Brabant Wallon Un chantier de la SWDE bloque la porte d’entrée de ce Brainois, amputé de la jambe droite.

C’est dans une situation totalement invraisemblable que se retrouve aujourd’hui plongé Eric Deleux. Amputé de la jambe droite à la suite d’un accident survenu le 28 août 2014, ce Brainois se retrouve quasiment dans l’incapacité de sortir de chez lui. En cause : des travaux réalisés par la SWDE depuis la semaine dernière, juste devant sa porte d’entrée.

Tout remonte à jeudi matin. Ce jour-là, vers 6 h 30, le Brainois a constaté que la cave de son habitation, sise dans la rue Michel Botte à Ophain, était inondée. En cause : la canalisation d’eau se situant dans le trottoir. Laquelle avait cédé. “J’ai directement appelé la société wallonne des eaux (SWDE), explique Eric Deleux. Les ouvriers sont arrivés vers 9 h et ont commencé les travaux. Ils ont ouvert le trottoir mais se sont rendu compte qu’ils n’avaient pas le matériel nécessaire afin de poursuivre les travaux.”

Selon Eric, les ouvriers auraient alors décidé d’effectuer des réparations de fortune. Et auraient promis de revenir dès le lendemain pour terminer les travaux. “Avant leur départ, ils ont remis la pression dans la canalisation et les crasses qui se trouvaient dans le tuyau ont été poussées jusqu’à mon compteur d’eau, bouchant celui-ci. Une à deux heures plus tard un technicien a dû venir remplacer mon compteur d’eau. Là aussi sans le matériel adéquat !”

Vendredi, aucune nouvelle de la SWDE, alors que le trou béant creusé la veille par les ouvriers n’est toujours pas bouché. Et qu’Eric éprouve dès lors de grandes difficultés à sortir de chez lui, vu son handicap. “Vers 15 h vendredi, ne voyant toujours pas d’ouvrier de la SWDE venir, je leur téléphone à nouveau pour savoir quand ils viendront. Et là, on m’annonce qu’ils ne viendront pas avant lundi, et que les tuyaux, aujourd’hui à l’air libre, ne craignaient pas l’effet du gel, malgré leur mauvais état.”

Pendant tout le week-end, Eric Deleux s’est donc retrouvé avec un trou béant juste devant l’entrée de son habitation. Ce qui l’empêche quasiment de sortir. “Il faut savoir que j’ai subi trois cancers et que mon système immunitaire s’en est sorti très éprouvé. En 2014, j’ai perdu ma jambe suite à une chute de 1,5 mètre de haut. Je me suis chopé des staphylocoques doré et blanc. Ce qui a engendré mon amputation. Aujourd’hui, mon système immunitaire est toujours déficient. La moindre chute peut-être catastrophique pour moi. J’en ai parlé à la SWDE en leur demandant de sécuriser le chantier. On m’a rétorqué que les ouvriers estimaient que le trou ne posait pas problème, que mon état physique n’avait aucune conséquence pour ma sécurité. Qui sont-ils pour pouvoir juger des difficultés que j’éprouve au quotidien ? N’importe quelle personne valide trouverait ce chantier dangereux. Vendredi, je n’ai même pas su faire rentrer chez moi un ami en chaise roulante qui venait me visiter.”

Quant à la question des tuyaux restant à l’air libre, Eric ne décolère pas : “Ils me répondent que si on n’y touche pas, il n’y a pas de raison qu’elle explose même avec le gel. En 17 ans que je vis ici, j’ai été inondé 5 fois à cause d’une rupture de canalisation. La dernière fois, il y a 6 ans, un ouvrier m’a dit que le tuyau avait 40 ans et qu’il devrait être changé. Depuis, rien n’a été fait.”

Jeudi, Eric a reçu l’aide de son fils pour écoper sa cave. “On a retiré l’eau mais il reste encore plein de sable. Mais le matériel que j’avais quand j’étais élagueur (NDLR : tronçonneuses, taille-haies,…) a été détruit. Je n’attends qu’une chose : que la SWDE sécurise mon entrée en rebouchant le trou ou en mettant une planche. Et qu’elle intervienne enfin pour régler définitivement ce problème de canalisation.”