Brabant Wallon Douze mois de prison ferme pour un escroc qui persiste même derrière les barreaux

Le 23 octobre 2013, un libraire de Villers-la-Ville a reçu un coup de fil du bourgmestre de la localité : c’était urgent, le maïeur avait besoin de recharger les cartes GSM des membres de l’administration et a demandé que le commerçant lui donne les codes en direct, promettant de passer par la suite pour régler tout ça sur le plan administratif et financier. Il est vrai qu’il y en avait pour 2.000 euros…

En réalité, ce n’était pas du tout le bourgmestre Emmanuel Burton qui était au bout du fil mais Gaston, détenu à la prison d’Andenne et qui, depuis plusieurs années, fait le même coup à des libraires établis un peu partout en Wallonie. Il peut ainsi téléphoner gratuitement depuis sa cellule…

Le sexagénaire a de l’aplomb, sait comment mettre les commerçants en confiance et utilise très souvent le même procédé. D’ailleurs, le 4 février 2014, c’est un soi-disant échevin des Travaux de Court-Saint-Étienne qui a appelé un autre commerçant local, et est parvenu à se faire donner les codes de cartes GSM pour un montant de 1.400 euros. Et dix jours plus tard, Gaston a recommencé mais, cette fois, il est tombé sur un interlocuteur plus méfiant.

De quoi se retrouver, une fois de plus, sur le banc des prévenus du tribunal correctionnel. L’homme est derrière les barreaux depuis 2004 et pourtant, ses plus récentes condamnations pour escroqueries remontent à avril et mai 2017 : il a écopé de deux ans de prison à Mons, et de dix mois d’emprisonnement à Huy.

À Nivelles, le ministère public a requis quinze mois pour les faits commis au préjudice des commerçants brabançons wallons. Le tribunal a été un brin moins sévère : il inflige au pro de l’escroquerie une peine de douze mois d’emprisonnement ferme, ainsi qu’une amende de 1.200 euros.