Brabant Wallon L’hiver aura été fatal à près de 60 % des ruches en Brabant wallon

Depuis quelques années, les apiculteurs de Belgique lancent un cri d’alarme : chaque année, ils constatent une augmentation de la mortalité chez leurs abeilles. Et le Brabant wallon n’est pas épargné. Près de 60 % des colonies auraient été décimées durant le dernier hiver, selon les chiffres de la fédération des apiculteurs du Brabant wallon. "En temps normal, on ne devrait déplorer que 10 % de pertes, précise Agnès Beulens, apicultrice à Braine-le-Château et présidente de la fédération brabançonne. Cela dépend de la force de la colonie, de la quantité de nourriture offerte par l’apiculteur pour aider ses abeilles à passer l’hiver. Cette année, j’ai personnellement eu de la chance. Toutes mes ruches se sont réveillées mais ce n’est pas le cas pour tout le monde. En 2012, j’avais par exemple eu 100 % de pertes. Cette année, on estime à 60 % les pertes en BW. C’est excessif."

Principaux responsables : les pesticides et plus particulièrement les néonicotinoïdes dont se servent les agriculteurs pour épandre sur leurs champs. "Les abeilles butinent les fleurs et s’intoxiquent. Elles perdent la mémoire et ensuite le sens de l’orientation. Elles ne retrouvent plus leurs ruches. Et celles qui y arrivent contaminent les autres lorsqu’elles retournent à la ruche. La preuve que les pesticides sont responsables ? Lorsqu’on ouvre les ruches, les abeilles y sont beaucoup moins nombreuses car beaucoup n’ont pas su retrouver leur chemin."

Autre facteur non négligeable : le réchauffement climatique. Désormais, il fait régulièrement plus chaud en octobre et en automne. Les abeilles nées en août, qui auraient dû hiverner dans les ruches jusqu’au printemps, sortent à l’automne car il fait encore chaud. "Non seulement elles s’affaiblissent et n’ont plus la force pour résister jusqu’au printemps, mais en plus, elles cultivent des plantes comme la moutarde semée dans les champs pour servir d’engrais vert. Le problème, c’est que leurs fleurs sont des éponges à pesticides. Les apiculteurs vont devoir s’adapter pour essayer de maintenir les abeilles dans leurs ruches durant l’automne."

L’Europe a récemment fait interdire les néonicotinoïdes mais la Belgique a immédiatement demandé des dérogations pour ses agriculteurs. "C’est à se demander si nos décideurs politiques ont des enfants et des petits-enfants ! peste Agnès Beulens. Les abeilles sont responsables de 80 % de la pollinisation. Et les insectes sont à la base de la chaîne alimentaire. Les pesticides les font disparaître et les oiseaux n’ont plus à manger… On court à la catastrophe. Il est plus que temps de réagir."