Brabant Wallon

La famille de Philippe Passelecq risque de devoir payer les pots cassés

Philippe Passelecq, l'homme qui a détourné près de 500.000 euros dans trois communes (Seneffe, Tubize et Binche), a été retrouvé mort ce mardi dans des circonstances qui n'ont pas encore été communiquées. L'ancien directeur financier de ces trois villes laissent derrière lui une femme et deux enfants complètement bouleversés. Mais il laisse également une affaire qui n'a pas encore été totalement élucidée.

Les communes de Seneffe, Binche et Tubize ont respectivement perdu 360.000, 45.000 et 85.000 euros. Les mouvements repérés comme suspects s'avèrent effectivement de l'argent détourné par le Louviérois. "Le montant de 360.000 euros se confirme au fur et à mesure des recherches qui sont réalisées", explique la bourgmestre de Seneffe, Bénédicte Poll (MR). "Les suspicions se transforment en faits réels." De leur côté, les communes de Binche et de Tubize continuent également d'éplucher leurs comptes.

Si la commune de Seneffe n'a jamais eu la moindre suspicion auparavant, c'est parce que les virements effectués par M. Passelecq étaient noyés dans une masse. "L'argent était masqué dans les comptes ONSS entre 2010 et 2014. On parle de 90.000 euros par an mais noyés au milieu des comptes ONSS du personnel, soit plusieurs millions d'euros. Il le faisait au départ de comptes destinés au remboursement d'emprunts sur lesquels il n'y a normalement que des prélèvements automatiques. Voilà comment il est passé entre les mailles du filet."

Les trois communes entameront désormais des poursuites à l'encontre de M. Passelecq. Son décès éteint automatiquement l'action publique et les poursuites pénales. En revanche, les poursuites judiciaires et civiles sont maintenues. "L'action pénale s'éteint évidemment avec le décès mais nous allons poursuivre la procédure judiciaire au moins pour savoir si d'autres personnes sont impliquées dans ce détournement mais aussi pour récupérer le montant", confie la bourgmestre de Seneffe.

S'il s'avère que M. Passelecq est seul en cause, le dossier judiciaire s'arrêtera sans doute là. Mais à Seneffe, les premiers éléments de l'enquête révéleraient qu'une personne morale (une société) serait impliquée. "L'enquête suivra alors son cours concernant cette personne morale", confie Daniel Marlière, substitut du Procureur du Roi de Charleroi.

En ce qui concerne les actions civiles, l'enquête devra identifier où est stocké cet argent et s'il n'a pas encore été dépensé. L'argent sera rendu s'il est encore présent sur les comptes de M. Passelecq. Mais si les sommes détournées ne sont plus présentes en suffisance, la justice retombera sur la famille M. Passelecq, ses héritiers. Ces derniers peuvent toutefois refuser l'héritage. Cela ira alors vers la génération suivante qui peut également refuser, et ainsi de suite... On peut remonter de la sorte jusqu'au 6e degré...