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Yves Bigot, ancien directeur des programmes à la RTBF, est un vrai enfant du rock

BRUXELLES Ancien joueur de foot, ex-directeur des programmes de France 2 et de la RTBF et aujourd’hui d’Endemol (vous savez, cette boîte monstrueuse qui produit Secret Story , La Ferme des célébrités et la Star Academy  ?), c’est peu dire qu’Yves Bigot est un homme touche-à-tout. Mais sa passion première, c’est le rock. Dans Plus célèbres que le Christ, Vol.2 , c’est avec ses tripes que ce journaliste musical mélomane de Dylan, de Sprinsgsteen et de Tom Waits raconte ses rencontres. “En vrai”.

Le premier tome ne vous a pas suffi. Aviez-vous prévu le coup ?

“Pas du tout. Je savais que j’avais réalisé plus d’interviews que celles publiées dans le premier tome, mais je ne parvenais simplement pas à remettre la main dessus. Et c’est là que les aléas de ma vie personnelle entrent en piste : je suis retombé, dans les arcanes d’un rangement chanceux, sur une flopée de cassettes avec des enregistrements. D’autres, ont été consignées sur des sites Internet gérés par de vrais passionnés. Mis bout à bout, j’avais la matière pour me lancer dans un Volume 2 qui ne soit pas le parent pauvre du premier…”

C’est peu dire : Elton John, Johnny Cash, Tina Turner, Brian Eno, AC/DC,… Vous êtes fier d’avoir rencontré ces icônes ?

“Non. Enfin si, mais ce n’est pas la démarche. Mon but n’est pas d’étaler mes connaissances…”

Pourquoi le rock ?

“Bonne question. Inexplicable. Tout ce dont je me souviens c’est que j’avais 10 ans lorsque j’ai entendu pour la première fois Girl, des Beatles. J’étais fichu.”

Votre secret, lorsqu’on rencontre ces gens totalement à part ?

“Il n’y a pas de secret. Les meilleures interviews sont celles où, grâce à un accident heureux, l’artiste sort de ses rails, quitte le pilote automatique. Ça peut être une femme de ménage qui fait irruption dans la pièce et que Rod Stewart reluque, ou un coup de fil. Ou lorsque j’interviewe Franck Zappa, alors qu’il est couché sur sa table de massage…”

La rencontre la plus laborieuse ?

“Lou Reed. Une sacrée tête de cochon. Lorsque je l’ai rencontré, un projo était tombé sur scène, alors qu’il n’y était même pas. Il a cru à une tentative de meurtre. Complètement parano. Essayez de l’asticoter, après ça…”

Il y a un devoir de mémoire, dans ce bouquin ?

“Je n’ai pas cette prétention. Mais je me souviens d’un soir, à Tour & Taxis. Une jeune femme écervelée criait à sa mère, au téléphone, qu’elle était en train d’assister au concert d’un chanteur fabuleux. Sauf que le chanteur, c’était Tracy Chapman. Comme quoi, on n’est jamais trop célèbre…”



Interview > Alexis Carantonis

Yves Bigot, Plus célèbres que le Christ, Vol.2 (Flammarion)





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