Brabant Wallon Des tapis, pneus, vélos et coffres-forts ont été extirpés de la Dyle depuis dimanche.

Les Wavriens qui sont passés le long de la Dyle, à l’avenue des Princes, ont sans doute été intrigués par l’étrange ballet qui se déroulait sous leurs yeux, dans le lit même de la rivière. De lundi à mardi, une dizaine d’amoureux de l’environnement ont revêtu des cuissardes pour aller repêcher un à un les déchets qui stagnaient au fond de la rivière.

Après trois jours, leur butin est particulièrement impressionnant : pneus, vélos, coffres-forts, tapis, pare-chocs de voitures et même un impressionnant os d’une cinquantaine de centimètres. "Beaucoup de gens pensent que ce sont des objets charriés lors d’inondations, commente Ann-Laure Furnelle. Ils n’ont pas tort. Oui, beaucoup ont été charriés par les eaux. Mais après avoir été jetés volontairement dans la Dyle. Ce sont autant de déchets qui nuisent à l’écoulement des eaux et peuvent provoquer des inondations."

Il y a quelques années, la Grézienne avait été sensibilisée par un reportage sur les méfaits du plastique et de l’aluminium sur l’environnement. Elle avait ensuite décidé de mettre les pieds dans l’eau pour nettoyer les rivières et cours d’eau. "Je voulais améliorer l’état des mers et des océans puisqu’au final, tout s’y retrouve, confie-t-elle. Mais je me suis fait une raison : je ne les sauverai pas toute seule. Alors autant déjà soigner nos rivières. Quand j’arrive sur un chantier, je suis très attristée de voir ce qui se retrouve dans l’eau. Mais je suis aussi très heureuse quand je vois ce que je peux en sortir. Oui, la qualité de l’eau s’améliore. Elle est plus transparente et les poissons reviennent car les eaux usées n’y sont plus rejetées. Mais cela ne veut pas dire que les cours d’eau ne sont plus pollués. Les déchets lourds y stagnent toujours. Quand j’ai commencé à nettoyer les rivières, personne ne savait ce qu’il s’y trouvait. Aujourd’hui, on commence seulement à ouvrir les yeux."

Ann-Laure Furnelle passe désormais ses journées à retirer bouteilles, batteries et autres sacs plastiques des ruisseaux. "Mais ce que l’on retrouve désormais le plus, ce sont les lingettes hygiéniques. C’est un véritable fléau. On en retire par centaines. Par méconnaissance ou je-m’en-foutisme, beaucoup de femmes les jettent dans leurs toilettes. Elles finissent par boucher les égouts et sont repoussées dans les rivières lors des gros orages quand les soupapes de sécurité des égouts s’ouvrent."

Depuis quelques semaines, le Contrat de rivière Dyle Gette (CRDG) a débloqué un budget pour rémunérer Ann-Laure lors de ses chantiers. Mais cela ne suffira sans doute pas pour que les rivières soient rapidement plus propres. Selon Jean-Marie Tricot, directeur du CRDG, il faudrait 93 ans à Ann-Laure Furnelle pour nettoyer les 1.000 km dont le CRDG a la gestion.

La Grézienne espère avoir l’aide de bénévoles lors de ses prochains chantiers. De même, certaines entreprises seront démarchées par l’ASBL Aer Aqua Terra pour effectuer des team-building sous forme de nettoyages des rivières. "Au début, les bénévoles rechignent un peu. Mais ils sont toujours très fiers de voir le travail accompli. Chacun à son échelle peut rendre les rivières plus propres. Il suffit de mettre son pied à l’étrier."

Hier, l’échevin de l’Environnement de Wavre, Luc Gillard, s’est dit "impressionné par la quantité de déchets récupérés". Le chantier de nettoyage de la Dyle pourrait déboucher sur une nouvelle campagne de sensibilisation sur le respect des cours d’eau dans les prochaines semaines.

© natelhoff

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