Brabant Wallon André Antoine tire à boulets orange sur l’actuelle majorité PS-MR

Au moment de présenter les têtes de liste CDH aux élections provinciales (DH de samedi), l’homme fort des humanistes en Brabant wallon, André Antoine, a tenu des propos acérés à destination de l’actuelle majorité PS-MR. "On est en deuil d’un véritable débat au sein du conseil provincial, confie le bourgmestre en titre de Perwez. Le conseil provincial est vidé de sa substance. Il suffit de regarder les ordres du jour pour s’en convaincre."

Le président du parlement wallon affirme qu’il est désormais venu l’heure du CDH en Brabant wallon. "Le CDH est le parti le plus indispensable au niveau de la province. Pour une raison très simple : nous n’avons jamais été au pouvoir donc nous ne pouvons être tenus responsables d’aucun des mauvais choix posés mais, de surcroît, si nous n’étions pas là, il n’y aurait plus de débats, plus de démocratie. Voter CDH, c’est voter démocrate."

Selon André Antoine, la province du Brabant wallon serait "à un moment crucial de son existence. Beaucoup souhaitent sa disparition. Et si elle ne change pas, elle est appelée à disparaître. Cette institution n’a de sens que si elle répond aux besoins de la population et si elle est légitime. Il faut mettre un terme aux dérives que nous avons pu observer ces dernières années".

Et la récente sortie du président du MR brabançon, Jean-Paul Walh (DH de vendredi), sur une éventuelle nouvelle fusion des communes a apporté du grain à moudre aux diatribes de l’élu humaniste. "Depuis la fusion des communes en 1977, les communes ont investi dans des infrastructures. Elles ont toutes une maison communale, un centre sportif, parfois même un centre culturel et elles ont toutes beaucoup investi dans des infrastructures scolaires. Que va-t-on faire avec tous ces investissements ? Va-t-on les rationaliser, les fermer alors que certaines d’entre elles sont loin d’être payées ?"

Antoine admet que Jean-Paul Wahl pointe un vrai problème lorsqu’il évoque les difficultés financières des petites communes. "Mais il n’identifie pas les causes. Or, le tax-shift que son parti a porté constitue une perte de 38 millions pour le BW. Le risque est grand que les communes, privées de recettes, taxent davantage leurs citoyens pour obtenir les recettes dont le fédéral les a privées."

À cela s’ajoutent des coûts supplémentaires pour la zone de secours et les zones de police ou encore l’exclusion de chômeurs qui sont tombés sous le CPAS et donc à charge des communes… "Les problèmes financiers des communes ne viennent pas de leur gestion mais du transfert des dépenses du fédéral vers des communes. La fusion n’est pas la réponse à la restriction."

Enfin, André Antoine renvoie Jean-Paul Wahl dans les cordes lorsqu’il s’agit d’évoquer la supracommunalité. "Wahl indique qu’il y a un défaut de supracommunalité. Il admet ainsi que la supracommunalité prônée par la Province - et donc son parti - depuis six ans est un échec. La Province a additionné des points communaux sans imaginer une réelle politique transversale de supracommunalité."