Les charges pour antisémitisme abandonnées contre Dieudonné

M. L. Publié le - Mis à jour le

Exclusif
Show-biz

Le procureur du Roi Julie Feld a abandonné les charges pour propos antisémites retenus contre Dieudonné M’bala M’bala lors de son passage à Bruxelles en mai 2012 dernier. Pour mémoire, le spectacle de l’humoriste français avait été interrompu par la police bruxelloise : une centaine de policiers et une autopompe avaient dépêches sur place. Deux procès-verbaux avaient été rédigés dans la foulée, stipulant que Dieudonné avait proféré des propos antisémites lors de son show. D’après ces PV, Dieudonné aurait également fait un salut nazi…

“C’est une belle victoire pour Dieudonné, qui n’est plus poursuivi pénalement”, affirme l’avocat Sébastien Courtoy, épaulé par Maître Henri Laquay dans ce dossier. “C’est la preuve que le dossier était totalement creux. Qu’il ne reposait sur rien. Ils ont perdu sur toute la ligne.” Détail piquant : “C’est le procureur Julie Feld (naguère avocate du centre pour l’égalité des chances) qui s’était saisi du dossier. Elle est aujourd’hui obligée d’abandonner les poursuites”, commente le ténor du barreau de Bruxelles. 

Les deux conseils de Dieudonné vont désormais envoyer une requête afin d’obtenir des devoirs complémentaires sur les contradictions dans les versions livrées par les personnes entendues par le Comité P, “dont l’enquête semble aller dans notre sens”. À savoir : le bourgmestre de la Ville de Bruxelles Freddy Thielemans, son chef de cabinet et le commissaire en charge de l’évacuation de la salle accueillant le spectacle (Le Fiesta Club). “Quelques années auparavant, Dieudonné devait faire une scène à Saint-Josse. La commune voulait faire interdire le spectacle mais le Conseil d’Etat avait recalé la décision de la commune”, rappelle Sébastien Courtoy. “La décision du procureur du Roi prouve que la Ville de Bruxelles a usé d’arguments fallacieux pour tenter d’interdire le spectacle du Fiesta Club par la force : les propos antisémites et d’éventuels problèmes de sécurité.” L’affaire n’est néanmoins pas close. La plainte déposée par Dieudonné M’bala M’bala quelques jours après l’interruption de son spectacle pour attentat aux droits et liberté d’expression, association de malfaiteurs, coalition de fonctionnaires, usage illégitime de violence et menaces avec ordre ou sous condition court toujours. Sont visés les membres du corps de police de la zone Bruxelles-Capitale-Ixelles intervenus le 9 mai 2012, le commissaire de police en charge de l’opération, toutes autres personnes ou autorités hiérarchiques ayant donné l’ordre d’intervenir et le manager du Fiesta Club.

Publicité clickBoxBanner