Brabant Wallon Un mineur d’âge ne comprend pas les avertissements : trente mois dont vingt mois de prison ferme

Depuis 2014, les juridictions de la jeunesse ont déjà pris une bonne vingtaine de décisions concernant un habitant de Grez-Doiceau qui n’a pas encore 18 ans. Et pas que pour des bêtises : il a notamment dû s’expliquer sur une tentative de meurtre en 2016 et s’est retrouvé en centre fermé. En réalité, depuis ses 15 ans, il alterne placements en institutions, fugues à répétitions et… nouvelles infractions. Au point que les juridictions de la jeunesse, en mai dernier, ont estimé que les limites de leurs possibilités étaient dépassées.

Ne comprenant manifestement pas les messages, le Grézien s’est donc retrouvé devant le tribunal correctionnel la semaine dernière, le tribunal de la jeunesse s’étant dessaisi de son cas. Il devait donc s’expliquer devant la justice des adultes sur une série de faits, dont la tentative de vol d’une Opel Corsa à Charleroi commise lors d’une fugue en octobre 2016. Et quelques jours plus tard, alors qu’il avait réintégré l’IFAPME de Wavre, le mineur d’âge s’est battu en classe avec d’autres élèves, a détruit une des portes de l’établissement, et a menacé certains jeunes qu’il soupçonnait de l’avoir dénoncé pour avoir apporté une arme factice dans l’établissement.

S’ajoutaient à ce tableau plusieurs vols de cyclomoteurs commis dans l’Est du Brabant wallon l’an dernier, le vol de la voiture d’une dame impliquée dans les activités de l’AMO de Jodoigne, ainsi qu’une course-poursuite à haut risque dans les rues de Jodoigne en mars 2017.

Alors qu’il n’a pas le permis de conduire - forcément puisqu’il n’a pas 18 ans -, le prévenu a pris le véhicule de sa mère et a joué les Fangio pour ne pas être rattrapé par la police, qui l’avait repéré. En février 2017, il a également laissé un jeune homme inconscient sur un trottoir de Jodoigne, après l’avoir frappé violemment au visage à coups de poing et de pied.

Et la justice lui reprochait également la consommation, mais aussi la vente de cannabis, à propos de laquelle il a donné des explications fort peu crédibles.

"Douze faits sur quinze mois, et il faut décompter les périodes durant lesquelles il faisait l’objet d’un placement, a soupiré le ministère public à l’audience. Ce n’est une victoire pour personne, mais la meilleure chose à faire, c’est d’incarcérer monsieur…"

Le tribunal a rendu son jugement : le mineur d’âge écope de trente mois dont vingt mois de prison ferme. Pour échapper au solde, il devra respecter diverses conditions, dont un suivi par un psychologue.