Brabant Wallon Le BW est l’une des provinces les plus touchées par la criminalité informatique

Depuis l’apparition d’Internet et des nouvelles technologies, les escrocs en tout genre ont déplacé leur terrain de chasse vers le monde virtuel. Leurs proies : des personnes sensibles auxquelles ils peuvent faire croire qu’elles ont hérité de toute la fortune d’un magnat du pétrole en Syldavie ou qu’elles ont gagné le gros lot d’une loterie sri- lankaise à laquelle elles n’ont jamais joué.

Des arnaques bien connues aujourd’hui, mais qui continuent de faire des dizaines de victimes chaque année. Les personnes contactées tombent dans le panneau, donnent leurs informations bancaires à leur interlocuteur et se font ensuite débiter de sommes allant jusqu’à plusieurs milliers d’euros.

Depuis quelques mois, une nouvelle technique a fait son apparition : celle dite du Digipass. En bref, des individus se font passer pour des membres de la Commission européenne, du SPF Finances, de Proximus, d’une banque ou même de Test-Achats. Prétextant un dédommagement financier en faveur de la future victime, ils parviennent, en quelques minutes seulement, à vider son compte en banque après en avoir reçu les codes Digipass.

L’an dernier, 79 plaintes ont ainsi été déposées en Brabant wallon, l’une des provinces les plus touchées par le phénomène. "Mais ce nombre ne tient pas compte des gens n’ayant pas déposé plainte ou de ceux qui ne se sont pas rendus compte qu’ils avaient été arnaqués", précise Muriel Marchand, pour la police fédérale.

Laquelle précise que, malgré les difficultés à tracer les flux d’argent qui passent souvent par des pays peu transparents en la matière, les auteurs ont été localisés dans des pays qui ne pratiquent pas l’extradition de leurs ressortissants. Résultat : difficile de faire arrêter les malfrats. "Des accords sont toutefois en train d’être finalisés pour poursuivre les auteurs dans leur pays, non pas pour les arnaques, mais pour du blanchiment d’argent."

Aujourd’hui, la police fédérale et le gouverneur du Brabant wallon Gilles Mahieu se sont associés pour lancer une campagne de prévention à l’égard des victimes. Les personnes âgées sont principalement ciblées. "En moyenne, plus de 80 % des victimes ont plus de 60 ans, déplore Muriel Marchand. Elles ne prennent souvent pas le temps de la réflexion et agissent dans l’impulsivité après avoir été mises en confiance."

Les seniors seraient d’autant plus à risques que, selon la Computer Crime Unit, ils sont des cibles particulières. "Les auteurs s’adressent à des agences de marketing pour obtenir des bases de données de personnes âgées, explique Olivier Bogaert. Ils construisent alors des scénarios très élaborés pour mettre en confiance leurs cibles et récupérer leurs codes."

Et le commissaire Bogaert de conclure : "Il faut toujours prendre le temps de la réflexion. Et se poser, par exemple, la question de savoir pourquoi la banque demande des informations bancaires alors qu’elle est censée les connaître. Et jamais on n’a besoin de donner des codes Digipass pour recevoir un remboursement."