Brabant Wallon Leur évacuation par l’InBW générerait un surcoût annuel de près de 100 000 euros.

Si l’intercommunale du Brabant wallon (InBW) a un rôle très important à jouer en matière de développement économique de la Jeune Province, elle y est aussi très active en matière de gestion des déchets. Cela passe par les collectes en porte à porte et la gestion des parcs à conteneurs en passant par la gestion de plus de 800 bulles à verre réparties aux quatre coins de la province.

Autant d’installations qui permettent de recycler le verre usagé mais qui ont aussi leur inconvénient : celui d’attirer les dépôts sauvages. Selon les estimations de l’InBW, ce sont entre 150 et 200 tonnes de dépôts clandestins qui sont ainsi déposées chaque année par des citoyens peu scrupuleux au pied des fameuses bulles vertes.

Leur évacuation entraîne un coût non négligeable : une équipe de quatre hommes a dû être constituée pour nettoyer les sites des bulles à verre et elle passe à raison d’une à trois fois par semaine sur chaque site. Ce qui engendre un coût annuel de 140 000 € auxquels il faut ajouter le coût de traitement des déchets.

Pour limiter ces dépôts clandestins, l’InBW a bien mis en place des campagnes de sensibilisation. Récemment, les abords de certains sites critiques ont été relookés tandis que des agents de l’InBW s’attelaient à conscientiser les usagers à l’intérêt de garder ces sites propres. Mais à peine les dispositifs étaient retirés que les dépôts clandestins recommençaient.

"Il y a un certain paradoxe, confie Étienne Offergeld, responsable du département Déchets à l’InBW. Les gens qui viennent déposer leur verre aux bulles sont conscientisés à la problématique du recyclage mais, dans le même temps, ils abandonnent leurs cartons sur place alors même qu’ils peuvent aussi être recyclés et que l’InBW vient même les chercher devant chez eux. C’est un comportement complètement anachronique que je ne m’explique toujours pas."

Les auteurs des dépôts sauvages au pied des bulles restent très difficiles à identifier, flagrants délits exceptés. Et encore : si un agent de l’InBW constate en direct un dépôt, il ne peut pas verbaliser. Il doit faire appel à l’agent constatateur et lorsque celui-ci arrive, l’auteur des faits a bien souvent pris la poudre d’escampette.

L’une des solutions pour diminuer ces dépôts sauvages passe par le déménagement des sites les plus à risques. "Certains sites sont assez problématiques. Quand ils sont isolés, ils sont plus souvent sujets à des dépôts car il y a moins de contrôle social. Les gens n’ont pas forcément envie qu’on les voit en train de commettre une infraction. On essaie donc de rapprocher les bulles des zones urbaines. Mais il faut trouver un compromis entre ceux qui veulent des bulles à proximité et ceux qui n’en veulent pas devant chez eux."

L’une des solutions déjà mises en place dans certaines communes passe par l’enfouissement des bulles à verre. Moins bruyantes et plus esthétiques, elles seraient aussi moins sujettes aux dégradations et aux dépôts clandestins. "La sensibilisation est nécessaire mais elle ne suffit pas, poursuit Étienne Offergeld. Quand vous avez quatre ou cinq bulles côte à côte, le long d’un talus avec des ronces derrière, c’est plus facile pour y jeter quelque chose. Mais avec les bulles enterrées, dont la partie qui dépasse est plus étroite, on a moins ce souci. Plus l’aménagement est sophistiqué, plus il est respecté. On a d’ailleurs constaté une forte baisse des dépôts sauvages aux endroits où les bulles hors-sol ont été remplacées par des mécanismes enterrés."

Dans les prochaines années, l’InBW continuera sa politique de modernisation des sites des bulles à verre. "Mais ça prend du temps car, avec les communes concernées, il faut trouver les meilleurs endroits pour aménager ces installations."