Brabant Wallon

Près de la moitié des Brabançons auraient déjà connu des différends avec leurs voisins

Si le Brabant wallon est souvent décrit comme une province où il fait bon vivre, les relations entre voisins n’y sont pas toujours les plus amicales. Entre une branche qui dépasse, un chien qui aboie toute la journée, des fêtards qui empêchent tout un quartier de dormir ou encore des problèmes de stationnement, les conflits de voisinage peuvent être nombreux.

L’an dernier, plusieurs dizaines de cas auraient été dénombrés l’an dernier en Brabant wallon. Rien qu’à Louvain-la-Neuve, par exemple, près de 650 faits de tapage nocturne sont relevés chaque année. La plupart du temps dus aux guindailles estudiantines. Et ce chiffre ne comprend que les tapages pour lesquels la police a dû intervenir !

Heureusement, de nombreux conflits de voisinage peuvent trouver une solution à l’amiable grâce, notamment, aux agents de quartier ou aux services de médiation mis en place dans certaines communes, dont Nivelles où ce service gère plusieurs cas de conflits de voisinage par an. Mais pour d’autres, c’est le juge de paix qui devra trancher. Avec un coût pour chaque partie qui peut aller jusqu’à plusieurs milliers d’euros en frais de procédure.

Habitant de Wavre, Yves entretient des relations plutôt tendues avec l’un de ses voisins. "Il y a quelque temps, mon voisin trouvait que ma haie devenait trop imposante, confie-t-il. C’était effectivement le cas et je n’ai pas rechigné à la tailler à une hauteur plus raisonnable. Malheureusement, une branche est tombée chez mon voisin. Pour ne pas le déranger, je me suis penché au-dessus de la clôture pour récupérer la branche. Quelques minutes plus tard, la police était chez moi. Mon voisin les avait appelés. Il avait déposé plainte pour violation de propriété…"

Si, pour Yves, les choses se sont finalement arrangées sans frais, ce cas témoigne des relations tendues que peuvent entretenir certains voisins. Des relations qui peuvent parfois amener certains à péter les plombs.

Ce fut le cas en octobre dernier au sein du quartier de la Bruyères Sainte-Anne à Wavre, lorsqu’un quinquagénaire a frappé à l’épaule son voisin de 84 ans, à l’aide d’un couteau. L’octogénaire avait dû être hospitalisé mais s’en était heureusement sorti. Motif de l’agression ? L’octogénaire était venu se plaindre auprès de son agresseur des conditions de mobilité rendues difficiles dans la rue en raison du fait que le quinquagénaire se garait systématiquement sur le trottoir, empêchant dès lors les véhicules de se croiser…

Selon une étude menée pour le compte de Reynaers Aluminium, près de la moitié des Brabançons ont déjà connu des différends avec leurs voisins, portant la plupart du temps sur le bruit (25 %) et les animaux domestiques (21 %). "Près d’un Brabançon sur trois ayant eu un conflit avec l’un de ses voisins a entrepris une procédure devant les tribunaux, lit-on dans les résultats de l’étude. Mais 55 % assurent avoir finalement renoué contact avec leurs voisins, alors que les Hennuyers, par exemple, ne sont que 11 % à entreprendre cette conciliation."

Les citoyens donnent une note de 7,4 sur 10 à leurs voisins, contre 6,9 en Wallonie

Si les conflits de voisinage peuvent se compter par dizaines dans notre Jeune Province, les habitants du Brabant wallon entretiennent le plus souvent des relations plutôt cordiales avec leurs voisins.

C’est ce qui ressort en effet de l’étude réalisée pour le compte de Reynaers Aluminium. "Pas moins de 56 % des habitants du Brabant wallon* estiment en effet qu’un bon voisin vaut mieux qu’un ami lointain, précisent les responsables de l’étude. Dans la plus petite des provinces, les gens attribuent à leurs voisins un score de 7,4/10, alors que la moyenne en Wallonie n’est que de 6,9/10."

Près de 64 % des Brabançons wallons considéreraient même leurs voisins comme des amis. "Et près de sept sur dix les connaissent par leurs prénoms."

Un phénomène qui s’expliquerait par les activités de quartier, plus fréquentes en Brabant wallon qu’ailleurs en Wallonie. "Plus l’on s’implique dans son quartier, plus le bonheur ressenti est grand. Ainsi, plus de la moitié des résidents du Brabant Wallon rencontrent régulièrement leurs voisins, qu’ils considèrent d’ailleurs comme étant de nature très sociable. Et 60 % des Brabançons déclarent participer aux activités de quartier, comme des fêtes de rue ou un drink de Nouvel An."

Et Reynaers Aluminium d’indiquer que les Brabançons wallons considèrent que, pour être un bon voisin, il faut être calme et vigilant. "Près de sept Brabançons wallons sur dix attendent avant tout d’un bon voisin qu’il ne provoque pas de nuisances sonores ni olfactives, qu’il soit attentif à ce qui se passe dans le quartier (54 %) et soit serviable (50 %)."

Enfin, contrairement à ce que l’on pourrait penser, seuls 27 % des Brabançons préfèrent avoir des voisins ayant le même niveau socio-économique alors que ce chiffre passe à 43 % pour les Wallons.

Le bruit et les odeurs pointés du doigt

Malgré l’implication dans le quartier et l’importance que le Wallon accorde aux bonnes relations de voisinage, tout n’est pas toujours rose pour autant.

Le Brabançon se dit surtout irrité par les nuisances sonores et olfactives (47 %) générées par ses voisins, par le bruit causé par les animaux domestiques tels que les aboiements des chiens ou le cri des poules et coqs (31 %), voire par l’irruption intempestive de ses voisins pour quelque raison futile (23 %).