Brabant Wallon

L'homme était soupçonné d'avoir détourné près de 500.000 euros au préjudice des communes de Binche, Seneffe et Tubize

Le parquet de Mons a indiqué vendredi que les analyses du médecin-légiste dans le cadre du décès de l'ancien directeur financier de Tubize, Philippe Passelecq, n'ont rien révélé de suspect. Le corps de l'homme avait été retrouvé mardi en fin d'après-midi. Rien de suspect n'a été découvert dans le décès de l'ancien directeur financier de Binche. La thèse du suicide est donc confirmée

Licencié sur le champ par la Ville de Binche au début du mois d'octobre après la découverte de mouvements financiers suspects dans les caisses communales, l'intéressé avait disparu de son domicile depuis lundi soir. Le corps de l'intéressé avait été retrouvé mardi en fin de journée.

Après la découverte des soupçons de fraude à Binche, d'autres villes avaient décidé de mener une enquête au niveau des finances communales, notamment Tubize et Seneffe où l'individu a occupé des fonctions similaires à celles qu'il a occupées à Binche.

Pour rappel, les communes de Seneffe, Binche et Tubize ont respectivement perdu 360.000, 45.000 et 85.000 euros. Les mouvements repérés comme suspects s'avèrent effectivement de l'argent détourné par le Louviérois. "Le montant de 360.000 euros se confirme au fur et à mesure des recherches qui sont réalisées", explique la bourgmestre de Seneffe, Bénédicte Poll (MR). "Les suspicions se transforment en faits réels." De leur côté, les communes de Binche et de Tubize continuent également d'éplucher leurs comptes.

Si la commune de Seneffe n'a jamais eu la moindre suspicion auparavant, c'est parce que les virements effectués par M. Passelecq étaient noyés dans une masse. "L'argent était masqué dans les comptes ONSS entre 2010 et 2014. On parle de 90.000 euros par an mais noyés au milieu des comptes ONSS du personnel, soit plusieurs millions d'euros. Il le faisait au départ de comptes destinés au remboursement d'emprunts sur lesquels il n'y a normalement que des prélèvements automatiques. Voilà comment il est passé entre les mailles du filet."

Les trois communes ont entamé des poursuites à l'encontre de M. Passelecq. Son décès éteint automatiquement l'action publique et les poursuites pénales. En revanche, les poursuites judiciaires et civiles sont maintenues. "L'action pénale s'éteint évidemment avec le décès mais nous allons poursuivre la procédure judiciaire au moins pour savoir si d'autres personnes sont impliquées dans ce détournement mais aussi pour récupérer le montant", confie la bourgmestre de Seneffe.

S'il s'avère que M. Passelecq est seul en cause, le dossier judiciaire s'arrêtera sans doute là. Mais à Seneffe, les premiers éléments de l'enquête révéleraient qu'une personne morale (une société) serait impliquée. "L'enquête suivra alors son cours concernant cette personne morale", confie Daniel Marlière, substitut du Procureur du Roi de Charleroi.

En ce qui concerne les actions civiles, l'enquête devra identifier où est stocké cet argent et s'il n'a pas encore été dépensé. L'argent sera rendu s'il est encore présent sur les comptes de M. Passelecq. Mais si les sommes détournées ne sont plus présentes en suffisance, la justice retombera sur la famille M. Passelecq, ses héritiers. Ces derniers peuvent toutefois refuser l'héritage. Cela ira alors vers la génération suivante qui peut également refuser, et ainsi de suite... On peut remonter de la sorte jusqu'au 6e degré...