on ne met pas ses pieds sur la table ! D’ailleurs on ne le fait en général pas du tout d’ailleurs ! (rires) Donc il fallait y aller tout doucement. Et en même temps, c’était en direct Danse avec les stars. Il fallait du rythme et ,surtout quand on présente un programme comme ça, on est au service d’un concept. J’étais là pour tenir la promesse du programme, mais pas pour faire mon numéro. Je faisais ce que l’on me demandait. Visiblement je le faisais plutôt bien, puisque l’on a fait cinq saisons. Alors oui, on a vu le vrai Vincent, mais le Vincent plus technique. Si j’avais dû me mettre des notes comme à Danse avec les stars, je me serais mis 8 en technique et 4 en artistique ! (rires)

Danse avec les stars vous manque ?

"C’est incontestable. Ce serait mentir que de vous dire le contraire. Certains ont parlé de frustration, c’est fort et négatif. Relativisons, ça ne reste que de la télé ! J’ai énormément encore de tendresse pour ce programme, et pas que pour le prime, pour toute la tournée aussi. Moi, je voulais plus me rapprocher d’une animation vivante. Mais il y avait un cahier des charges à respecter… et je ne vais certainement pas cracher dans la soupe."

Vous faites vos premiers pas au cinéma, comme doublure d’un personnage du film d’animation Baby Boss

"Ce n’est pas le premier rôle du film, mais je me suis éclaté ! Les animateurs disent souvent qu’ils sont des comédiens ratés. On présente des émissions parce que l’on ne peut pas jouer le rôle de notre vie au cinéma ! (rires) Mais je ne désespère pas… cela demande du travail de pouvoir jouer un jour dans une série ou un film. On ne s’improvise pas comédien du jour au lendemain ! Même si notre métier est souvent de la comédie, ce n’est pas la même chose."

Un ancien de Bel RTL !

Pour l’instant, le contrat d’exclusivité qui lie Vincent Cerutti à TF1 ne lui permet pas de jouer l’électron libre. Pour Gulli et Safari Go !, exception a été faite. S’il ne peut pas animer sur d’autres chaînes françaises, rien ne l’empêche cependant de franchir les frontières et, pourquoi pas, d’un jour revenir animer chez nous ? Vincent sourit alors à l’évocation de la Belgique. D’excellents souvenirs lui reviennent en mémoire… "J’ai travaillé sur Bel RTL à l’époque où je commentais les courses automobiles sur AB Moteurs, je venais alors sur le circuit de Spa Francorchamps. À force, l’ancien patron de Bel RTL m’a proposé de faire deux semaines de remplacement sur ses antennes. Et de deux semaines, je suis resté plusieurs mois ! Je me suis éclaté. Je crois que j’avais été accepté par les auditeurs belges parce que je me souviens, j’avais dit : "Je ne suis pas le Français donneur de leçons qui va venir vous expliquer comment fonctionne la vie !" Je pense que ça avait bien plu cette franchise !" (sourire) Je connais l’image que les Français peuvent avoir chez vous…" Il serait bien resté plus longtemps chez nous, Vincent Cerutti. Ce n’est que partie remise ? "Pour le coup, si on lance un appel ? Un jeu sur RTL-TVI, ce serait canon !"

Un papa "raide dingue" de sa "Pitchoune"

Quand Vincent Cerutti a débarqué en pleine savane, pour arbitrer les aventures de 6 familles (les parents et leurs deux enfants), il venait d’être papa, depuis un mois, nous glisse-t-il. "Et c’était très touchant pour moi d’être au contact des enfantsLe fait d’être devenu papa a tout changé. À la fois sur ma vision du métier, d’homme, sur le regard que je porte sur l’éducation que m’ont donnée mes parents. L’arrivée du bébé dans notre vie a tout changé."

Aujourd’hui, Vincent fourmille de projets avec sa compagne, Hapsatou Sy, elle aussi animatrice. "C’est évident que j’adorerais travailler avec Hapsatou. Là on écrit, on échange des idées. Mais il faut prendre le temps. Déjà, parce qu’on est jeune… et en même temps, on a déjà notre expérience. On peut travailler hors antenne aussi, on n’est pas obligé de présenter." Mais pas de plan sur la comète, telle est sa philosophie. "Je ne fais pas de plan de carrière car c’est le meilleur moyen d’être déçu !"