Brabant Wallon Charles Michel et le ministre de l’Agriculture Willy Borsus étaient hier matin à Corroy

Les veaux et les vaches de l’exploitation de Philippe Janssens, à Corroy-le-Grand, ne reverront sans doute plus une telle agitation médiatique avant longtemps. Dans un crépitement de flashes, ils ont reçu hier au petit matin la visite de deux ministres fédéraux.

Le premier ministre Charles Michel et le ministre de l’agriculture Willy Borsus étaient en effet à Chaumont-Gistoux pour écouter les préoccupations de l’exploitant de la ferme et de quelques-uns de ses collègues, dont les responsables de la Fédération wallonne de l’agriculture (FWA).

Philippe Janssens a repris avec son frère une exploitation de grandes cultures et élève aussi du bétail tant pour le lait que pour la viande. Pour que les plus jeunes travaillent également avec lui, une entreprise agricole – qui preste donc pour d’autres fermiers – a aussi été créée. C’est dire s’il connaît les soucis divers et variés qui touchent le monde agricole. Comme la volatilité des prix, qui empêche de faire des plans financiers.

Leur faible niveau depuis des années dans plusieurs secteurs (laits, viande…) a été en partie compensé par l’augmentation de la productivité, mais le système atteint aujourd’hui ses limites. Le rapport avec les néoruraux a également été évoqué. “Engrais, pesticides, glyphosate, les gens qui ne connaissent pas l’agriculture font l’amalgame et ne supportent plus de nous voir sortir un pulvérisateur, déplorent les agriculteurs. La campagne zéro phyto est à cet égard une catastrophe. Parfois, on prend le temps de s’arrêter et d’expliquer mais ce n’est pas toujours possible…

L’Europe, avec les nouvelles négociations sur la politique agricole commune (PAC), est aussi au centre des inquiétudes des exploitants agricoles. De nouvelles orientations avaient été définies en 2014, et on discute à présent pour 2020. “Nous avons besoin d’une vision à long terme, a expliqué Philippe Janssens au premier ministre. On doit amortir de lourds investissements en dix ou quinze ans mais c’est impossible si les règles changent tout le temps !