Brabant Wallon Le bourgmestre de Nivelles, Pierre Huart, est sans doute l’un des élus les plus actifs en Brabant wallon

Qu’on les aime ou non, les réseaux sociaux font partie de notre quotidien. Chaque citoyen passe en moyenne 1 h 37 par jour sur Facebook, Twitter, Instagram ou YouTube, selon une dernière étude annuelle de We Are Social .

Facebook reste le média préféré des Belges avec 17 minutes de navigation à chaque connexion et près d’une heure cumulée par jour ! Il n’est donc pas étonnant que les politiques se le soient approprié. Si à des niveaux de pouvoir plus importants, des hommes et femmes sont payés pour faire tourner cette machine de communication, dans les communes, ce sont les bourgmestres et échevins eux-mêmes qui communiquent.

C’est le cas de Pierre Huart qui est sans doute celui qui est le plus présent sur les réseaux sociaux. "J’ai rejoint les réseaux Facebook en juin 2009 puis me suis ensuite lancé sur Twitter, raconte le bourgmestre de Nivelles et très actifs sur les écrans. Il faut vivre avec son temps. Grâce aux réseaux sociaux, on peut avoir un contact au quotidien avec les citoyens dans un autre cadre que le traditionnel bulletin communal. C’est beaucoup plus interactif. On peut également toucher des citoyens plus jeunes."

Et c’est vrai ! Car sur les 7,5 millions de Belges actifs sur Facebook, 4,56 millions (64 %) ont entre 18 et 44 ans. "L’avantage est que l’on peut également sentir les préoccupations du moment par les Nivellois", enchaîne le maïeur.

Revers de la médaille , les citoyens ont tendance à se lâcher plus facilement derrière leurs écrans, donnant régulièrement naissance à des joutes verbales parfois virulentes. "Les injures, elles existent, poursuit le bourgmestre. C’est par fréquence. J’ai déjà eu droit aussi à de faux profils. Dans ce cas, je n’y réponds pas. Sur la page officielle de la Ville, on bloque systématiquement la personne si l’on reçoit des injures."

Le tableau n’est pas totalement sombre. "Je reçois aussi de chouettes retours, des messages positifs", conclut le bourgmestre qui compte plus de 5.000 amis sur Facebook, 2.789 followers sur Twitter et 922 abonnés sur le réseau Instagram.

Christophe Lejeune (Ecolo), Élu communal à Wavre

Parmi tous ces hommes politiques en campagne, il y en a un qui se démarque : Christophe Lejeune (Ecolo) à Wavre. Sa particularité ? Ses capsules vidéo. "J’ai décidé de me lancer car les gens ne connaissent pas la politique communale, précise-t-il. Il y a deux mondes : ceux qui savent et ceux qui ne savent pas. Ces capsules vidéo sont là pour montrer notre travail, comment on fonctionne."

Après une séance coaching avec sa formation, Ecolo, Christophe Lejeune a débuté la création des vidéos de A à Z. "Au début, c’était difficile car il faut utiliser un langage direct, sympathique et ludique. J’ai cherché la bonne formule et je l’ai trouvée grâce à mes enfants. Ils regardent aussi des vidéos et m’ont ressorti parfois des choses intelligentes, intéressantes. Chaque vidéo est approuvée par mes proches avant une diffusion sur YouTube et sur Facebook. Le must serait que les gens me reconnaissent dans la rue, que les Wavriens puissent m’interpeller pour faire vivre le débat politique."

Hugues Ghenne (PS), bourgmestre d’Orp-Jauche

À Orp-Jauche, Hugues Ghenne, le bourgmestre, est l’un des plus friands des réseaux sociaux. Facebook, Messenger, Instagram, il communique avec tous les jours . "Je passe presque quatre heures par jour sur les réseaux sociaux , raconte-t-il. La commune compte presque 9.000 habitants. Il n’y a plus de lieu comme à l’époque où l’on pouvait discuter et communiquer. Aujourd’hui, les réseaux sociaux sont utiles pour cela. Cela permet de dialoguer avec les sujets sérieux mais aussi polémiques. Par jour, je communique avec 200 personnes, sans problème."

Même si les injures sont parfois (trop) présentes, les réseaux sociaux ont aussi leur lot de belles histoires. "Un jour, une personne m’a contacté via les réseaux. Elle appelait à l’aide car elle était seule. Elle voulait mettre fin à ses jours. J’ai alors pu l’aider en mentant en place un processus psychosocial. Il y a aussi un lien social derrière ces applications, ne l’oublions pas", conclut le bourgmestre.

Cédric du Monceau (CDH), 1er échevin à Ottignies.

Avec ses 32 pages Facebook et son programme participatif sur les réseaux sociaux, le parti de Cédric du Monceau, Avenir, a mis le paquet depuis quelques semaines. "J’ai mesuré leur importance dernièrement, précise-t-il. Ce sont surtout les jeunes candidats d’Avenir qui sont derrière et qui les font vivre. Pour avoir un programme participatif, il fallait un endroit qui permette aux citoyens de laisser leurs suggestions. Nous avons décidé d’utiliser notre site Internet et les réseaux comme une boîte à idées."

Le parti a recensé une moyenne de 145 visiteurs par semaine. "Et nous avons reçu grâce à cela des centaines de suggestions. Si Ottignies-LLN veut devenir une smart city , alors emboîtons le pas ! J’ai voulu démontrer durant cette campagne que l’on était capable de se rapprocher des citoyens même si, j’en conviens, tout le monde n’y a pas accès. Nous avons aussi un compte Instagram car mes enfants m’ont dit que Facebook c’était has been ", enchaîne-t-il amusé. "Comme quoi, nous pensons que l’Avenir appartient à la jeunesse !"

Mathieu Michel (MR), président du collège provincial

M athieu Michel (MR), président du collège provincial, considère les réseaux sociaux tout aussi importants que communiquer avec un téléphone ou via e-mails . "Beaucoup de citoyens sont sur les réseaux sociaux. Et ils s’y informent également, indique-t-il. Ces outils sont particuliers puisqu’ils permettent d’expliquer l’ensemble de mes actions. Mes amis peuvent avoir un aperçu de ma politique avec des photos ou des vidéos. Mais le débat politique ne doit pas se faire sur Facebook."

Pourquoi ? "Car l’avis de la population n’est pas sur Facebook. Le débat se fait avant tout dans les institutions, dans les conseils communaux ou les collèges ou même en campagne."

Lui aussi pointe la face cachée des réseaux sociaux. "Je vis plus de mauvaises choses que de bonnes. Facebook libère également les conneries, les fake news . Il y a une vraie libération de la parole par les utilisateurs. Et dès que vous êtes un peu connu, les commentaires prennent une tout autre sémantique."